Les lacunes et manquements du projet de programme EVARS
Question de :
M. René Lioret
Côte-d'Or (5e circonscription) - Rassemblement National
M. René Lioret attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, au sujet du programme EVARS. Le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) vise à aider les élèves à mieux comprendre leur corps, à appréhender la relation à l'autre et à se préparer à la vie affective et familiale. Cependant, plusieurs points suscitent aujourd'hui des interrogations importantes quant à l'équilibre et à la complétude de ce programme. En effet, aucune mention n'est faite du sens de la puberté, de la place de l'homme et de la femme, ni du rôle du couple, de la maternité ou de la paternité. Or ces sujets, intimement liés à la sexualité et à la préparation à la vie d'adulte, mériteraient d'être abordés de façon claire et bienveillante. Dans un contexte où les réseaux sociaux, certains influenceurs et divers activismes exercent une forte pression sur les adolescents, l'EVARS ne mentionne pas les risques majeurs pour la santé physique et psychologique que comportent les traitements hormonaux de transition et les bloqueurs de puberté (effets irréversibles sur la croissance, altération de la fertilité, etc.). De plus, présenter le genre comme indépendant du sexe biologique peut créer des confusions chez des adolescents en quête de repères et en pleine construction identitaire. Au regard de ces éléments, M. le député souhaite connaître les mesures qu'elle entend prendre pour rééquilibrer le programme EVARS, en intégrant davantage de contenus positifs sur la féminité, la masculinité, la parentalité et le couple ; renforcer la prévention autour de la pornographie ; et aborder de manière adaptée la question des bloqueurs de puberté et des hormones de transition, en signalant clairement les risques encourus. Dans le respect du principe de neutralité de l'école, il paraît indispensable que l'EVARS fournisse aux élèves des clés de compréhension solides et scientifiques et non idéologiques. Il souhaite connaître sa position sur ce sujet.
Réponse publiée le 28 octobre 2025
Le programme d'« éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité » (EVARS) publié au BO du 6 février 2025, se décline en deux volets : « l'éducation à la vie affective et relationnelle » à l'école maternelle et élémentaire et « l'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité » au collège et au lycée. Il s'inscrit dans une vision égalitaire et respectueuse, et en cohérence avec de nombreux textes internationaux (comme la convention des droits de l'enfant) et le cadre législatif français (notamment le code pénal). Le programme d'EVARS s'inscrit dans la démarche « École promotrice de la santé » qui promeut une approche positive de la santé en encourageant une vision respectueuse de soi et des autres, participant au développement de compétences psychosociales essentielles à la construction de la vie sociale. À partir du cycle 3, étant donné les changements induits par la puberté et le passage progressif de l'enfance à l'adolescence, l'éducation à la vie affective et relationnelle apporte aux élèves les éléments de connaissance et de réflexion leur permettant d'appréhender de manière éclairée les changements qu'ils constatent et éprouvent, tant pour ce qui concerne leur propre corps que celui des autres. À partir du cours moyen deuxième année (CM2), les élèves sont sensibilisés aux dangers de l'utilisation d'Internet, notamment au risque d'exposition involontaire à des images inappropriées en ligne, qui peuvent avoir des effets négatifs sur leur bien-être. À partir de la classe de seconde, l'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité apporte aux élèves les éléments de connaissance et de réflexion leur permettant de comprendre que les différences biologiques entre les femmes et les hommes ne déterminent pas à elles seules les expressions, les comportements et les rôles attribués aux genres « masculin » et « féminin ». À l'appui des études scientifiques, l'analyse des stéréotypes vise à permettre aux élèves de les reconnaitre et à prendre conscience qu'ils peuvent, même involontairement, contribuer à diffuser des préjugés sources de discriminations telle que définies dans le code pénal. Ces stéréotypes sont ancrés socialement et ce, dès le plus jeune âge. Les stéréotypes, notamment de genre, sont par ailleurs étudiés dans d'autres programmes, par exemple celui d'enseignement moral et civique. Cette étude contribue à la mission de l'École de transmission des valeurs de la République, dont l'égalité filles-garçons fait partie. Le programme d'éducation à la sexualité ne cherche donc pas à véhiculer une image négative sur la fémininité ou la masculinité mais encourage une vision égalitaire et respectueuse contribuant à ce titre à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Le programme n'incite en aucune façon à des changements d'identité de genre, mais favorise le respect des différences et la compréhension des droits individuels, contribuant ainsi aux politiques de lutte contre les discriminations liées à l'identité de genre, comme précisé dans la circulaire du 20 juin 2023. Le programme d'éducation à la sexualité s'inscrit dans une vision égalitaire et respectueuse et ne promeut aucune idéologie. Il définit une progression adaptée à l'âge et à la maturité des élèves, en différenciant, pour chaque niveau, les objectifs d'apprentissages et les notions et compétences à acquérir. Ce programme d'éducation voté à l'unanimité par le Conseil supérieur de l'Éducation est mis en oeuvre depuis la rentrée 2025.
Auteur : M. René Lioret
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 18 février 2025
Réponse publiée le 28 octobre 2025