Accompagnement à domicile des patients atteints par la SLA
Question de :
M. Laurent Wauquiez
Haute-Loire (1re circonscription) - Droite Républicaine
M. Laurent Wauquiez attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), connue sous le nom de maladie de Charcot, ainsi que par leur famille. Cette pathologie neurodégénérative, rare et incurable, entraîne une perte progressive et irréversible de l'autonomie. Aujourd'hui, près de 8 000 Français sont affectés par cette pathologie, qui requiert un accompagnement médical, paramédical et humain particulièrement lourd. Or les patients et leur famille font actuellement face à de nombreuses difficultés, notamment les délais importants d'accès aux soins spécialisés, la coordination difficile entre organisations médicales et médico-sociaux, le manque de moyens tant humains que financiers, aggravé par l'absence de structures conçues pour accompagner l'évolution rapide de la SLA. Cette dernière difficulté conduit, dans les situations où le maintien à domicile n'est plus envisageable, à la prise en charge des patients par les EHPAD, dont les locaux ne sont pas adaptés et le personnel pas toujours formé. De telles situations ne peuvent que générer des souffrances supplémentaires pour les patients ainsi que pour leurs proches. Par conséquent, M. le député souhaiterait savoir si une réflexion portant sur un meilleur accompagnement à domicile des patients atteints par la SLA sera entreprise, si une coordination accrue entre services de santé et médico-sociaux est envisagée, et si la création d'établissements spécialisés dans l'aide aux patients atteints de cette pathologie aura lieu, afin de garantir l'accès aux soins de tous.
Réponse publiée le 9 juin 2026
La France s'est dotée depuis plus de vingt ans d'une organisation structurée pour améliorer le diagnostic, l'accompagnement et la prise en charge de ces pathologies. Dès le premier Plan national maladies rares (PNMR), les centres de référence et de ressources et compétences ont été créés afin de constituer un réseau d'expertise solide, capable d'assurer un suivi coordonné et pluridisciplinaire. Depuis 2014, la filière FILSLAN (sclérose latérale amyotrophique et maladies du neurone moteur) fédère ces centres pour renforcer l'accessibilité et la lisibilité de l'offre de soins. Cet engagement ne s'est pas relâché. En 2024, 262 structures d'hospitalisation à domicile ont été mobilisées et soutenues financièrement sur l'ensemble du territoire pour prendre en charge les patients atteints de la Sclérose latérale amyotrophique (SLA) et plus largement les patients atteints de maladies neuro-dégénératives. Par ailleurs, le PNMR 4, adopté en février 2025, consacre son premier axe à l'amélioration des parcours de vie et de soins, notamment grâce au renforcement de la coordination entre la ville, l'hôpital et le secteur médico-social. La loi du 17 février 2025, dite loi « Bouchet », constitue une avancée majeure pour les personnes atteintes de SLA. Son application permet désormais de faciliter et d'accélérer l'accès à la prestation de compensation du handicap, y compris pour les personnes de plus de 60 ans, et renforce ainsi les conditions du maintien à domicile. Dans cette dynamique, le ministère chargé de la santé lancera prochainement un appel à projets à destination des plateformes d'expertises maladies rares et des plateformes de coordination Outre-mer. Elles auront pour mission d'organiser, sur l'ensemble du territoire, des dispositifs de coordination de parcours directement ancrés dans les lieux de vie des patients. Les expérimentations déjà engagées en région Auvergne–Rhône-Alpes dans le champ de la SLA montrent tout l'intérêt de ce type de dispositif : la présence de coordinatrices spécialisées a permis de réduire significativement les hospitalisations et de mieux anticiper les épisodes aigus grâce aux visites à domicile et à la télésanté. Enfin, dans la dynamique de la stratégie décennale 2024-2034 pour le renforcement des soins palliatifs, de la prise en charge de la douleur et de l'accompagnement de la fin de vie, les filières de soins palliatifs se sont structurées et formalisent les partenariats garants de l'articulation des différents intervenants autour du patient. La prise en charge palliative, graduée et personnalisée, inclut l'accompagnement et le soutien des proches de la personne malade. En Auvergne-Rhône-Alpes, l'offre spécialisée connaît une évolution croissante, impulsée par des actions de diffusion de la démarche palliative et le développement de la formation en soins palliatifs avec le concours, notamment, des équipes mobiles de soins palliatifs. Sous l'égide de l'agence régionale de santé, le travail se poursuit pour renforcer l'offre à l'échelle des territoires et pour améliorer l'accès aux soins palliatifs en articulation avec l'ensemble des filières de soins. L'ensemble de ces dispositifs fera l'objet d'une évaluation annuelle afin de poursuivre l'amélioration de la qualité de vie des personnes concernées et de garantir une réponse adaptée à l'évolution rapide de la maladie.
Auteur : M. Laurent Wauquiez
Type de question : Question écrite
Rubrique : Maladies
Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Ministère répondant : Autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 31 mars 2026
Réponse publiée le 9 juin 2026