Prolifération du crabe bleu dans l'étang de Berre
Publication de la réponse au Journal Officiel du 20 janvier 2026, page 365
Question de :
M. Romain Tonussi
Bouches-du-Rhône (8e circonscription) - Rassemblement National
M. Romain Tonussi attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur la prolifération du crabe bleu dans l'étang de Berre et les menaces qu'elle fait peser sur l'activité économique locale des pêcheurs. Originaire d'Amérique du Nord, cette espèce invasive constitue un danger pour la biodiversité de l'étang, en s'attaquant aux autres espèces et en perturbant leur écosystème. Par ailleurs, les pinces robustes de ce crustacé endommagent les filets de pêche, causant des pertes matérielles significatives et fragilisant la viabilité économique des pêcheurs de la région. Bien que des études scientifiques et un programme de pêche pour réguler la population de cette espèce soient conduites par le groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre (GIPREB), les pêcheurs expriment une vive inquiétude face à l'aggravation de la situation et redoutent des conséquences irréversibles pour leur activité. Il lui demande donc quelles actions le Gouvernement envisage de mettre en œuvre pour contenir la prolifération du crabe bleu dans l'étang de Berre.
Réponse publiée le 20 janvier 2026
Par arrêté du 2 mars 2023, le crabe bleu américain (Callinectes sapidus) a fait l'objet d'une inscription sur la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Cette inscription interdit l'introduction de l'espèce dans les milieux naturels où elle n'est pas encore présente, mais autorise son transport et sa commercialisation. Observée dès 1962 dans l'étang de Berre, l'espèce a pour particularité de s'adapter à des milieux extrêmement variés. Elle constitue une menace importante pour la faune benthique littorale, mais aussi pour le matériel de pêche et pour le cheptel conchylicole, ce qui inquiète les producteurs de la façade méditerranéenne. Environ 80 pêcheurs sont potentiellement concernés par les conséquences de la propagation de cette espèce invasive dans l'étang de Berre. Le Gouvernement reste donc très vigilant quant à sa propagation, et met déjà à disposition des moyens financiers, au travers notamment du Fonds vert, pour lutter contre son expansion. Les crédits de ce fonds peuvent appuyer des projets visant à réduire les pressions sur la biodiversité au travers d'opérations de gestion et de destruction des espèces exotiques envahissantes capturées, en finançant par exemple l'acquisition de matériel adapté. Le ministère soutient également les mesures de gestion issues des plans d'action développés par les régions touchées. C'est le cas pour ceux mis en place par les Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Occitanie, ainsi que par la Direction de la mer et du littoral de Corse et l'Office de l'Environnement de Corse. Par ailleurs, une Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes a été définie en 2017. Dans le cadre de celle-ci, plusieurs actions sont prises pour améliorer le niveau de connaissances sur la répartition de l'espèce et sur sa dynamique. L'objectif est d'améliorer sa détection, de définir un protocole de surveillance et de lutter ensuite plus efficacement contre sa propagation, notamment grâce à des opérations « coup de poing ». Par exemple, en 2024, le syndicat mixte Gipreb (Groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre) et le comité régional des pêches ont mené un programme visant à suivre et réguler les populations de crabes bleus présents dans l'étang de Berre. Avec l'appui du Fonds vert, 40 actions de pêche ont ainsi pu être menées pour d'étudier les prises et mieux comprendre la dynamique de l'espèce dans l'étang. Des balises ont également été posées pour suivre les déplacements d'individus. En l'état des connaissances, une éradication complète de l'espèce apparaît peu réaliste. L'opportunité d'une commercialisation (à des fins alimentaires ou non alimentaires) fait actuellement l'objet de réflexions préliminaires, notamment avec les professionnels de la pêche.
Auteur : M. Romain Tonussi
Type de question : Question écrite
Rubrique : Aquaculture et pêche professionnelle
Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Ministère répondant : Mer et pêche
Renouvellement : Question renouvelée le 23 septembre 2025
Dates :
Question publiée le 4 février 2025
Réponse publiée le 20 janvier 2026