Situation des chrétiens du sud Liban
Question de :
M. Stéphane Rambaud
Var (3e circonscription) - Rassemblement National
M. Stéphane Rambaud attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation dramatique des chrétiens d'Orient et plus particulièrement sur celle des chrétiens du Liban. En effet, les chrétiens du sud Liban se trouvent pris en tenaille entre les attaques du Hezbollah pro-iranien contre Israël et les ripostes justifiées d'Israël défendant son territoire. L'intensification des combats fait craindre le déclenchement d'une guerre régionale plus large au Moyen-Orient. Les évènements récents ont ainsi poussé près de 1,2 million de personnes à quitter leur foyer au Liban et la capitale Beyrouth n'est plus épargnée. Dans le sud du pays, des villages chrétiens se sont ainsi vidés de leur population. C'est pourquoi, face à cette situation dramatique pour les populations chrétiennes du Liban, il lui demande de bien vouloir lui indiquer l'analyse qu'il fait de la situation actuelle et les mesures susceptibles d'être apportées par la diplomatie française afin d'inciter au dialogue toutes les parties concernées par le conflit et demander à Israël de continuer à jouer son rôle de protecteur traditionnel des populations chrétiennes du Proche-Orient.
Réponse publiée le 10 février 2026
L'unité et la stabilité du Liban font l'objet d'une mobilisation continue de la France. En déclenchant les hostilités avec Israël dès le 8 octobre 2023, le Hezbollah a entraîné le peuple libanais dans une guerre qu'il n'avait pas choisie. Le conflit armé s'est intensifié à partir du 24 septembre 2024 avec le déclenchement de l'opération israélienne « flèches du Nord ». Les populations civiles ont été les premières victimes, y compris 1,5 million de Syriens réfugiés, indépendamment de leur appartenance confessionnelle. Les bombardements et combats dans le Sud-Liban ont provoqué des déplacements massifs de population, affectant aussi bien les villages chrétiens que les autres localités de la région, aggravant les risques de tensions interconfessionnelles. Comme l'ensemble des habitants du Sud-Liban, les chrétiens ont subi de plein fouet les conséquences de ce conflit, la destruction d'infrastructures, la perte de moyens de subsistance et la nécessité de trouver refuge dans d'autres régions du pays. La crise humanitaire engendrée par le conflit concerne toutes les communautés et nécessite une réponse globale et inclusive, que la France a suscitée à travers la Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du 24 octobre 2024, qui a permis de mobiliser un milliard d'euros d'aide, dont 800 millions d'euros d'aide humanitaire. La France a mobilisé 100 millions d'euros d'aide humanitaire, déployée grâce à l'action des agences des Nations unies et des ONG internationales et locales. La France poursuit l'acheminement d'aide directe en nature. La livraison de 100 tonnes a été finalisée en fin d'année dernière. La France n'a pas ménagé ses efforts pour mettre fin aux hostilités, avec le souci de préserver les populations civiles libanaises et israéliennes, sans considération de logiques confessionnelles. Ces efforts, coordonnés avec les États-Unis, ont porté leurs fruits avec la conclusion, le 26 novembre 2024, d'un accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël. Ces efforts se poursuivent depuis lors pour la préservation de la cessation des hostilités, et le respect des engagements pris par les parties, à travers notre participation, aux côtés des États-Unis, à un mécanisme de surveillance. Auprès des nouvelles autorités libanaises, dont la France soutient la volonté de renforcer l'unité nationale, il est indispensable de souligner l'importance de préserver les équilibres confessionnels, au service de la sécurité et de la stabilité de toutes les communautés vivant au Liban, dans un esprit d'équité et de solidarité. Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) est en contact régulier avec des représentants des communautés chrétiennes libanaises et à l'écoute de leurs inquiétudes et préoccupations. Au Liban, le soutien de la France aux populations chrétiennes se caractérise aussi par un appui à des organisations chrétiennes qui mettent en œuvre des activités de soutien à la population libanaise de toutes confessions, comme l'Œuvre d'Orient. Avec cette dernière, elle apporte une aide continue aux écoles chrétiennes francophones, vecteur essentiel pour le rayonnement de la francophonie et la diffusion de valeurs de tolérance, notamment à travers le Fonds pour les Écoles d'Orient, abondé et géré conjointement par le MEAE et par l'Œuvre d'Orient, reconduit en 2025-2026 pour une sixième campagne. Le Liban concentre 75 % des sommes alloués par le Fonds, soit 13 343 000 € depuis sa création en 2020. Depuis la guerre de l'autonome 2024, le fonds a permis de soutenir plus de 120 écoles et 7 universités au Liban avec une enveloppe de 2 469 000 € en 2024 et de 2 395 000 € en 2025, notamment au Sud-Liban (Saïda, Beiteddine, Jezzine, Tyr, Debel, Rmeich, …), avec une attention particulière portée aux écoles situées dans les zones touchées par les bombardements. La France appuie également les écoles chrétiennes du Sud à travers le réseau d'enseignement du français à l'étranger, qui compte 68 établissements homologués et 150 établissements labélisés.
Auteur : M. Stéphane Rambaud
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Ministère répondant : Europe et affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 19 novembre 2024
Réponse publiée le 10 février 2026