Désengorgement du trafic routier à Rungis
Question de :
M. Vincent Jeanbrun
Val-de-Marne (7e circonscription) - Droite Républicaine
M. Vincent Jeanbrun attire l'attention de M. le ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur les difficultés croissantes de circulation routière dans la commune de Rungis, en lien avec l'activité intense du marché d'intérêt national. Cette situation entraîne des nuisances importantes : ralentissements quotidiens, insécurité routière et dégradation de la qualité de l'air. Il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour accompagner les collectivités dans la mise en œuvre de solutions concrètes de désengorgement, notamment via le soutien à des aménagements routiers adaptés aux enjeux du territoire.
Réponse en séance, et publiée le 18 juin 2025
DIFFICULTÉS DE CIRCULATION À RUNGIS
Mme la présidente . La parole est à M. Vincent Jeanbrun, pour exposer sa question, no 384, relative aux difficultés de circulation à Rungis.
M. Vincent Jeanbrun . J'ai l'immense honneur d'être le député de la circonscription où se trouve le marché international de Rungis. Comme son dynamique président aime à le rappeler, le marché de Rungis est le garde-manger de 15 millions de personnes, auxquelles il fournit des produits frais chaque jour. C'est un outil important, et même un enjeu stratégique majeur, dont nous demandons le maintien et le développement.
Je suis également le député des habitants de la ville de Rungis, dont le maire et la conseillère départementale se battent pour défendre la qualité de vie. Or dans ce petit territoire de 4,2 kilomètres carrés transitent à peu près 35 000 salariés chaque jour et 30 000 camions, jour et nuit. Les habitants de Rungis, comme d'ailleurs tous les acteurs économiques de cette zone, vivent un véritable enfer en matière de circulation.
S'il est évident que nous devons défendre un outil économique qui contribue à la richesse et à la souveraineté de ce territoire, il faut aussi penser à la qualité de vie des habitants qui sont tout autour. C'est pour cela que je vous interpelle aujourd'hui : pour que l'État prenne ses responsabilités et permette aux habitants d'aller et venir en toute quiétude, en délestant les axes routiers alentours, notamment les autoroutes, et en permettant aux acteurs économiques qui continuent à s'implanter et à se développer d'aller et venir de manière beaucoup plus fluide.
Ma question est simple : où en est l'étude de faisabilité promise depuis plusieurs années au sujet d'un possible délestage sur les autoroutes A6 et A86 ? Pouvez-vous, madame la ministre, recevoir le maire de Rungis, la représentante du département et le député que je suis ? Il importe que nous nous mettions autour d'une table avec les membres du gouvernement, les services de l'État et l'ensemble des acteurs institutionnels du territoire pour apporter enfin une réponse et des perspectives d'avenir aux habitants et aux acteurs économiques de Rungis.
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la ruralité.
Mme Françoise Gatel, ministre déléguée chargée de la ruralité. Je vous prie d'excuser Philippe Tabarot pour son absence. Je lui transmettrai votre demande de rencontre avec les élus du territoire, qui me paraît tout à fait pertinente. Vous pouvez compter sur moi.
Vous évoquez la situation de la circulation dans la commune de Rungis. Vous avez rappelé que ce marché alimente toute la France ; c’est aussi le plus grand marché de produits agricoles au monde. Chacun imagine la congestion que cela peut occasionner.
La priorité a été donnée aux opérations de modernisation du réseau routier dans le cadre du volet mobilités 2023-2027 du contrat de plan entre l'État et la région Île-de-France. La décongestion du réseau routier autour du marché d'intérêt national de Rungis n’a pas fait l’objet d’une demande particulière dans ce cadre. En revanche, le lancement d'études, consistant dans un premier temps en un diagnostic du secteur en matière de trafic pour identifier des solutions d'aménagement éventuelles, peut se poser dans le cadre d'une revoyure du volet mobilités.
L'État prête aussi une attention particulière au développement des nouveaux usages de la route, comme les voies réservées, qui permettent d'encourager la mobilité partagée et collective pour les particuliers – covoiturage, transports en commun – et de réduire éventuellement et de manière secondaire le nombre de véhicules, donc la congestion. En l'occurrence, dans le secteur de Rungis, Chevilly-Larue et L'Haÿ-les-Roses, un projet de voie réservée aux transports en commun sur l'A6, dans le sens province-Paris, est prévu et permettra de réduire leur temps de parcours et d'encourager leur utilisation.
Mme la présidente . La parole est à M. Vincent Jeanbrun.
M. Vincent Jeanbrun . Il est urgent que le maire de Rungis et moi-même puissions rencontrer les membres du gouvernement. Les voies réservées que vous évoquez auront probablement des vertus d'un point de vue écologique, mais je vous parle d'habitants qui sont littéralement prisonniers d'axes routiers surchargés. Ce sont des routes communales qui sont prises d'assaut par un trafic autoroutier et qui servent en réalité de voies de délestage, alors qu'elles ne sont pas dimensionnées pour cela.
Il faut venir en aide aux habitants, tout en maintenant le trafic lié à l'économie du marché de Rungis, car nous ne souhaitons absolument pas réduire la quantité de marchandises qui y circulent. Nous voulons autant de marchandises, mais sur des axes routiers dimensionnés pour leur circulation : d'où la nécessité de créer des voies de délestage sur l'A86 et l'A6 pour libérer les habitants de Rungis. Ils demandent seulement à avoir une qualité de vie normale et à pouvoir entrer dans leur commune et en sortir comme ils l'entendent. Or, à certaines heures du jour, ils ne le peuvent pas tant le trafic est dense autour de leur ville. Aidez-moi à les libérer, s'il vous plaît.
Auteur : M. Vincent Jeanbrun
Type de question : Question orale
Rubrique : Transports routiers
Ministère interrogé : Aménagement du territoire et décentralisation
Ministère répondant : Aménagement du territoire et décentralisation
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 10 juin 2025