Question au Gouvernement n° 1398 :
Propos racistes à l'encontre de Bally Bagayoko

17e Législature

Question de : M. Éric Coquerel
Seine-Saint-Denis (1re circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

Question posée en séance, et publiée le 1er avril 2026


PROPOS RACISTES À L'ENCONTRE DE BALLY BAGAYOKO

Mme la présidente . La parole est à M. Éric Coquerel.

M. Éric Coquerel . La honte ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)

Vous devriez être accablés de honte, vous, médias et responsables politiques dont plusieurs siègent ici, qui avez alimenté une campagne raciste et plus particulièrement négrophobe. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)

M. Julien Odoul . C'est vous, les racistes !

M. Éric Coquerel . Un racisme doublé de mépris de classe à l'encontre d'élus issus de villes populaires et - comble pour vous - Insoumis ou assimilés par vous à La France insoumise. (Mêmes mouvements.)

Bally Bagayoko a concentré tous vos tirs, jusqu'aux saillies sur CNews de ceux qui ont convoqué un imaginaire raciste pour le comparer à un grand singe et la ville de Saint-Denis à une tribu primitive.

Bally Bagayoko a concentré tous les tirs, parce que, maire de la deuxième ville d'Île-de-France, il se revendique héritier de l'immigration et que son programme de rupture a été plébiscité par les électeurs. (Mêmes mouvements.)

Parce que par essence, vous l'estimez illégitime depuis votre supériorité construite de caste, de classe et, consciemment ou pas, de race. Ce dernier concept a été inventé par le système que vous perpétuez, pour asseoir sa domination et justifier l'esclavage et la colonisation.

Oui, diffamer Bally Bagayoko en dénonçant sans preuve ses accointances avec des dealers, c'est du racisme ! (Mêmes mouvements.)

Oui, la campagne contre ces nouveaux maires et leurs soutiens, fustigés pour quelques huées, pourtant si fréquentes lors des soirées électorales, c'est du racisme ! (Mêmes mouvements.)

« Séditieux », aurait osé le président Macron. « Abject », a dit M. Attal. Oui, les rappels à l'ordre des ministres Nuñez, Amiel et Berger, c'est du racisme ! (Mêmes mouvements.)

Une tempête volontaire dans un verre d'eau, sur la foi d'un site d'extrême droite, et voilà Bally Bagayoko faussement accusé d'écarter des fonctionnaires en raison de leur opinion, alors qu'il n'a fait que rappeler leur obligation d'appliquer le programme choisi par les électeurs. C'est un principe évident et le droit d'un maire. Sauf s'il est noir, Insoumis, élu en Seine-Saint-Denis. (Mêmes mouvements.)

M. Ian Boucard . Quelle honte, cette intervention !

M. Éric Coquerel . Que compte faire le gouvernement de la chaîne de l'empire Bolloré après ces nouvelles sorties racistes qui nous font honte ? Des études, et après ?

M. Julien Odoul . C'est vous qui êtes racistes !

M. Éric Coquerel . Allez-vous présenter des excuses pour avoir alimenté le discours raciste contre Bally Bagayoko ou continuer à faire honte à la République ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. - Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes SOC, EcoS et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe LIOT.)

M. Julien Odoul . C'est vous qui êtes racistes !

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur . Vous me faites un procès d'intention – je dis bien d'intention.

M. Michel Herbillon . Ils en sont les spécialistes !

M. Laurent Nuñez, ministre . Il n'y a pas un membre du gouvernement, pas un membre du socle commun qui ait tenu les propos que vous rapportez et que vous qualifiez de racistes. Rendez-vous compte de ce que vous dites ! Vous les qualifiez de racistes !

Mme Ségolène Amiot . Oui, ce sont des propos racistes !

M. Laurent Nuñez, ministre . Le maire de Saint-Denis a été élu démocratiquement. Les propos qui ont été tenus à son encontre sur CNews sont ignobles et inacceptables, nous les condamnons fermement. S'ils relèvent du pénal, il y aura des poursuites.

L'Arcom est saisie et nous serons attentifs aux suites qui seront données au dossier.

C'est ça, la France, c'est ça, notre République. Ce n'est pas la nouvelle France que vous appelez de vos vœux et ce n'est pas la France qui disparaît ; c'est la France qui accueille tous ses enfants, quelle que soit leur origine, et qui reconnaît tout leur talent et tout leur mérite par une élection incontestée et incontestable.

Mme Nadège Abomangoli . Fake news !

M. Laurent Nuñez, ministre . Pardon de vous rappeler qu'en quelque endroit que l'on se trouve du territoire, il est normal que des ministres et les préfets – ils le feront bientôt – rappellent à tous les règles de la République.

Quand des propos sont tenus (« C'est faux ! » et exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) et qu'il nous semble qu'ils contreviennent aux règles applicables, il est normal que nous fassions ce rappel, quelle que soit la personne qui les a tenus.

Mme Mathilde Panot . Il n'a pas tenu les propos qu'on lui prête ! Vous reprenez une fake news de l'extrême droite !

M. Laurent Nuñez, ministre . Il n'y a là aucune forme de racisme : c'est la simple application des lois de la République. Quand nous rappelons un élu à la règle, nous ne considérons pas son origine ou le parti duquel il émane : partout dans le territoire français s'appliquent les lois de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.)

M. Ian Boucard . Bravo ! Ce sont eux, les racistes !

Données clés

Auteur : M. Éric Coquerel

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Accidents du travail et maladies professionnelles

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 1er avril 2026

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