Question écrite n° 16180 :
Réinsertion scolaire des élèves après une période de décrochage ou d'absentéisme

17e Législature

Question de : M. Bruno Bilde
Pas-de-Calais (12e circonscription) - Rassemblement National

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur les difficultés persistantes que rencontrent de nombreux élèves pour retrouver durablement une scolarité ordinaire après une période de décrochage ou d'absentéisme prolongé, ainsi que sur l'insuffisance de l'accompagnement proposé au moment de leur retour en établissement. Si la part des sortants précoces tend à diminuer au niveau national, ce recul masque de profondes disparités territoriales. Les Hauts-de-France demeurent particulièrement exposés aux sorties précoces du système scolaire. Selon l'INSEE, en 2022, 9,9 % des jeunes de 16 à 25 ans y étaient sortants précoces, c'est-à-dire sans diplôme supérieur au brevet et non inscrits dans un établissement d'enseignement, contre 7,6 % en France hors Mayotte. Derrière ces données, se trouvent autant de parcours interrompus qui, faute de prise en charge adaptée au moment du retour, débouchent trop souvent sur une rupture durable avec l'école. Cette difficulté concerne tout particulièrement les élèves les plus fragiles, notamment lorsqu'ils reviennent en classe après plusieurs semaines ou plusieurs mois d'absence. Ils accumulent alors un retard important dans les apprentissages, perdent confiance et éprouvent un fort sentiment de décalage avec leur classe, parfois aggravé par une stigmatisation qui décourage toute reprise. Les équipes éducatives, déjà très sollicitées, manquent fréquemment de temps, de moyens et d'outils pour organiser une reprise progressive, assurer un véritable rattrapage pédagogique et reconstruire le lien entre l'élève, sa famille et l'institution. Il apparaît dès lors indispensable de renforcer les dispositifs dédiés à la réinsertion de ces élèves : parcours de retour progressif en classe, modules de remise à niveau, tutorat individualisé, accompagnement psychologique renforcé et meilleure coordination entre les établissements, les familles, les missions de lutte contre le décrochage scolaire et les acteurs sociaux et associatifs. Dans un département aussi durement frappé que le Pas-de-Calais, un tel effort relève d'une exigence d'égalité républicaine. Il lui demande qelles mesures il entend mettre en œuvre afin de faciliter la réinsertion scolaire des élèves en difficulté après une période de décrochage ou d'absentéisme prolongé.

Réponse publiée le 3 novembre 2026

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité du ministère de l'éducation nationale, qui s'attache à prévenir les ruptures de parcours et à favoriser le retour en classe des élèves ayant connu un absentéisme prolongé. Souvent fragilisés par l'éloignement du collectif, le retard accumulé et la perte de confiance, ces jeunes doivent bénéficier d'une approche pédagogique et bienveillante pour éviter que leur éloignement ne devienne une rupture durable. Les établissements sont encouragés à organiser un accueil progressif et sécurisé, appuyé sur des parcours individualisés. Un personnel référent assure la continuité du suivi, coordonne les équipes et adapte les modalités de reprise aux besoins de l'élève. Les groupes de prévention du décrochage scolaire (GPDS), en lien avec les acteurs territoriaux, structurent un accompagnement pédagogique, éducatif, social et, si nécessaire, médico-psychologique. Lorsque la rupture est effective, les plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD) coordonnent les acteurs pour proposer une solution à chaque jeune, les réseaux Formation qualification emploi (Foquale) mobilisant les solutions de retour en formation relevant de l'institution scolaire. Cette action est renforcée par la mesure 11 du plan Emploi futur, lancé en mai 2026, qui vise à prévenir le décrochage, à rendre plus effective l'obligation de formation et à mieux suivre les résultats obtenus. Sa traduction opérationnelle sera une nouvelle feuille de route interministérielle, élaborée avec les régions, les départements et les acteurs de l'insertion et de la formation, qui renforcera la prévention, le repérage, le suivi et l'offre de solutions. Depuis septembre 2026, une application dédiée est déployée dans l'ensemble des établissements pour repérer et traiter dès les premiers signes les situations d'élèves à risque. Parallèlement, le système d'information communautaire au fil de l'eau (SICOM) est progressivement déployé afin d'améliorer le repérage et le suivi des jeunes décrocheurs ou relevant de l'obligation de formation, et de renforcer la réactivité et la coordination des acteurs.

Données clés

Auteur : M. Bruno Bilde

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement

Ministère interrogé : Éducation nationale

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 23 juin 2026
Réponse publiée le 3 novembre 2026

partager