Revalorisation des indemnités kilométriques des bénévoles
Question de :
M. Bérenger Cernon
Essonne (8e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire
M. Bérenger Cernon appelle l'attention de M. le ministre des transports sur la nécessaire revalorisation des indemnités kilométriques des bénévoles. En France, près de 12 millions de personnes sont engagées quotidiennement dans une activité bénévole. Cet engagement constitue un pilier essentiel de la solidarité et de la cohésion sociale, auquel les responsables publics doivent être particulièrement attachés. Pourtant, le bénévolat ne saurait rimer avec précarité. Or, depuis la hausse significative des prix des carburants, aggravée par les tensions internationales récentes, de nombreux bénévoles voient leurs conditions d'engagement fragilisées. Les indemnités kilométriques, fixées par les textes réglementaires, n'ont pas été réévaluées en conséquence, créant un décalage croissant entre les coûts réellement supportés et les remboursements perçus. À cet égard, il convient de rappeler que le décret n° 2019-850 du 20 août 2019, toujours en vigueur, encadre les services de transport d'utilité sociale sans avoir fait l'objet d'une actualisation depuis sa publication. De même, l'arrêté du 17 octobre 2019 pris en application des articles R. 3133-3 et R. 3133-5 du code des transports fixe, dans son article 1, un plafond de participation aux coûts à 0,32 euro par kilomètre parcouru. Ce montant est par ailleurs repris dans les règlements intérieurs de nombreuses associations de transport solidaire, à l'instar de leur article 9, qui prévoit une indemnité kilométrique fixée à 0,32 euro par kilomètre parcouru aller-retour à partir du domicile du conducteur bénévole, avec une actualisation conditionnée à celle du cadre réglementaire national. En pratique, cette absence de revalorisation depuis 2019 conduit à une stagnation des indemnités, en décalage manifeste avec l'évolution des coûts réels. Dans ces conditions, la pérennité même des activités bénévoles est en jeu. La situation est particulièrement préoccupante pour les dispositifs de transport solidaire, qui permettent à des personnes à mobilité réduite ou isolées de maintenir des liens sociaux essentiels grâce à l'engagement de conducteurs bénévoles. Alors que des mesures de soutien sont envisagées pour certains professionnels fortement dépendants de leur véhicule, il apparaît indispensable d'étendre cet effort aux bénévoles, en procédant sans délai à une revalorisation des indemnités kilométriques. Plus largement, la question de la régulation des prix de l'énergie mérite d'être posée afin de prévenir une aggravation durable de la situation. Des dispositifs juridiques existants permettent d'encadrer les prix et les marges, dans l'objectif de protéger les citoyens sans alourdir excessivement la dépense publique, à l'instar de l'article 140-2 du code du commerce. Dans ce contexte, M. le député invite le Gouvernement à prendre des mesures à la hauteur de l'urgence et souhaite connaître les intentions de celui-ci ainsi que les délais envisagés pour la réévaluation des indemnités kilométriques des bénévoles.
Réponse publiée le 16 juin 2026
Le gouvernement est attentif aux conditions d'exercice des services de transport d'utilité sociale, assurés exclusivement par des associations de bénévoles, qui facilitent le quotidien de leurs bénéficiaires en leur permettant de se rendre à des rendez-vous médicaux ou d'accomplir des démarches administratives. Ils s'adressent aux personnes dont l'accès aux transports, qu'ils soient collectifs ou individuels, est limité en raison de leurs ressources financières et de leur situation géographique. Véritable levier de solidarité locale, le transport d'utilité sociale contribue à renforcer les liens sociaux et ne relève pas d'une activité professionnelle. Conformément à l'article R. 3133-3 du code des transports, la participation aux frais engagés par les chauffeurs bénévoles ne peut dépasser un plafond fixé par l'arrêté du 17 octobre 2019 relatif aux services de transport d'utilité sociale à hauteur de 0,32 euro par kilomètre. Ce plafond a été fixé en 2019, à l'issue d'une concertation réunissant les professionnels du transport public particulier de personnes et les représentants du monde associatif. Il correspondait alors à 60% du barème kilométrique applicable aux frais professionnels. Compte tenu de la hausse de ce barème intervenue depuis et conformément à l'engagement pris lors du comité interministériel à la ruralité de juin 2025, une revalorisation technique du plafond de participation aux frais applicable au transport d'utilité sociale est intervenue pour articuler ce plafond à l'évolution du barème kilométrique. Ainsi, le nouvel arrêté conduit à un plafond à 0,38 euro par kilomètre, soit 60% du barème kilométrique 2026.
Auteur : M. Bérenger Cernon
Type de question : Question écrite
Rubrique : Énergie et carburants
Ministère interrogé : Transports
Ministère répondant : Transports
Dates :
Question publiée le 7 avril 2026
Réponse publiée le 16 juin 2026