Protection des agriculteurs français
Question de :
Mme Catherine Rimbert
Vaucluse (5e circonscription) - Rassemblement National
Mme Catherine Rimbert attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire à propos de la situation préoccupante des agriculteurs français, confrontés à des blocages économiques et sociaux croissants. Malgré les avancées de la loi « Egalim » visant à rétablir un équilibre dans la chaîne de valeur agricole, de nombreux agriculteurs peinent encore à obtenir une rémunération juste et suffisante pour couvrir leurs coûts de production, ce qui engendre une précarisation croissante de ces acteurs essentiels à la souveraineté alimentaire du pays. Les mobilisations actuelles des agriculteurs témoignent de leur profond malaise face à des marges souvent jugées excessives par la grande distribution et les intermédiaires et à une volatilité des prix qui fragilise les exploitations, surtout en ces temps de réchauffement climatique. Ces difficultés économiques, combinées aux hausses des charges d'exploitation (énergie, engrais, etc.), mettent en péril non seulement les revenus des agriculteurs mais aussi l'attractivité de ce secteur. Mme la députée interroge Mme la ministre sur les mesures envisagées par le Gouvernement pour renforcer les dispositifs existants et garantir aux agriculteurs des prix couvrant leurs coûts réels de production. Elle souhaite également savoir si des actions spécifiques sont prévues pour réguler davantage les marges des intermédiaires et des grandes surfaces et ainsi soutenir de manière efficace les filières agricoles particulièrement exposées à la concurrence internationale. Enfin, elle lui demande quelles mesures pourraient être mises en œuvre pour encourager un dialogue équilibré entre producteurs, transformateurs et distributeurs et pour réaffirmer l'importance des circuits courts et des produits locaux dans les politiques agricoles, en cohérence avec les objectifs de souveraineté alimentaire nationale.
Réponse publiée le 2 décembre 2025
Le Gouvernement agit avec détermination pour améliorer les relations commerciales et renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur. À l'issue des États généraux de l'alimentation en 2017, le Gouvernement a annoncé une série de dispositions pour rééquilibrer les relations commerciales et améliorer la rémunération des agriculteurs. Ainsi, la loi n° 2021-1357 du 18 octobre 2021 visant à protéger la rémunération des agriculteurs, dite « EGALIM 2 », est venue renforcer les dispositions portées par la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dite « EGALIM », notamment en ce qui concerne l'amont agricole. Depuis le 1er janvier 2023, date à laquelle la loi EGALIM 2 est entrée pleinement en vigueur pour les relations commerciales agricoles à l'amont, la construction du prix des produits alimentaires doit se faire « en marche avant » à partir des coûts de production des agriculteurs. Ces coûts doivent être répercutés tout au long de la chaîne agroalimentaire, de la production jusqu'à la transformation et la commercialisation de ces produits. Ainsi, la conclusion d'un contrat écrit d'une durée de trois ans minimum pour la vente d'un produit agricole entre un producteur et son premier acheteur est désormais obligatoire. À l'aval, la loi impose la transparence du coût de la matière première agricole (MPA) qui compose les produits alimentaires et interdit que cette part de MPA fasse l'objet d'une négociation de prix de la part de l'acheteur. Le Gouvernement est très mobilisé pour assurer la pleine application de ce cadre législatif. L'application pleine et entière de la loi par l'ensemble des acteurs reste la meilleure garantie d'une juste rémunération pour les producteurs et de la souveraineté alimentaire. Un projet de loi reste en préparation pour parachever l'édifice EGALIM et rééquilibrer les négociations entre agriculteur, industriel et distributeur. Ces thématiques sont également discutées actuellement au niveau européen avec la proposition de la Commission européenne du 10 décembre 2024 qui aborde les sujets de contractualisation écrite avec la prise en compte des indicateurs de coûts de production pour une meilleure rémunération des agriculteurs ainsi que le sujet des circuits courts et locaux.
Auteur : Mme Catherine Rimbert
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire
Ministère répondant : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Dates :
Question publiée le 7 janvier 2025
Réponse publiée le 2 décembre 2025