Question écrite n° 17193 :
Formation des maîtres-nageurs sauveteurs et sécurité des baignades

17e Législature

Question de : M. Emmanuel Duplessy
Loiret (2e circonscription) - Écologiste et Social

M. Emmanuel Duplessy alerte M. le ministre du travail et des solidarités sur les difficultés de recrutement des maîtres-nageurs sauveteurs et leurs conséquences sur la sécurité des baignades. Le 22 juin 2025, un enfant de six ans est décédé à la suite d'une noyade sur la base de loisirs de Châlette-sur-Loing, dans le Loiret. Ce drame est intervenu avant le début de la période de surveillance estivale, faute d'effectifs suffisants pour assurer une présence de maîtres-nageurs sauveteurs dès le mois de juin. Cette situation n'est pas isolée. Selon Santé publique France, 1 418 noyades ont été recensées entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, dont 409 mortelles, soit une augmentation respectivement de 14 % et 16 % par rapport à l'année précédente. Dans le même temps, les épisodes de fortes chaleurs interviennent de plus en plus tôt dans la saison, entraînant une fréquentation croissante des sites de baignade avant l'ouverture des dispositifs de surveillance. Les professionnels du secteur estiment aujourd'hui que plusieurs milliers de maîtres-nageurs sauveteurs manquent pour assurer une couverture satisfaisante des zones de baignade. Cette pénurie s'explique notamment par le coût des formations, les difficultés de recrutement et les déséquilibres territoriaux entre les zones de formation et les zones connaissant les besoins les plus importants. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre pour renforcer durablement la formation et le recrutement des maîtres-nageurs sauveteurs, faciliter l'accès aux formations, mieux répartir les effectifs sur le territoire et permettre une adaptation des périodes de surveillance à l'évolution des conditions climatiques.

Réponse publiée le 3 novembre 2026

Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative considère la tension sur l'emploi des maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) comme un enjeu majeur de sécurité publique et de prévention des noyades. Il a engagé depuis plusieurs années une démarche structurée visant à renforcer l'attractivité du métier, faciliter l'accès aux formations et adapter les conditions d'exercice aux besoins des territoires. Cette démarche s'appuie notamment sur les États généraux de l'encadrement et de la surveillance dans la filière aquatique, lancés en février 2023. Un comité de suivi, réuni environ une fois par semestre, assure depuis lors la coordination des acteurs de la filière, le suivi des mesures engagées et l'identification de nouvelles actions. Le ministère a également agi sur les conditions d'exercice des MNS. Depuis le décret n° 2003-437 du 3 juin 2023, les titulaires du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA) peuvent exercer leurs missions de surveillance en autonomie. Un travail a également été mené ces derniers mois par le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative, en lien avec le ministère de l'intérieur et les acteurs de la filière, afin de réformer en profondeur le BNSSA. Cette réforme donne lieu, depuis le 1er octobre 2026, à la mise en place du nouveau certificat de compétences de « Surveillant Sauveteur Aquatique » (SSA). L'attractivité du métier fait également l'objet d'une action spécifique. Un plan de promotion du métier de MNS a été déployé en 2023 afin d'en améliorer l'image et l'attractivité et de favoriser à la fois le recrutement et la fidélisation des professionnels. Cette action est d'autant plus importante que le taux d'emploi des titulaires du titre de MNS atteint 87 %, l'un des meilleurs taux d'insertion observés parmi les brevets professionnels de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS). L'accès aux formations est parallèlement facilité. Depuis 2022, trois diplômes supplémentaires permettent d'obtenir le titre de MNS, tandis que les certifications professionnelles font l'objet d'un travail de réécriture en blocs de compétences afin de favoriser des parcours de formation plus modulaires et plus accessibles. Une enquête consacrée aux métiers de la filière aquatique a par ailleurs été conduite par le ministère et ses résultats, rendus en 2025, permettent désormais d'adapter les formations aux besoins en compétences et aux conditions d'emploi du secteur. Le ministère travaille également à améliorer la répartition des professionnels sur le territoire. En particulier, des réflexions sont conduites avec le ministère de l'intérieur pour faciliter l'accès des titulaires du BPJEPS « Natation et activités aquatiques » (NAA), qui a vocation à se substituer au BPJEPS « Activités aquatiques et de la natation », aux concours de la fonction publique territoriale. Le ministère a en outre engagé une collaboration avec le Centre national de la fonction publique territoriale afin de développer la formation, l'apprentissage, la formation continue et la reconversion des MNS, notamment par l'accompagnement à la préparation aux concours d'éducateur territorial des activités physiques et sportives. Ces mesures sont complétées par la modernisation du cadre de formation et de surveillance. D'abord, concernant la formation des MNS, le BPJEPS NAA, crée par l'arrêté du 27 juillet 2026 et publié au JO du 18 août 2026, est à présent plus souple sur les conditions d'accès à la formation (suppression de l'exigence du BNSSA mais conservation du PSE2), tout en garantissant des compétences élargies à l'issue du diplôme puisque la formation recouvre à présent les milieux naturels (eaux intérieures et littoral). Depuis 2024, la filière aquatique de sécurité civile dispose ainsi d'un cadre rénové pour la formation initiale et continue des surveillants-sauveteurs en eaux intérieures et sur le littoral. Ces formations intègrent explicitement la capacité à s'inscrire dans un dispositif de surveillance évolutif et adaptable aux conditions du moment et à analyser les risques propres à chaque zone de baignade. Ensuite, le Gouvernement poursuit l'adaptation du cadre réglementaire de la surveillance afin de mieux tenir compte des évolutions de la fréquentation des sites de baignade et des conditions météorologiques. Des évolutions du plan d'organisation de la surveillance et des secours sont actuellement en cours. Le cadre actuel permet déjà d'adapter l'organisation de la surveillance aux caractéristiques de l'établissement, aux horaires d'ouverture et aux périodes de fréquentation prévisibles, en déterminant pour chaque plage horaire les effectifs et qualifications nécessaires. Cette adaptation est particulièrement pertinente dans le contexte de l'évolution du climat. Les données de Santé publique France et du Système national d'observation de la sécurité des activités nautiques permettent désormais de suivre les noyades pendant toute la saison et d'adapter les messages de prévention aux périodes de risque. En 2026, la surveillance saisonnière a notamment été étendue et a débuté le 1er mai, afin de mieux tenir compte de l'allongement de la période propice aux baignades. Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative entend ainsi poursuivre une politique globale reposant sur quatre leviers complémentaires : augmenter le nombre de professionnels formés, renforcer l'attractivité et la fidélisation du métier, favoriser une meilleure adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des territoires, et adapter l'organisation de la surveillance aux évolutions de la fréquentation des lieux de baignade et aux conditions climatiques. Ces travaux sont conduits en concertation avec les collectivités territoriales et l'ensemble des acteurs de la filière, avec pour objectif de garantir durablement la sécurité des baignades et de contribuer à la réduction des noyades.

Données clés

Auteur : M. Emmanuel Duplessy

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité des biens et des personnes

Ministère interrogé : Travail et solidarités

Ministère répondant : Sports, jeunesse et vie associative

Dates :
Question publiée le 21 juillet 2026
Réponse publiée le 3 novembre 2026

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