Question au Gouvernement n° 1309 :
Inondations et changement climatique

17e Législature

Question de : M. Nicolas Bonnet
Puy-de-Dôme (3e circonscription) - Écologiste et Social

Question posée en séance, et publiée le 18 février 2026


INONDATIONS ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

Mme la présidente . La parole est à M. Nicolas Bonnet.

M. Nicolas Bonnet . Je tiens tout d’abord, au nom du groupe Écologiste et social, à adresser nos sincères condoléances à la famille de Quentin Deranque.

Je veux ensuite revenir sur une question qui devrait toutes et tous nous rassembler, tant les enjeux sont majeurs : le changement climatique. Depuis plusieurs semaines, la France subit des tempêtes et des pluies diluviennes, provoquant des crues et inondations de grande ampleur, avec soixante-dix départements en vigilance crue. J’aimerais que nous rendions hommage aux victimes, mais aussi aux pompiers, aux agents de la sécurité civile, aux gendarmes, aux policiers, et plus largement aux citoyens qui s'engagent pour venir en aide aux sinistrés. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, EPR, LFI-NFP, SOC, DR, Dem, HOR et GDR, ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)

À cette heure, des milliers de foyers restent sans électricité et de nombreuses routes sont fermées. Selon le dernier bulletin de Vigicrues, de nouvelles inondations sont attendues dans les prochains jours. Mais il ne suffit pas de déplorer les catastrophes. Le président Macron disait il y a peu : « Qui aurait pu prédire ? » Les scientifiques le prédisaient, depuis des dizaines d’années, mais encore faudrait-il les écouter et agir ! (Mme Mathilde Feld applaudit.)

Ces phénomènes sont l’une des conséquences directes et tangibles du réchauffement climatique, qui entraîne une augmentation en fréquence et en intensité des événements climatiques extrêmes. Face au changement climatique, nous devons à la fois éviter l’ingérable, en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, et gérer l’inévitable, en adaptant nos territoires et nos modes de vie. C’est pourquoi l’objectif zéro artificialisation nette et la transition agroécologique doivent rester des priorités absolues, afin notamment de renforcer la capacité des sols à retenir l’eau. (M. Lionel Causse applaudit.) Nous devons aujourd’hui choisir entre ce qui est juste et ce qui est facile, entre le conservatisme, qui par son inaction est un déni obscurantiste des lois de la nature, et la science, qui nous invite à regarder le réel en face pour agir en conséquence. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)

Monsieur le premier ministre, vous affichez de belles intentions, mais les politiques de vos gouvernements depuis 2017 ne sont pas à la hauteur. Encore aujourd’hui, les actions ne suivent pas : vous diminuez les financements accordés à l’atténuation et à l’adaptation dans le budget adopté par 49.3 et vous remettez à l’ordre du jour le détricotage de l’objectif ZAN avec la proposition de loi Trace. (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'orateur. – Les députés des groupes EcoS et SOC applaudissent ce dernier.)

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.

Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature . Vous nous interrogez sur les inondations qui touchent l'ouest de la France. Mes premières pensées et celles du gouvernement vont d'abord aux Françaises et aux Français qui sont victimes de ces intempéries. Je veux aussi, comme vous l'avez fait, remercier tous ceux qui sont en première ligne dans ce moment difficile, notamment les personnels de la sécurité civile et les élus. Vous l'avez souligné, nous sommes face à une conjonction d'événements climatiques inédits. Pas moins de 1 600 personnes ont été évacuées, onze départements restent placés en alerte orange et trois en alerte rouge. Nous faisons aussi face à un record d'humidité des sols : un tel niveau n'avait jamais été recensé depuis 1959.

Certes, aujourd'hui, nous devons gérer les conséquences directes des inondations, mais, vous l'avez dit, dans un second temps il nous faudra réfléchir aux moyens de renforcer notre résilience face aux événements climatiques d'ampleur. L'artificialisation excessive des sols joue un rôle déterminant dans ces crues majeures. C'est pourquoi il nous faudra la limiter en maintenant l'objectif zéro artificialisation nette – vous l'avez rappelé – et renforcer le recours aux solutions fondées sur la nature. Par ailleurs, l'État apportera son soutien aux collectivités touchées par ces intempéries, par l'intermédiaire du fonds Barnier et du fonds Vert, lequel a déjà permis d'investir dans les programmes d'action de prévention des inondations grâce à un financement de… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de la ministre. – MM. Paul Molac et Jimmy Pahun applaudissent cette dernière.)

Données clés

Auteur : M. Nicolas Bonnet

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Climat

Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales

Ministère répondant : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 18 février 2026

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