Question au Gouvernement n° 1627 :
État du réseau ferroviaire

17e Législature

Question de : Mme Sophie Ricourt Vaginay
Alpes-de-Haute-Provence (2e circonscription) - Union des droites pour la République

Question posée en séance, et publiée le 4 juin 2026


ÉTAT DU RÉSEAU FERROVIAIRE

Mme la présidente . La parole est à Mme Sophie Ricourt Vaginay.

Mme Sophie Ricourt Vaginay . Lundi de Pentecôte, sur l'axe Paris-Lyon-Marseille, des centaines de Françaises et de Français sont restés huit heures durant prisonniers de leur train, sans climatisation, sans eau, sans information, par plus de 30 oC, non pas sous le soleil mais en enfer. La cause, une simple caténaire rompue au nord de Lyon, a suffi à pétrifier ce qui fut jadis notre fleuron, le TGV.

Un incident, me direz-vous. Non, monsieur le ministre des transports : un symptôme, celui d'un réseau à bout de souffle, dont l'État – faut-il le rappeler ? – est l'actionnaire unique. Ce diagnostic, ce n'est pas nous qui le posons, mais la SNCF elle-même : 1 milliard d'euros supplémentaires par an pour éviter le décrochage général ; 4 000 kilomètres de lignes menacées dès 2028 ; 3 000 kilomètres déjà fermés en dix ans ; un quart du réseau laissé sans investissement structurel, abandonné à la rouille et à l'oubli.

Et pendant que les voies ferrées se dégradent, le prix du billet s'envole. L'usager paie toujours plus cher un service qui se délite : c'est la double peine.

Le bilan : pannes à répétition, tarifs prohibitifs, petites lignes condamnées. Chaque incident rejette un peu plus nos concitoyens vers la voiture ou vers l'avion. Singulier paradoxe, monsieur le ministre, pour une nation qui a érigé la décarbonation en grande cause nationale : vous prêchez pour le train et vous laissez mourir le rail.

Ma question est simple : quand l'État actionnaire exigera-t-il enfin de la SNCF le niveau de service que les Français paient et qu'ils méritent ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.

M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement . Je vous prie d'excuser M. le ministre des transports, qu'un déplacement en Grèce empêche d'être parmi nous.

Je veux rappeler une réalité : 15 000 trains circulent chaque jour en France, et l'immense majorité le font sans difficulté majeure. Reconnaissons-le, bien que cela ne doive pas nous exonérer de regarder en face les faits que vous avez évoqués. Au cours du week-end de la Pentecôte – l'un des plus chargé de l'année, avec 1,5 million de voyageurs –, un incident important est survenu sur la ligne à grande vitesse Sud-Est, qui a entraîné des retards inacceptables allant jusqu'à sept heures.

Selon la SNCF, cet incident résulte de la rupture d'une caténaire causée par les fortes chaleurs, en dépit des opérations de maintenance déjà conduites chaque printemps à titre préventif et des tournées de surveillance organisées en amont des vagues de chaleur.

Mme Marie-Christine Dalloz . Ça ne suffit pas !

M. Laurent Panifous, ministre délégué . SNCF Réseau se met en ordre de bataille, mais, à l'avenir, nous devrons certainement commencer plus tôt ces opérations. Avec le changement climatique, de tels épisodes vont en effet se répéter, ce qui oblige à anticiper les opérations de maintenance et à investir dans nos réseaux.

Mme Marie-Christine Dalloz . Les retards sont systématiques !

M. Laurent Panifous, ministre délégué . C'est tout l'objectif du contrat de performance entre l'État et SNCF Réseau,…

Mme Marie-Christine Dalloz . Des performances de la part de la SNCF ?

M. Laurent Panifous, ministre délégué . …qui a été mis en consultation lundi dernier et signé par le premier ministre, comme l'a annoncé mon collègue Philippe Tabarot. Ce contrat prévoit une hausse significative des investissements : à partir de 2028, ils augmenteront de 50 % pour atteindre 4,5 milliards d'euros par an, notamment pour adapter le réseau au changement climatique.

Très concrètement, la résilience de plus de 1 000 kilomètres de réseau sera améliorée et 330 kilomètres de caténaires seront remplacés chaque année, en portant une attention particulière aux plus sensibles. Ce contrat s'accompagne aussi de l'arrivée de nouveaux matériels, dont celle des TGV M en septembre 2026 et des trains Oxygène, qui moderniseront l'offre ferroviaire et amélioreront le confort des voyageurs.

Je répète que le premier ministre a signé avec la SNCF un contrat de performance et que nous n'opposons pas les nouvelles lignes aux anciennes, madame la députée. Quant à l'incident que vous évoquez, il doit faire l'objet d'un retour d'expérience.

Mme la présidente . La parole est à Mme Sophie Ricourt Vaginay.

Mme Sophie Ricourt Vaginay . En réalité, vous êtes en retard sur les canicules, qui n'attendront pas 2028. Surtout, vous sacrifiez les lignes du quotidien et vous facturez le tout à l'usager. Voilà la réalité de votre politique ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Données clés

Auteur : Mme Sophie Ricourt Vaginay

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Transports ferroviaires

Ministère interrogé : Relations avec le Parlement

Ministère répondant : Relations avec le Parlement

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 4 juin 2026

partager