Déremboursement des tests antigéniques
Question de :
M. Corentin Le Fur
Côtes-d'Armor (3e circonscription) - Droite Républicaine
M. Corentin Le Fur interroge Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur un potentiel déremboursement des tests antigéniques de dépistage du covid-19. Depuis le début de la pandémie de covid-19, déclarée le 11 mars 2020, la propagation du virus a nécessité l'utilisation de nombreux tests antigéniques. Avant le 1er mars 2023, les tests RT-PCR et antigéniques étaient exceptionnellement pris en charge à 100 % par l'assurance maladie obligatoire, pour les personnes vaccinées sans prescription médicale. Depuis le 1er mars 2023, les tests antigéniques de dépistage de la covid-19 réalisés par les professionnels de santé ne sont plus remboursés qu'à 70 %, voire 60 % (selon le professionnel de santé réalisant le test) sauf pour les mineurs et les plus de 65 ans. Ces dernières semaines, la question d'un nouveau recul de cette prise en charge a été envisagée. Les tests antigéniques de dépistage du covid-19 pourraient ne plus être remboursés, selon un projet d'arrêté rendu public par l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO). Ce potentiel déremboursement interroge, surtout en période d'épidémies hivernales. Il lui demande donc de bien vouloir indiquer sa position en la matière.
Réponse publiée le 10 mars 2026
Le Gouvernement reste pleinement mobilisé pour assurer une réponse adaptée à l'évolution de la situation épidémiologique liée au virus SARS-CoV-2 ainsi que les autres virus saisonniers, tout en veillant à garantir la soutenabilité du système de santé et des finances publiques. Depuis le début de la crise sanitaire, des mesures exceptionnelles ont été mises en place afin de faciliter l'accès aux tests de dépistage de la Covid-19. Cette stratégie a permis de freiner la propagation du virus, d'identifier rapidement les cas positifs et de protéger les personnes les plus vulnérables. Dans ce cadre, la prise en charge intégrale par l'assurance maladie obligatoire des tests RT-PCR et antigéniques a constitué un outil central de gestion de l'épidémie. Depuis 2023, le ministère chargé de la santé a mis en place une approche dite « syndromique » devant les manifestations cliniques susceptibles d'évoquer une infection respiratoire aigüe, comme le Covid-19. Cette approche, qui repose sur l'application en population générale des gestes barrières pour limiter la transmission du Covid-19 et des virus saisonniers, dont la grippe, implique un retour à une stratégie de diagnostic et de dépistage habituelle et à une normalisation des indications prises en charge. Ainsi, en population générale, en présence de symptômes et en l'absence de facteurs de risque de forme grave d'infections respiratoires aigües, il n'est plus nécessaire de réaliser un test diagnostique de biologie moléculaire (RT-PCR ou équivalents), dès lors que les mesures barrières et de prévention à appliquer sont les mêmes, peu importe le virus en cause. Concernant les personnes à risque de développer une forme grave, le recours à un test RT-PCR du Covid-19 reste recommandé, pour confirmer le virus en cause et adapter la prise en charge, le cas échéant. Si les recommandations évoluent en tenant compte des avis du haut conseil de la santé publique notamment qui préconisent l'approche « syndromique », les tests du Covid-19 demeurent disponibles et remboursés, dans les conditions du droit commun. Ainsi, les tests RT-PCR de détection du Covid-19 seront toujours pris en charge par l'Assurance maladie. Une prescription médicale sera nécessaire pour permettre le remboursement, que le patient soit considéré à risque de développer une forme grave ou non. Les pharmaciens et les infirmiers pourront également continuer à réaliser des Tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) Covid en officine, tout comme fournir des autotests, à la demande des patients, mais ces derniers ne sont effectivement plus pris en charge par l'Assurance maladie depuis le 1er mars 2025. S'il est nécessaire de rester mobilisé face au Covid-19, et à ses formes longues, il apparaît néanmoins important d'ancrer la prévention et la gestion du Covid-19 dans un cadre habituel, reposant sur des dispositifs de droit commun. Par ailleurs, et dans le cas d'autres situations médicales comme celles rencontrées dans le cas d'angine, les TROD angine réalisés par les pharmaciens à l'officine sont pris en charge depuis juin 2024 et le demeurent : contrairement aux tests de dépistage du Covid-19, ils permettent d'indiquer à l'officine la prescription d'un antibiotique et participent à ce titre aux mesures de bon usage des antibiotiques et la lutte contre l'antibiorésistance.
Auteur : M. Corentin Le Fur
Type de question : Question écrite
Rubrique : Assurance maladie maternité
Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 11 février 2025
Réponse publiée le 10 mars 2026