Criminalité en Guadeloupe
Question de :
M. Max Mathiasin
Guadeloupe (3e circonscription) - Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Question posée en séance, et publiée le 8 juillet 2026
CRIMINALITÉ EN GUADELOUPE
Mme la présidente . La parole est à M. Max Mathiasin.
M. Max Mathiasin . Les députés guadeloupéens ne comptent plus le nombre d'interventions, de réunions avec la préfecture ni le nombre de courriers et autres lettres ouvertes que nous avons adressés au sujet de la sécurité dans notre pays. (M. Elie Califer applaudit.) Cela nous amène à nous poser une question : l'État a-t-il vraiment la volonté de maintenir la sécurité dans ses territoires dits ultramarins ?
Mardi dernier, à Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, des individus ont tiré sans discernement en direction d'un bar où l'on s'était réuni pour regarder un match de la Coupe du monde : deux femmes sont mortes sur le coup, quatre ou cinq personnes ont été blessées, parmi lesquelles un enfant de 7 ans dont le pronostic vital a été engagé. Je rappelle que la Guadeloupe a atteint le triste record de quarante-sept morts par arme à feu en 2025. C'est trop, pour un pays qui ne compte que 480 000 habitants !
Monsieur le ministre de l'intérieur, vous savez comment ces armes arrivent, puisque les forces de l'ordre et les douaniers vous le disent. Nous sommes dans une zone de passage entre la Colombie et d'autres pays de la Caraïbe.
Les douanes, la gendarmerie et la police font de leur mieux, mais quand verront-elles se concrétiser vos promesses de drones, de scanners et de forces en renfort ? J'attends votre réponse. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – M. Elie Califer applaudit également.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur . Vous avez raison de souligner que la Guadeloupe est frappée par une forte augmentation du nombre d'homicides. La hausse a été de 50 % l'an dernier et, depuis le début de cette année, nous comptabilisons déjà plus de vingt homicides contre dix-neuf en 2025, à la même période. Vous avez notamment rappelé le drame de Capesterre, où deux femmes ont perdu la vie et où un enfant de 6 ans a été blessé.
Vous ne pouvez cependant pas dire que nous ne faisons rien en Guadeloupe. Nous avons parfaitement identifié qu'il s'agit d'un carrefour des trafics de drogue ou d'armes. Comme vous le savez, la ministre des outre-mer et mon ministre délégué Jean-Didier Berger sont allés présenter, après qu'il a été validé par le premier ministre et le président de la République, le plan d'urgence Antilles-Guyane, qui vise précisément à renforcer notre lutte contre ce type de délinquance et les homicides que vous dénoncez fort justement.
Nous avons renforcé la sécurisation des approches de ces territoires, en augmentant les moyens d'interception et la surveillance côtière. Deux escadrons de gendarmerie mobile sont présents en permanence, au même titre qu'un peloton de la garde républicaine. Nous avons créé deux brigades nautiques,…
Mme Béatrice Bellay . C'est en Martinique, pas en Guadeloupe !
M. Laurent Nuñez, ministre . …une de police et une de gendarmerie, qui renforcent les effectifs de sécurisation du territoire, dont la Guadeloupe. Depuis 2016, la Guadeloupe compte 162 effectifs policiers supplémentaires ; on y dénombre près de 250 enquêteurs, et l'Ofast y a été renforcé. Nous poursuivons donc sans relâche les efforts que vous appelez de vos vœux.
On ne peut pas, sur le sujet que nous abordons, ne pas tenir compte du contexte régional. C'est dans cette perspective que s'est tenue et vient de s'achever la Conférence régionale de sécurité dans la Caraïbe, qui a réuni de nombreux États et qui doit permettre de renforcer l'échange d'informations, notamment en matière de renseignement criminel, pour mieux lutter contre les filières.
Non, monsieur le député, nous ne faisons pas rien, et je puis vous assurer de notre détermination à combattre la délinquance, notamment en Guadeloupe.
Mme la présidente . La parole est à M. Max Mathiasin.
M. Max Mathiasin . Monsieur le ministre, nous attendons les effets de votre nouveau plan, avec l'espoir qu'ils seront rapides.
Auteur : M. Max Mathiasin
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Outre-mer
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 8 juillet 2026