Question au Gouvernement n° 1342 :
Soutien à l’Ukraine

17e Législature

Question de : Mme Prisca Thevenot
Hauts-de-Seine (8e circonscription) - Ensemble pour la République

Question posée en séance, et publiée le 25 février 2026


SOUTIEN À L'UKRAINE

Mme la présidente . La parole est à Mme Prisca Thevenot.

Mme Prisca Thevenot . Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, il y a quatre ans, jour pour jour, la Russie envahissait l'Ukraine. Quatre ans après, l’Ukraine tient toujours. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs des groupes SOC et DR. – M. Jérémie Iordanoff applaudit également.) Elle tient sous les frappes massives, elle tient malgré les destructions, elle tient parce qu’elle défend sa liberté. Et en défendant sa liberté, elle protège aussi notre sécurité collective, notre modèle démocratique et l’idée même que la force ne fait pas le droit sur notre continent.

Dans ce combat, la France a toujours été au rendez-vous et elle l’est plus encore aujourd’hui. La coalition des volontaires réunie à l’initiative du président de la République l’a démontré : notre pays ne subit pas les événements ; il organise la riposte européenne. Car oui, quatre ans après, le moment est décisif. L’Ukraine a besoin d’un soutien massif et immédiat.

Or le soutien aux Ukrainiens ne fait toujours pas l’unanimité au sein de la classe politique française, tant ici à l’Assemblée nationale qu'au Parlement européen. Au niveau européen, il a été décidé d'accorder à l'Ukraine un prêt de 90 milliards d'euros, mais ce prêt est désormais bloqué par la Hongrie d'Orbán, ami de Mme Le Pen et de M. Bardella. (M. Jean-Philippe Tanguy s'exclame.) Oui, monsieur Tanguy ! D’ailleurs, le RN a voté contre ce prêt au Parlement européen.

Mme Marine Le Pen . Eh oui !

Mme Prisca Thevenot . Si l’extrême droite continue en réalité d'être le soutien de M. Poutine, l’extrême gauche n’a rien à lui envier. La France insoumise a ainsi annoncé son opposition à la stratégie d’aide. Pendant que les extrêmes bloquent, les soldats et les civils ukrainiens meurent ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – M. François Hollande applaudit également.)

L’heure n’est plus au blocage mais à l’action et le choix de l’action est clair. C’est la raison pour laquelle Gabriel Attal et des députés de notre groupe se trouvent aujourd’hui en Ukraine. Ce déplacement n’est pas symbolique : il incarne la constance et la lucidité de ma famille politique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Des dizaines de milliards d’euros d’actifs russes sont gelés dans les banques européennes alors que l’Ukraine se reconstruit sous les bombes. La proposition défendue par Gabriel Attal est juste et de bon sens :…

Un député du groupe RN . S'il avait du bon sens, ça se saurait !

Mme Prisca Thevenot . …il revient à la Russie d’assumer le coût financier de cette guerre.

Que comptez-vous faire pour lever les blocages et permettre l’utilisation de ces avoirs gelés ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères . Merci, madame la présidente, d'avoir rendu tout à l'heure hommage au courage et à la résistance héroïques dont le peuple ukrainien fait montre depuis maintenant quatre ans (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et DR), qui s'ajoutent à huit années pour en faire douze, écoulées depuis le début en 2014, sur le Maïdan, de la révolution pacifique, démocratique et européenne, cette révolution que Vladimir Poutine tente en vain d'étouffer par sa guerre d'agression.

Je salue aussi la présence sur le sol ukrainien de Gabriel Attal et des députés qui l'accompagnent (M. Paul Midy applaudit), comme celle de chefs de parti – Olivier Faure s'y trouve également –, qui manifestent par là le soutien indéfectible de la France et des Français à la cause de l'Ukraine.

Cette cause juste touche aussi à nos intérêts immédiats puisque le combat des Ukrainiens est aussi une lutte pour la sécurité et la paix sur le continent européen. C'est pourquoi la France, vous l'avez parfaitement rappelé, s'est tenue aux côtés de l'Ukraine dès le premier jour. C'est aussi pour cette raison que le président de la République a réuni aujourd'hui la coalition des volontaires qui, sans attendre le cessez-le-feu, préparent les conditions d'une paix juste et durable, grâce à des garanties de sécurité qui dissuadent de toute nouvelle agression.

Au mois de décembre – nouvelle décision historique prise par les Européens ! –, nous avons choisi de dédier 90 milliards d'euros à l'Ukraine afin de la mettre à l'abri de toute difficulté financière dans les deux ans à venir. Je n'ai aucun doute quant au fait que ce prêt sera définitivement adopté dans les jours qui viennent : la question n'est pas de savoir s'il le sera, mais quand. Je salue le Parlement européen qui, dans sa quasi-intégralité, s'est mobilisé pour le soutenir. Toutefois, vous l'avez dit, il manquait des voix pour faire l'unanimité. Ces voix, c'étaient celles du Rassemblement national et de La France insoumise. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et LIOT.)

Données clés

Auteur : Mme Prisca Thevenot

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Ministère répondant : Europe et affaires étrangères

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 25 février 2026

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