Question écrite n° 3120 :
Harmonisation du coût de formation en kinésithérapie

17e Législature

Question de : Mme Sandrine Le Feur
Finistère (4e circonscription) - Ensemble pour la République

Mme Sandrine Le Feur alerte M. le ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur les coûts de formation des étudiants en kinésithérapie. À l'heure où les débats budgétaires vont reprendre afin de doter le pays d'un PLF et d'un PLFSS à part entière pour 2025, le moment est propice pour s'interroger sur les disparités importantes qui existent entre territoires en matière de formation en kinésithérapie. Ils sont 12 700 étudiants de cette discipline en France. Et, actuellement, devenir kinésithérapeute en France coûte à un étudiant entre 800 et 40 000 euros en fonction du statut de son école. Pourtant, ils n'ont pas toujours le choix de celle-ci. Ainsi, pour prendre l'exemple de la Bretagne, en Ille-et-Vilaine, les 370 étudiants de l'Institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) de Rennes déboursent 7 000 euros chaque année quand à Brest les étudiants ne payent que les frais universitaires, soit environ 200 euros par an. Dans le septième avenant conventionnel, les étudiants se sont vus promettre une harmonisation de leurs frais de scolarité avant le 1er janvier 2025. L'assurance maladie s'est également engagée à une compensation financière en cas de persistance des disparités. Ces intentions ne se sont à ce jour pas traduites en réalités. Il manque une ligne budgétaire pour les rendre opérante. En contrepartie, des mesures d'obligation d'installation en zones sous-dotées ont été consenties. Aujourd'hui, les contraintes d'installation s'imposent alors que les promesses quant à l'harmonisation des coûts de formation ne sont pas tenues. Le sentiment d'injustice est réel. Outre la situation des étudiants, le sujet impacte aussi l'accès aux soins en kinésithérapie, notamment dans les zones rurales, en décourageant les vocations. Elle lui demande s'il va prendre en compte ce sujet à l'occasion de la réécriture imminente des prochains textes budgétaires.

Réponse publiée le 25 août 2026

La formation des étudiants en masso-kinésithérapie est assurée par des Instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) répartis sur le territoire national. Il existe 54 IFMK en France : des IFMK publics, des IFMK privés à but non lucratif et des IFMK privés à but lucratif. Chaque IFMK est autorisé par le président du conseil régional après avis du directeur général de l'agence régionale de santé. L'article L. 4151-9 du code de la santé publique impose aux régions de financer les coûts pédagogiques des formations paramédicales lorsqu'elles sont délivrées par des instituts publics. En revanche, les régions, ayant compétence en la matière, n'ont pas l'obligation de financer les instituts privés, c'est une possibilité qui est laissée à leur appréciation, ce qui peut entraîner un report de charges sur les étudiants concernés, amenés à payer des frais de formation pouvant parfois être très élevés. Cette problématique des frais de formation sur les territoires n'est pas spécifique aux IFMK. Elle rejoint la question générale de l'accès à une offre de formation de qualité et à un coût raisonnable pour les étudiants, ainsi que les différents travaux menés par le ministère de la santé dans le cadre de l'universitarisation et de l'attractivité des formations paramédicales. Les instituts de formation privés étant libres de fixer des frais de formation complémentaires aux droits d'inscription, il est également important de travailler à une meilleure articulation des coûts de formation et des tarifs facturés aux étudiants paramédicaux afin de garantir et de promouvoir une offre de formation accessible sur les territoires, les régions ayant à ce titre un rôle fondamental.  C'est pourquoi le ministère de la santé mène également des travaux relatifs aux possibilités d'encadrement des frais de formation afin d'en limiter l'inflation. Cela nécessite un long travail de fond avec différents acteurs, nationaux et locaux, ne permettant pas de s'inscrire dans le calendrier budgétaire actuel.

Données clés

Auteur : Mme Sandrine Le Feur

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement supérieur

Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche (MD)

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Dates :
Question publiée le 14 janvier 2025
Réponse publiée le 25 août 2026

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