Indemnisation des femmes enceintes malades dans la fonction publique
Question de :
Mme Sandrine Rousseau
Paris (9e circonscription) - Écologiste et Social
Mme Sandrine Rousseau attire l'attention de M. le ministre de l'action et des comptes publics sur les incohérences du régime de protection des femmes enceintes travaillant dans les services publics. Alors que le Gouvernement affiche cyniquement son ambition de soutenir la natalité, les femmes fonctionnaires ne se sentent ni soutenues, ni protégées lors de leur grossesse. Même s'il reste passager, cet état est source d'une grande vulnérabilité et peut aussi atteindre la santé des femmes, bien plus tôt que le délai légal du congé de maternité. Alors que près de 70 % des femmes connaissent des nausées et vomissements dans leurs premiers mois de grossesse, jusqu'à une future mère sur trente développe une hyperémèse gravidique nécessitant une attention médicale particulière. Viennent ensuite la prééclampsie, le diabète gestationnel, les anémies sévères, les lombalgies, sciatiques et autres douleurs invalidantes. Toutes ces causes peuvent résulter en un arrêt de travail pour raison médicale, mais leur cause est bien la grossesse de la patiente. Le congé pathologique de grossesse de deux semaines semble pour cela bien insuffisant. Pourtant, lorsque les agentes de la fonction publique sont enceintes et ont des arrêts maladie dépassant 90 jours, elles passent à mi-traitement. Il a été fait part à Mme la députée de la « triple peine » qu'elles peuvent alors ressentir : être passée à mi-traitement, ne plus pouvoir travailler et être malade. Cette incohérence atteint donc la sûreté des femmes enceintes et précarise un public déjà vulnérable du point de vue sanitaire. Elle fait écho à la suppression de la suspension du jour de carence des arrêts maladie en cas de grossesse, actée par le Gouvernement en mars 2025. Mme la députée demande à M. le ministre comment l'exécutif prétend résoudre ce paradoxe sacrificiel qu'il a lui-même constitué, qui demande avec insistance aux Françaises de donner leur ventre et leur santé pour la patrie, tout en supprimant les garde-fous protecteurs des premières concernées dans les personnes qui travaillent directement pour l'État et réalisent ses missions ? Elle lui demande donc quelles actions il dernier compte mettre en œuvre par souci de cohérence sur ce sujet pour protéger ces femmes qui, chaque jour, œuvrent pour les services publics dans ce moment si particulier de leur vie.
Réponse publiée le 20 octobre 2026
La loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a modifié l'article L. 822-3 du code général de la fonction publique (CGFP) pour y prévoir que le fonctionnaire en congé de maladie perçoit désormais 90 % de son traitement pendant les trois premiers mois de son arrêt de maladie puis 50 % les neuf mois suivants. Cette mesure a été étendue par deux décrets n° 2025 197 et n° 2025-198 du 27 février 2025 aux agents publics ne relevant pas du CGFP, ainsi qu'aux agents contractuels des trois versants de la fonction publique. Ces mesures ne remettent cependant pas en cause l'exonération du jour de carence applicable aux congés de maladie des agentes qui ont déclaré leur grossesse à leur employeur. Cette exonération est donc toujours en vigueur. De plus, une agente publique enceinte dispose de plusieurs types de congés liés à l'état de grossesse. Elle peut bénéficier du congé de maternité pendant les six semaines qui précèdent l'accouchement et dix semaines après celui-ci, comme le prévoit l'article L. 631-3 du CGFP qui renvoie, pour ces durées, à l'article L. 1225-17 du code du travail. Ces périodes sont modulables comme le prévoit la réglementation dans les trois versants de la fonction publique. L'agente concernée peut ainsi reporter jusqu'à trois semaines de son congé prénatal en congé postnatal. Elle bénéficie en outre de congés d'une durée supérieure en fonction du nombre d'enfants au foyer et du nombre d'enfants à naître. Si l'agente souffre d'une pathologie en lien avec sa grossesse, elle peut bénéficier de congés dits « pathologiques » qui correspondent à une période de congé de maternité et sont donc indemnisés comme tels. La durée de ces congés a été allongée d'une semaine, pour la porter à trois semaines, par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Cette modification entrée en vigueur le 1er mars 2026 vise à assurer une meilleure prise en compte de l'état de santé dans lequel se trouvent les agentes qui sont généralement plus exposées aux maladies durant leur grossesse et diminuer d'autant la période durant laquelle leur rémunération pourrait être maintenue à 90 %. Par ces mesures, le Gouvernement a souhaité faciliter le déroulement de la grossesse des agentes publiques.
Auteur : Mme Sandrine Rousseau
Type de question : Question écrite
Rubrique : Fonctionnaires et agents publics
Ministère interrogé : Action et comptes publics
Ministère répondant : Action et comptes publics
Dates :
Question publiée le 26 mai 2026
Réponse publiée le 20 octobre 2026
