Conditions de mise en œuvre du repas Crous à un euro pour tous les étudiants
Question de :
M. Damien Maudet
Haute-Vienne (1re circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire
M. Damien Maudet attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les conditions de mise en œuvre de la généralisation du repas Crous à un euro pour l'ensemble des étudiants. Bien que cette mesure constitue une avancée majeure contre la précarité alimentaire des étudiants, sa mise en œuvre nécessite un soutien financier, matériel et humain solide, d'autant plus dans un contexte déjà fortement contraint pour les Crous. À l'université de Limoges, les deux restaurants universitaires (La Borie et Thérèse Menot) et les six cafétérias réparties sur les campus accueillent chaque jour plusieurs milliers d'étudiants. La cuisine centrale, qui fournit également la Corrèze, fonctionne avec seulement vingt-six agents. Les moyens matériels sont déjà insuffisants : les espaces de stockage sont saturés et les infrastructures de restauration ne répondent plus à la fréquentation actuelle. De plus, alors qu'aucune création de poste n'est prévue pour 2026 ou 2027, les personnels doivent assumer une charge de travail toujours plus lourde, avec des rémunérations faibles, généralement comprises entre 1 400 et 1 500 euros. Comme le souligne Mathieu, cuisinier depuis plus de vingt ans : « Ma paie est toujours de 1 490 euros. » L'annonce de M. le Premier ministre sur la généralisation du repas Crous à un euro ne doit donc pas occulter les difficultés opérationnelles auxquelles les équipes seront confrontées. Dès le mois de mai 2026, plusieurs centaines d'étudiants supplémentaires sont attendus et il apparaît difficile, dans les conditions actuelles, d'absorber un tel afflux. Au total, c'est près de 16 000 agents des Crous qui pourraient se retrouver dans l'incapacité de répondre aux exigences induites par cette mesure, conséquence d'une politique qui n'a eu de cesse de chercher à réduire les coûts. Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en place pour soutenir les Crous et garantir l'effectivité de la généralisation du repas à un euro pour l'ensemble des étudiants.
Réponse publiée le 1er septembre 2026
La mise en œuvre de la généralisation du repas à 1 € pour tous les étudiants dans les restaurants universitaires gérés ou agréés par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) constitue un enjeu majeur pour le réseau des Crous. La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 prévoit, au titre du programme budgétaire 231 « Vie étudiante », une enveloppe de 50 M€ entièrement allouée à cette mesure pour la période de mai à décembre 2026. Cette enveloppe couvre notamment la compensation versée à chaque Crous au titre de l'écart entre l'ancien tarif de 3,30 € et le tarif unique de 1 € appliqué à l'ensemble des repas servis dans les points de vente universitaires, y compris la restauration agréée, pour un montant de 35,6 M€ supplémentaires. Elle permet également d'accompagner l'augmentation attendue de la fréquentation des restaurants universitaires. À ce titre, 5,6 M€ sont consacrés au financement de 204 emplois équivalents temps plein (ETP) supplémentaires dès 2026. Elle prévoit en outre 3,8 M€ destinés au développement de l'offre de restauration agréée ainsi que 5 M€ consacrés à des investissements urgents dans les infrastructures de restauration. Le Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) assure un suivi précis de la mise en œuvre et des impacts de cette mesure. Ce suivi permettra d'éclairer le Parlement sur les moyens nécessaires à sa poursuite en 2027, première année pleine de mise en œuvre. La mise en œuvre de cette réforme s'accompagne d'une vigilance particulière quant à la sécurité des étudiants et des personnels, à la préservation des conditions de travail des agents, ainsi qu'au maintien de la qualité des repas et du service rendu aux usagers. La généralisation du repas à 1 € s'effectuera ainsi à qualité et à quantité équivalentes. Une attention particulière est également portée au dialogue social. À ce titre, le Cnous, en lien avec la DGESIP (direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle), organise des échanges réguliers avec les instances représentatives du personnel du réseau des œuvres. Par ailleurs, les autorités de tutelle demeurent pleinement attachées à la poursuite d'une politique d'achats responsable, fondée sur le recours aux produits biologiques et, chaque fois que possible, à des approvisionnements locaux. La centrale d'achats du réseau des œuvres constitue, à cet égard, un levier essentiel de sécurisation des procédures et des contrats, ainsi que de performance économique et de responsabilité sociale et environnementale. À ce jour, les repas proposés sont composés à 34 % de produits de qualité reconnus conformes à la loi agriculture et alimentation du 30 octobre 2018 (EGAlim) (contre 22 % en 2022) et à 13 % de produits bio (contre 5 % en 2022). Le réseau poursuit également sa politique de végétalisation de l'offre alimentaire, plus de 30 % des repas proposés à l'échelle nationale étant aujourd'hui végétariens. Les grammages servis sont généralement supérieurs aux recommandations du groupement d'étude des marchés en restauration collective et de nutrition (GEMRCN). Dans le même temps, les Crous poursuivent leurs actions de lutte contre le gaspillage alimentaire, notamment grâce à des dispositifs d'ajustement des quantités. Cette démarche permet à la fois d'adapter l'offre aux besoins constatés, de réaliser des économies et de contribuer aux objectifs de transition écologique en réduisant les déchets. Enfin, s'agissant des conditions d'accueil des étudiants, des travaux sont conduits avec les rectorats et les établissements d'enseignement supérieur afin d'améliorer l'organisation de la pause méridienne et de favoriser une meilleure répartition des flux dans les structures de restauration universitaire.
Auteur : M. Damien Maudet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement supérieur
Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace
Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace
Dates :
Question publiée le 24 février 2026
Réponse publiée le 1er septembre 2026