Question écrite n° 16187 :
Fermetures de classes et encadrement des élèves dans les écoles parisiennes

17e Législature

Question de : M. Rodrigo Arenas
Paris (10e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

M. Rodrigo Arenas appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les fermetures de classes envisagées dans plusieurs écoles parisiennes à la rentrée scolaire 2026-2027. Selon les informations communiquées, neuf écoles du 14e arrondissement de Paris seraient menacées par de nouvelles suppressions de classes dans le cadre de la préparation de la prochaine carte scolaire. Plus largement, 172 fermetures de classes seraient envisagées à Paris pour la rentrée 2026, dont 24 dans le seul 20e arrondissement. Ces annonces suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté éducative, alors même que les besoins d'accompagnement des élèves demeurent importants. Les suppressions de classes risquent en effet d'entraîner une augmentation des effectifs par classe, une diminution des capacités d'accompagnement pédagogique ainsi qu'une dégradation du suivi des élèves, notamment dans les établissements accueillant des élèves rencontrant des difficultés scolaires ou ayant des besoins particuliers. Alors que la baisse démographique scolaire est régulièrement mise en avant pour justifier ces fermetures, celle-ci pourrait au contraire constituer une opportunité pour améliorer les conditions d'apprentissage, réduire les effectifs par classe et renforcer l'encadrement pédagogique des élèves, notamment par le développement de dispositifs de dédoublement des classes. En effet, selon les données de l'OCDE et du ministère de l'éducation nationale, la France demeure l'un des pays développés comptant le plus d'élèves par enseignant dans le premier degré. À l'école élémentaire, la France compte environ 18 élèves par enseignant, contre une moyenne de 14,6 dans les pays de l'OCDE. Le nombre moyen d'élèves par classe en France s'élevait par ailleurs à 21,3 élèves en 2022, soit un niveau supérieur de 6 % à la moyenne des pays de l'OCDE et de 12 % à celle des pays de l'Union européenne. Cette moyenne nationale masque en outre d'importantes disparités entre établissements et niveaux, certains enseignants se retrouvant confrontés à des classes largement supérieures à vingt élèves malgré la baisse démographique scolaire. Pourtant, le taux d'encadrement constitue un facteur important de qualité des apprentissages, mais également des conditions concrètes d'enseignement et de vie en classe pour les élèves comme pour les personnels. Dans ce contexte, il lui demande pourquoi le Gouvernement fait le choix de poursuivre les fermetures de classes plutôt que de faire de la baisse du nombre d'élèves une opportunité d'amélioration du taux d'encadrement dans les écoles publiques et de renforcement des dispositifs permettant un meilleur accompagnement pédagogique des élèves.

Réponse publiée le 20 octobre 2026

La loi de finances 2026 prévoit, pour le premier degré public, une création nette de 1 615 ETP à la rentrée 2026 : +3 506 ETP liés à la réforme de la formation initiale des enseignants, compensés en partie par une reprise démographique de -1 891 ETP. Les effectifs baissent de 107 601 élèves (-2 %), ce qui porte le taux d'encadrement à un niveau inédit de 6,23 professeurs pour 100 élèves ; le nombre moyen d'élèves par classe passe de 23,2 en 2017 à 21,09 prévus en 2026. Les moyens sont répartis selon des critères territoriaux et sociaux, à chaque échelon. Depuis 2023, les observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT) renforcent le dialogue avec les élus en amont des CDEN : sur une approche prospective à cinq ans, ils permettent de partager un diagnostic et d'anticiper l'évolution de l'offre scolaire. À Paris, les écoles publiques ont perdu 30 000 élèves en dix ans, soit un quart de leurs effectifs, dont 2 500 à la rentrée 2025 ; une nouvelle baisse de 2 275 élèves est prévue en 2026. Grâce aux dédoublements et plafonnements, la moyenne par classe ordinaire est passée de 23,4 en 2017 à 20,1 en 2025 (de 21,3 à 16,2 en éducation prioritaire, de 24,8 à 22,5 hors éducation prioritaire), l'un des niveaux les plus favorables de France. Pour la rentrée 2026, l'académie retire 81 ETP mais renforce, pour la deuxième année, le remplacement. Le taux P/E atteint 6,90, contre 6,73 en 2025 et 5,51 en 2017. La carte scolaire se solde par 120 classes en moins (162 fermetures, 42 ouvertures), avec 26 postes de remplaçants créés et 11 postes dédiés aux élèves à besoins particuliers.

Données clés

Auteur : M. Rodrigo Arenas

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement maternel et primaire

Ministère interrogé : Éducation nationale

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 23 juin 2026
Réponse publiée le 20 octobre 2026

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