Question écrite n° 15444 :
Situation des élèves mineurs originaires de Polynésie en école militaire

17e Législature
Question renouvelée le 8 septembre 2026

Question de : M. Moerani Frébault
Polynésie Française (1re circonscription) - Ensemble pour la République

M. Moerani Frébault attire l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur la situation des élèves mineurs originaires de Polynésie française scolarisés dans des établissements militaires situés en métropole, notamment à l'École d'enseignement technique de l'Armée de l'air et de l'espace (EETAAE) de Saintes. En août 2025, sept jeunes Polynésiens âgés d'environ 16 ans ont intégré cet établissement en classe de première générale ou technologique dans le cadre d'un parcours d'excellence et d'engagement au service des armées. Toutefois, ces élèves mineurs ne sont pas autorisés à demeurer dans l'établissement durant les vacances scolaires. Les familles doivent donc soit financer leur retour en Polynésie française, soit trouver des solutions d'hébergement temporaires en métropole, particulièrement difficiles pour les jeunes ne disposant d'aucun relais familial sur place. Le coût d'un aller-retour entre la métropole et la Polynésie française est estimé à environ 300 000 francs CFP, soit plus de 2 500 euros, entièrement à la charge des familles. Si le billet aller initial est pris en charge par l'armée, aucun dispositif spécifique ne semble aujourd'hui exister pour accompagner les retours pendant les périodes de vacances scolaires. Cette situation crée une rupture d'égalité de fait pour les élèves ultramarins engagés dans ces formations militaires, dans la mesure où ils ne peuvent bénéficier ni du Passeport mobilité, ni des dispositifs de continuité territoriale, ni d'une aide spécifique du ministère des armées, notamment en raison de leur statut d'« élèves » et non d'« étudiants ». Les familles dénoncent ainsi une véritable zone grise administrative pénalisant des mineurs éloignés de plus de 15 000 kilomètres de leur territoire d'origine. Cette problématique soulève plusieurs enjeux importants : le maintien du lien familial pour des mineurs ; l'égalité des chances dans l'accès aux écoles militaires ; l'adaptation des dispositifs nationaux aux réalités ultramarines. En conséquence, il lui demande : si le Gouvernement envisage la création d'un dispositif spécifique d'aide à la mobilité pour les élèves militaires ultramarins mineurs ; si une adaptation du Passeport mobilité ou des dispositifs de continuité territoriale pourrait être étudiée pour ces situations particulières ; si des mesures d'hébergement pérennes sont envisagées ; et enfin, si des discussions sont engagées avec les compagnies aériennes afin de mettre en place des tarifs conventionnés pour les familles concernées.

Réponse publiée le 3 novembre 2026

Les centres d'information et de recrutement des forces armées, qui accueillent les candidats issus des territoires d'outre-mer, prennent soin de les informer des contraintes inhérentes à un engagement dans les armées ou une scolarité dans un établissement d'enseignement du ministère des armées et des anciens combattants. C'est tout particulièrement le cas pour les élèves originaires de Polynésie française qui, avant leur incorporation à Sainte, sont informés de l'impossibilité pour l'école d'enseignement technique de l'armée de l'air et de l'espace de les accueillir durant les vacances scolaires. En effet, le maintien d'élèves techniciens, qu'ils soient ou non originaires de Polynésie française, dans l'école durant les vacances scolaires imposerait la mise en place d'un encadrement dédié et d'activités quotidiennes spécifiques que l'établissement n'est pas en mesure d'assurer.  Par ailleurs, ces derniers ne remplissent pas, de par leur situation, les conditions d'ouverture du droit à concession de passage gratuit (CPG) qui nécessite de cumuler a minima 60 jours de permissions sur une période de 3 ans. Le projet de décret relatif aux CPG, même s'il l'assouplit, ne remet pas en cause la nécessité de bénéficier d'un report de permissions au sens de l'article R. 4138-19 du code de la défense. Son entrée en vigueur n'est par ailleurs pas programmée avant 2028. Or, les apprentis militaires n'ont pas la main sur leurs jours de permissions, qui sont imposés par le commandement. Deux réflexions sont néanmoins en cours d'expertise pour répondre à la demande de ces jeunes polynésiens : Prévoir un accès privilégié des élèves polynésiens aux centres de vacances jeunes de l'institution de gestion sociale des armées pendant les vacances scolaires, avec une mise en oeuvre possible dès les congés de Noël 2026 ; Etendre le dispositif dit "EET" (élèves éloignés de leur territoire), qui existe au profit des élèves des lycées de la défense et qui prévoit la prise en charge par le ministère des armées et des anciens combattants de deux voyages aller-retour par an pour les élèves ultramarins. 

Données clés

Auteur : M. Moerani Frébault

Type de question : Question écrite

Rubrique : Outre-mer

Ministère interrogé : Armées et anciens combattants

Ministère répondant : Armées et anciens combattants

Renouvellement : Question renouvelée le 8 septembre 2026

Dates :
Question publiée le 26 mai 2026
Réponse publiée le 3 novembre 2026

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