Situation alarmante des établissements scolaires de l'Essonne
Question de :
Mme Nathalie Da Conceicao Carvalho
Essonne (2e circonscription) - Rassemblement National
Mme Nathalie Da Conceicao Carvalho appelle l'attention de Mme la ministre de l'éducation nationale sur la situation alarmante des établissements scolaires de l'Essonne. En effet, depuis des mois, les établissements scolaires de l'Essonne sont le théâtre de violences répétées et graves, violences collectives souvent liées à des affrontements de bandes, ou violences individuelles contre des condisciples ou des enseignants. Ces actes d'une violence inouïe mettent en danger les élèves et le personnel éducatif. Le 4 avril 2024, un collégien de Viry-Châtillon a même trouvé la mort près de son établissement. Personne ne peut plus se contenter de condamnations indignées, non suivies d'effets. La gravité des faits et leur récurrence appellent des mesures fortes pour restaurer sans délai un climat serein et sécurisé dans et aux abords des établissements scolaires. Aussi, Mme la députée demande à Mme la ministre de bien vouloir lui indiquer si des actions de fond ont pu être menées pour répondre à cette situation en Essonne, comme dans tous les autres départements touchés par ce fléau. Enfin, elle lui suggère d'étudier l'organisation en Essonne d'« Assises de la sécurité scolaire », réunissant l'ensemble des acteurs concernés - élus, équipes pédagogiques, associations de parents d'élèves, forces de l'ordre, criminologues, sociologues - afin d'identifier des solutions concrètes et pérennes à ce fléau. Cette initiative pourrait servir de modèle pour d'autres départements en difficulté. Elle souhaite connaître sa position sur le sujet.
Réponse publiée le 2 décembre 2025
L'action du ministère de l'éducation nationale en matière de lutte contre les violences en milieu scolaire repose sur des mesures de protection des élèves et personnels et de sécurisation des écoles et les établissements. Deux plans successifs, en avril et décembre 2024, renforcent la sécurité des élèves, des personnels et des établissements scolaires. Chaque établissement doit disposer d'un plan particulier de mise en sûreté face aux risques majeurs et aux menaces. Des exercices réguliers et obligatoires permettent à la communauté éducative d'acquérir une culture de la sécurité. Cette acculturation à la gestion des événements graves s'appuie également sur la formation des personnels : plus de 15 000 formés depuis 2017 à la gestion de crise, avec le ministère de l'intérieur. Ces formations ont vocation à se renforcer. En Essonne, 133 personnels d'encadrement et les personnels de 8 circonscriptions ont été formés depuis 2018 à la prévention et la gestion de crise. En 2024-2025, les personnels de 4 bassins d'éducation ont été sensibilisés aux phénomènes de rixes. Depuis 2021, des actions de sensibilisation des personnels de l'éducation nationale et des collectivités territoriales sont déployées avec les forces de sécurité intérieure (FSI) sur les territoires du département identifiés comme sensibles. Le département de l'Essonne a mis en place, pour ces secteurs, une chaine d'alerte en cas de rixes, entre les FSI, les chefs d'établissement, la direction des services départementaux de l'éducation nationale et les équipes mobiles de sécurité du rectorat de Versailles. Elle est essentielle dans la prévention des rixes. Le renforcement de la sécurité se traduit également par un travail partenarial avec les collectivités territoriales, gestionnaires des bâtiments scolaires. Le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) permet de cofinancer certains investissements relatifs à la vidéoprotection, au contrôle d'accès ou à l'installation d'alarmes « attentat-intrusion ». La quasi-totalité des collèges de l'Essonne sont dotés par le conseil départemental de vidéoprotection. Les opérations de lutte contre toute forme de violences scolaires et notamment de contrôles aux abords des établissements scolaires ont été renforcées. Ces opérations réalisées par les FSI font l'objet d'une concertation entre les services de police ou de gendarmerie et ceux de l'éducation nationale notamment dans le cadre des états-majors de sécurité. 28 opérations de lutte ont été menées dans l'Essonne du 26 mars au 7 juillet 2025. De plus, le décret n° 2025-609 du 1er juillet 2025 modifie le régime disciplinaire dans les établissements publics locaux d'enseignement et rend désormais obligatoire et systématique la saisine du conseil de discipline par le chef d'établissement lorsqu'un élève se trouve en possession d'une arme blanche ou introduit une arme blanche dans l'établissement. Ces faits donnent lieu également à un signalement au procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale. Depuis janvier 2025, les moyens de vie scolaire ont en outre été renforcés. 150 postes de conseiller principal d'éducation (CPE) et 600 postes d‘assistant d'éducation (AED) ont été créés et alloués aux collèges et lycées les plus exposés aux risques de violence. Dans l'Essonne, 5 emplois de CPE et 21 emplois d'AED ont été déployés en collèges et en lycées. En cas d'agressions ou de menaces contre des personnels ou des élèves, la réponse est ferme et systématique. Un signalement est adressé au procureur de la République. Lorsque l'auteur des faits est un élève, une procédure disciplinaire est engagée à son encontre. Lorsqu'un personnel est victime, les mesures d'accompagnement, de protection et de soutien sont mises en place, notamment l'octroi systématique et sans délai de la protection fonctionnelle, l'accompagnement pour le dépôt de plainte, le signalement au procureur de la République, l'engagement d'une procédure disciplinaire, assorti si nécessaire d'une interdiction d'accès à l'établissement à titre conservatoire. Un accompagnement et un soutien d'ordre médical et psychologique sont également proposés. En 2024-2025, l'académie de Versailles a octroyé 256 protections fonctionnelles aux agents du département de l'Essonne. Enfin, la création, par le décret n° 2025-75 du 29 janvier 2025, des services de défense et de sécurité académiques, renforce la gouvernance académique en matière de sécurité. Ces services rassemblent l'ensemble des missions visant à assurer la sécurité dans les écoles et les établissements scolaires et à lutter contre les atteintes aux valeurs de la République. Leur création permet d'agir de manière renforcée, en coordination avec les autres services de l'État et partenaires afin d'assurer la protection des personnels et des élèves et de leur garantir un cadre sécurisé au service des apprentissages et du bien-être de tous. Le ministère de l'éducation nationale est pleinement mobilisé pour mettre en œuvre et conduire une politique de lutte contre les violences en milieu scolaire sur l'ensemble du territoire et est attentif aux difficultés rencontrées par les établissements les plus exposés.
Auteur : Mme Nathalie Da Conceicao Carvalho
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement
Ministère interrogé : Éducation nationale
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 19 novembre 2024
Réponse publiée le 2 décembre 2025