Réponse d’Emmanuel Macron à Giorgia Meloni
Question de :
M. Matthieu Bloch
Doubs (3e circonscription) - Union des droites pour la République
Question posée en séance, et publiée le 26 février 2026
RÉPONSE D'EMMANUEL MACRON À GIORGIA MELONI
Mme la présidente . La parole est à M. Matthieu Bloch.
M. Matthieu Bloch . « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés ! » Voilà ce que le président de la République a déclaré en fin de semaine dernière depuis l'Inde, visant expressément la présidente du Conseil des ministres italien. Il est vrai qu'Emmanuel Macron ne s'occupe jamais des autres pays… Qui sont les moutons ? les Français ? Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, la diplomatie macronienne souhaite-t-elle nous fâcher définitivement avec l'Italie ?
En juin 2018, à Quimper, le président Macron s'était déjà montré insultant avec le gouvernement transalpin, le qualifiant de « lèpre populiste ». Rien que ça ! En mai 2023, M. Darmanin avait créé un incident diplomatique en critiquant sévèrement la politique d'immigration de l'Italie, qu'il jugeait trop laxiste.
M. Jean-Paul Lecoq . Mais non, il n'a pas fait ça !
M. Matthieu Bloch . Prière de ne pas rire ! Et voilà que vendredi, le président de la République remettait le couvert, en accusant Mme Meloni de s'ingérer dans les affaires intérieures françaises. Quelle mauvaise foi ! En vérité, Giorgia Meloni parlait avant tout de son pays, l'Italie, qui a vécu les années de plomb et connu les Brigades rouges.
Une députée du groupe EcoS . Qui a aussi connu Mussolini !
M. Jean-Paul Lecoq et M. Éric Coquerel . Et les fascistes !
M. Matthieu Bloch . Elle sait ce que la violence politique signifie. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle tenait simplement à rendre hommage à Quentin, un jeune européen battu à mort pour ses idées par l'extrême gauche. Il s'agissait d'un geste de fraternité, d'ailleurs reconduit samedi à Rome par des milliers d'Italiens lors d'une manifestation contre toutes les violences politiques.
M. Erwan Balanant . C'est l'ambassadeur d'Italie en France qui parle !
M. Matthieu Bloch . Merci à eux !
Monsieur le ministre, vous qui, avec le président de la République, sautez comme des cabris sur vos chaises en répétant « l'Europe, l'Europe, l'Europe », quand dépasserez-vous votre jalousie face à l'excellent bilan de l'union des droites italiennes, (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) pour nouer enfin des relations respectueuses et privilégiées avec ce grand voisin européen ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
M. Erwan Balanant . C'était la question qui ne servait à rien !
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères . Vous semblez vous réjouir qu'une autorité étrangère se soit ainsi invitée dans notre débat public national : quel patriote faites-vous ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem. – Protestations sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.) Sachez que les Français refusent toute interférence dans le débat politique national, d'où qu'elle vienne, du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest. Sachez qu'ils refusent toute instrumentalisation d'un drame français, qui a touché la communauté nationale…
M. Alexandre Dufosset . Mais elle ne va rien faire !
M. Jean-Noël Barrot, ministre . …et endeuillé une famille française.
Les analyses des violences politiques, nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verve, mais nous ne permettons pas que d'autres nous les servent… D'ailleurs, si de telles réflexions étaient venues d'une autorité politique étrangère réputée de gauche, vous vous seriez étranglé de rage et vous auriez hurlé à l'ingérence étrangère.
Des députés des groupes RN et UDR . Non !
M. Pierre Pribetich . Il a raison !
M. Jean-Noël Barrot, ministre . Je vous rassure quant à notre relation avec l'Italie : elle est au beau fixe.
Mme Katiana Levavasseur . Ah oui ?
M. Jean-Noël Barrot, ministre . Elle est fondée sur le traité du Quirinal, signé il y a plusieurs années. Cela se traduira dans les faits dans quelques semaines : je présiderai avec Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères, le comité de coopération transfrontalier, au bénéfice de nos deux peuples et dans l'intérêt des Françaises et des Français.
M. Alexandre Dufosset . On est sauvés !
Auteur : M. Matthieu Bloch
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Ministère répondant : Europe et affaires étrangères
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 26 février 2026