Liquidation et versement de la CVR RAFP
Question de :
Mme Nicole Sanquer
Polynésie Française (2e circonscription) - Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Mme Nicole Sanquer appelle l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les difficultés persistantes rencontrées par plusieurs retraités de la fonction publique de l'État résidant en Polynésie française concernant le versement des prestations complémentaires liées au dispositif de cotisation volontaire au régime de retraite additionnelle de la fonction publique (CVR-RAFP). En effet, plusieurs anciens agents de l'État ayant régulièrement cotisé à ce dispositif signalent des retards importants dans la liquidation et le versement de leurs droits au titre de la garantie CVR-RAFP, alors même que leurs dossiers auraient été validés par les services compétents. Selon les informations communiquées aux intéressés, les demandes auraient bien été transmises par le service des retraites de l'État (SRE) à la Caisse des dépôts et consignations ainsi qu'à l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) pour liquidation. Toutefois, aucune visibilité ne leur serait donnée quant aux délais effectifs de mise en paiement. Le vice-rectorat de Polynésie française aurait également été conduit à signaler l'existence de plusieurs situations similaires touchant des retraités de l'État installés en Polynésie française. Cette situation crée une forte incompréhension chez des retraités ayant cotisé régulièrement au dispositif concerné et dont les droits semblent pourtant reconnus administrativement. Dans un contexte où les délais de traitement s'allongent et où les usagers peinent à obtenir des réponses précises de la part des organismes concernés, elle souhaite connaître les causes précises des retards constatés dans la liquidation des garanties CVR-RAFP, le nombre de dossiers actuellement en attente de traitement, ainsi que les mesures que le Gouvernement entend mettre en œuvre pour accélérer les versements dus aux retraités concernés et les délais dans lesquels une régularisation des situations en attente pourrait intervenir. Elle lui demande également d'évaluer ce dispositif dès sa première mise en œuvre afin d'identifier et de corriger les limites de cette loi, notamment l'exclusion de certains personnels, les erreurs de calcul et les lenteurs administratives. Elle souhaite connaître sa position à ce sujet.
Réponse publiée le 20 octobre 2026
Afin de compenser la suppression de l'indemnité temporaire de retraite (ITR), l'article 201 de la loi de finances pour 2024 a créé le dispositif de cotisation volontaire au régime de retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Ce dispositif est ouvert aux fonctionnaires de l'État, aux magistrats et aux militaires affectés à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. La loi a également créé, pour les personnels affectés dans ces territoires et en activité au 1er janvier 2024, un dispositif transitoire de garantie supplémentaire de retraite, à hauteur de 4 000 € annuels, versés par l'État sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité énoncées au II de l'article 76 bis de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites. Les conditions d'éligibilité à ce dispositif transitoire sont au nombre de quatre : bénéficier d'une pension du service des retraites de l'État (SRE) à taux plein ; justifier d'une résidence effective dans l'une des collectivités énoncées (soit avoir accompli 15 ans de services effectifs dans ces collectivités, soit remplir les critères d'éligibilité aux congés bonifiés) ; pour les agents liquidant leurs droits à pension à compter du 1er mai 2024, avoir cotisé volontairement au RAFP sur l'ensemble des périodes éligibles ; bénéficier d'un montant éventuel d'indemnité temporaire de retraite (ITR) inférieur à 4 000 € annuels. Pour qu'un agent puisse bénéficier de cette garantie supplémentaire de 4 000 €, l'employeur doit verser une cotisation supplémentaire unique au RAFP, permettant ainsi à l'agent d'acquérir les points RAFP correspondants, en complément des droits acquis par ailleurs au titre des cotisations obligatoires au RAFP sur la rémunération indemnitaire. L'ensemble est servi sous forme de rente de retraite additionnelle à l'âge d'ouverture des droits de l'agent. En ce qui concerne le ministère de l'éducation nationale, 54 agents éligibles au dispositif de la garantie supplémentaire sont recensés. La procédure de recouvrement de la cotisation supplémentaire unique à verser par l'État nécessite plusieurs intermédiaires et s'avère relativement complexe, entraînant ainsi des retards de paiement. Afin de faciliter et accélérer le traitement de ces dossiers, un référent ministériel a été désigné fin 2025. La direction des affaires financières (DAF) du ministère de l'éducation nationale centralise les appels à cotisations nominatifs émis par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) concernant les personnels de l'enseignement scolaire. Ces appels sont ensuite adressés aux services employeurs des collectivités territoriales concernées, aux fins de déclaration sur la plateforme employeurs publics (PEP's) et de versement des cotisations au RAFP. Cette procédure est en cours et les versements aux agents concernés devraient intervenir dans les meilleurs délais. S'agissant des mécanismes de compensation créés à la suite de la suppression de l'ITR concernant l'ensemble des périmètres ministériels, le ministère de l'action et des comptes publics sera, le cas échéant, en charge de l'évaluation de ces dispositifs et des évolutions qui pourraient y être apportées à l'avenir. Les ministères chargés de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur s'associeront aux travaux qui seront menés à ce sujet.
Auteur : Mme Nicole Sanquer
Type de question : Question écrite
Rubrique : Retraites : fonctionnaires civils et militaires
Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 26 mai 2026
Réponse publiée le 20 octobre 2026
