Question écrite n° 1545 :
Situation économique des infirmières et infirmiers en France

17e Législature

Question de : M. Dominique Potier
Meurthe-et-Moselle (5e circonscription) - Socialistes et apparentés

M. Dominique Potier interroge Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la situation économique alarmante des infirmiers et infirmières en France. Libéraux ou hospitaliers, les infirmiers souffrent d'un manque de reconnaissance de l'appareil public. Depuis 2009, les salaires des infirmiers libéraux n'ont connu aucune revalorisation alors que le nombre de patients augmentent de façon significative. La revalorisation des indemnisations forfaitaires de déplacement de 2,50 à 2,75 euros a été jugée peu viables par les professionnels. Ce manque global de reconnaissance impacte la profession d'infirmier, notamment hospitalier. Un manque conséquent de personnel nuit aux conditions d'accueil des patients et à la continuité de soins avec un risque majeur pour la santé publique : la dégradation croissante de la santé physique et mentale des citoyens si la réponse à leurs besoins n'est pas apportée. Le 26 août 2024, la CGT a déposé un droit d'alerte auprès de la direction du centre hospitalier universitaire (CHU) d'Angers sur la situation d'un Ehpad en grande difficulté, avec un ratio d'une infirmière pour 124 résidents. Ce manque s'observe également au sein du secteur psychiatrique. Les psychiatres évoquent un véritable « étouffement » de la profession, accompagné d'une fuite du personnel qui traduit un mécontentement structurel : bas salaires, faibles effectifs, dégradation des capacités d'accueil, augmentation de la charge de travail. Il interroge donc le Gouvernement sur de nouvelles mesures de revalorisation de salaires des infirmiers, qui, au-delà des réponses proposées par le Ségur, n'ont, à ce jour, pas permis une remobilisation des ressources humaines suffisante en milieu hospitalier.

Réponse publiée le 7 avril 2026

Les infirmiers exerçant dans le cadre de la fonction publique hospitalière ont connu une forte revalorisation de leur régime indemnitaire dans le cadre du Ségur de la Santé. C'est une revalorisation de 49 points d'indice soit 183 euros net par mois qui a été accordée suite aux négociations réalisées en présence des organisations syndicales, des représentants des employeurs et de la fédération hospitalière de France.  Par ailleurs, des travaux menés en 2023 ont permis l'entrée en vigueur au 1er janvier 2024 d'une revalorisation des indemnités la nuit, les dimanches et jours fériés :  - majoration d'un coefficient de 1,25 appliqué à la rémunération horaire de jour des heures de nuit ; - indemnité pour le travail du dimanche et jours fériés réhaussée d'environ 20 % passant à une rémunération forfaitaire à 60 euros.  Enfin, parce que l'attractivité d'un métier ne réside pas uniquement dans la rémunération, il s'agit également de revaloriser la pratique de ces professionnels de santé et d'améliorer les conditions de travail, des démarches dans lesquelles le Gouvernement est entièrement engagé comme en témoigne la refonte du métier infirmier et la loi infirmière promulguée le 27 juin 2025.  Les textes d'application de cette loi sont progressivement pris par le Gouvernement depuis l'automne 2025. 

Données clés

Auteur : M. Dominique Potier

Type de question : Question écrite

Rubrique : Professions de santé

Ministère interrogé : Santé et accès aux soins

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Dates :
Question publiée le 29 octobre 2024
Réponse publiée le 7 avril 2026

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