Rémunération des psychologues de la fonction publique
Question de :
Mme Josiane Corneloup
Saône-et-Loire (2e circonscription) - Droite Républicaine
Mme Josiane Corneloup appelle l'attention de Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la faiblesse de la rémunération des 16 000 psychologues de la fonction publique. À ce jour, ils débutent leur activité au sein de la fonction publique hospitalière avec une rémunération de 1 919 euros brut, à l'indice 390, comme les infirmiers à bac+3. À titre d'exemple, en 1995, l'indice de rémunération des psychologues était supérieur de 35 points à celui des IBODE, Puer, IADE et masseurs-kinésithérapeutes (indice 314). Aujourd'hui il est inférieur de 32 points (422) à celui de ces professions et même de 55 points à celui des IADE et sages-femmes. Ces écarts salariaux perdurent ensuite tout au long de leur carrière. La fonction publique hospitalière traverse une crise profonde avec de grandes difficultés de recrutement et de fidélisation des professionnels. La faiblesse du niveau de rémunération qui y est pratiqué participe à cette désaffection pour certaines carrières dans la fonction publique hospitalière. Les psychologues n'échappent pas à ce mouvement. Cette situation a pour effet de dévaloriser une profession qui souffre, ainsi, d'un manque de reconnaissance et de considération. De ce fait, elle a de plus en plus tendance à se détourner de l'hôpital public alors que, paradoxalement, les besoins sont croissants. À titre d'illustration, une étude de la DREES parue le 24 août 2023 révélait que près de la moitié des infirmières avait quitté l'hôpital ou changé de métier après dix ans de carrière à l'hôpital, en raison des faibles salaires, des conditions d'exercice et des volumes de travail. D'ailleurs, le très faible niveau de connaissance des mouvements, de la répartition et du nombre de psychologues dans la fonction publique hospitalière est à regretter. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il serait opportun d'adopter une politique salariale motivante et encourageante pour redonner du sens à l'activité des psychologues. Aussi, elle souhaite savoir quelles mesures salariales elle envisage de prendre et à quelle échéance, à l'égard des psychologues.
Réponse publiée le 10 mars 2026
La santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique. Sa prise en charge est une priorité du Gouvernement, qui s'appuie sur l'engagement de l'ensemble des professionnels impliqués, au premier rang desquels les psychologues. Les psychologues de la fonction publique hospitalière relèvent d'un corps de catégorie A. Ils exercent des missions essentielles dans l'accompagnement des patients, tant en établissement de santé qu'en structure médico-sociale. Leur cadre statutaire repose sur une grille dite « A-type », dont l'échelon terminal culmine à l'indice majoré 826, soit un niveau identique à celui des cadres supérieurs de santé. À titre de comparaison, d'autres professions de la filière soignante, comme les infirmiers en soins généraux, ergothérapeutes, orthoptistes ou manipulateurs en électroradiologie médicale, disposent d'une grille de fin de carrière inférieure, plafonnée à l'indice majoré 727. Dans un contexte d'évolution des besoins et d'exigence accrue en matière de prise en charge psychologique, le rôle des psychologues est pleinement reconnu. À ce titre, ils bénéficient du complément de traitement indiciaire, soit 229,81 euros bruts par mois, revalorisé à la suite des hausses de la valeur du point d'indice intervenues en juillet 2022 et juillet 2023. Plus largement, les psychologues, comme l'ensemble des agents de la fonction publique, sont concernés par les mesures générales de revalorisation mises en œuvre pour renforcer l'attractivité, la rémunération et la fidélisation : - +1,5 % de revalorisation de la valeur du point d'indice au 1er juillet 2023 ; - versement d'une prime exceptionnelle de 300 à 800 euros bruts au 2 semestre 2023 pour les agents percevant une rémunération inférieure à 3 250 euros bruts mensuels ; - rehaussement de 5 points d'indice pour tous les agents publics au 1er janvier 2024. Conscient des enjeux propres à cette profession, le Gouvernement entend poursuivre les échanges avec les représentants des psychologues pour accompagner l'évolution de leur place dans les établissements publics de santé et continuer à renforcer l'attractivité de cette fonction au service des patients.
Auteur : Mme Josiane Corneloup
Type de question : Question écrite
Rubrique : Fonction publique hospitalière
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 8 octobre 2024
Réponse publiée le 10 mars 2026