Efforts diplomatiques pour la paix et la libération des 19 prisonniers arméniens
Question de :
Mme Christelle D'Intorni
Alpes-Maritimes (5e circonscription) - Union des droites pour la République
Mme Christelle D'Intorni appelle l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation des prisonniers arméniens actuellement détenus en Azerbaïdjan et sur les initiatives diplomatiques susceptibles de contribuer aux efforts de paix et de stabilité durable dans la région du Caucase. À la suite des évènements survenus dans le Haut-Karabakh en septembre 2023 et des tensions persistantes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, plusieurs responsables politiques, militaires et civils arméniens ont été arrêtés et transférés à Bakou. Selon les informations disponibles à ce jour, dix-neuf prisonniers arméniens seraient toujours détenus. Cette situation continue de susciter de fortes préoccupations humanitaires et internationales, notamment quant au respect des droits fondamentaux des personnes détenues, à leurs conditions de détention ainsi qu'à leur accès à une assistance juridique et à des mécanismes de suivi indépendants. Dans ce contexte, l'Assemblée nationale a récemment adopté une proposition de résolution rappelant l'importance du respect du droit international humanitaire, appelant à la protection des personnes détenues et soulignant la nécessité de poursuivre activement les efforts diplomatiques en faveur de la paix et de la stabilité dans la région. Cette prise de position parlementaire témoigne de l'attention particulière portée par la représentation nationale à la situation humanitaire et aux enjeux de réconciliation durable entre les parties. Alors que des discussions internationales se poursuivent en vue d'un apaisement des tensions et d'un accord de paix, la question du sort des prisonniers demeure un élément central pour restaurer la confiance et favoriser un climat propice au dialogue. La poursuite d'initiatives diplomatiques visant à garantir le respect de leurs droits et à encourager leur libération progressive constitue ainsi un enjeu majeur pour accompagner toute dynamique de stabilisation régionale. Elle lui demande les actions diplomatiques que le Gouvernement français a engagées ou entend poursuivre, en lien avec ses partenaires européens et internationaux, afin de contribuer aux efforts de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, de veiller au respect des droits fondamentaux des prisonniers arméniens encore détenus et de favoriser, dans un cadre humanitaire et diplomatique, les conditions de leur libération.
Réponse publiée le 23 juin 2026
La France attache une grande importance à la question humanitaire et, plus largement, à la résolution du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La France a été présente à chaque étape du processus de paix entre les deux pays. Dès 1995, nous avons activement contribué aux efforts de médiation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en assumant la co-présidence du groupe de Minsk. En 2022, lors du sommet de la Communauté politique européenne de Prague, l'implication du Président de la République et du président du Conseil européen a permis d'obtenir une avancée décisive : pour la première fois, l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont engagés à respecter mutuellement leur intégrité territoriale. Quand l'Arménie s'est trouvée menacée dans sa souveraineté, quand la Russie a fait le choix de l'abandonner, quand beaucoup ont préféré fermer les yeux, la France a redoublé d'efforts en faveur de la paix. Nous avons bâti une relation de défense avec l'Arménie, pour l'aider à protéger sa population et son territoire. Nous avons su convaincre nos partenaires européens de lancer la mission de l'Union européenne en Arménie (EUMA), qui a tant fait pour la sécurité des frontières de l'Arménie. Nous avons soutenu les accords de Washington du 8 août 2025, qui ont ouvert une page nouvelle pour le Sud-Caucase. La France appelle à la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement en Azerbaïdjan. Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères l'a affirmé devant l'Assemblée nationale le 3 février 2026, soit quelques jours après la remise à l'Arménie, par les autorités azerbaïdjanaises, de quatre prisonniers arméniens, illustration concrète de la dynamique de paix à l'œuvre dans le Sud-Caucase. Nous continuerons de porter une attention particulière au sort des prisonniers arméniens et au traitement qui leur est réservé, comme nous l'avons fait depuis l'ouverture de leurs procès en janvier 2025. Nous continuerons d'agir en faveur de la normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et formons le vœu que ce processus permettra de régler la situation des prisonniers arméniens.
Auteur : Mme Christelle D'Intorni
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Ministère répondant : Europe et affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 14 avril 2026
Réponse publiée le 23 juin 2026