Question écrite n° 4272 :
Situation préoccupante des effectifs policiers à Oyonnax

17e Législature

Question de : M. Marc Chavent
Ain (5e circonscription) - UDR

M. Marc Chavent alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la situation préoccupante des effectifs policiers à Oyonnax. Rien n'illustre mieux cette réalité que le fait que, sur 60 jours, la ville est restée sans patrouille de police durant 21 jours, exposant ainsi la population à une insécurité accrue et inadmissible. Lors d'une rencontre avec le syndicat de police Alliance au commissariat d'Oyonnax, il a été constaté une diminution alarmante des effectifs. En effet, si le commissariat comptait 44 personnels opérationnels en 2021, ils ne sont plus que 36 aujourd'hui et passeront à 35 dès le 1er mars 2025. Cette baisse compromet gravement la capacité des forces de l'ordre à assurer la sécurité des habitants et à lutter efficacement contre la délinquance. Le service du renseignement territorial est particulièrement touché, avec une réduction de deux agents à un seul, alors qu'il en faudrait au moins quatre pour répondre aux besoins en matière de lutte contre la radicalisation et l'économie souterraine. Un article de Valeurs Actuelles, datant du 22 janvier 2025 et intitulé « Entrisme islamiste, supérettes halal, école coranique, Bienvenue à Oyonnax, surnommée « Turcabad », décrivait l'emprise du communautarisme turc sur la ville. Si la lutte contre le trafic de drogue est une priorité nationale, Oyonnax ne paraît pas concernée. Il n'y aurait plus aucun agent dédié au traitement des affaires de stupéfiants. Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'un des dix plus gros trafiquants français est originaire de la ville et demeure très actif localement. Pendant ce temps, la ville de Dole, plus petite et confrontée à des problématiques moins complexes, bénéficie de 65 policiers sur le terrain. La police judiciaire est également en grande difficulté, avec seulement huit agents pour traiter 3 000 dossiers, contre 39 agents pour 8 000 dossiers à Bourg-en-Bresse. La surcharge de travail et la complexité croissante des procédures rendent ces postes peu attractifs, ce qui empêche leur renforcement. Face à cette situation critique, il apparaît indispensable d'augmenter les effectifs du commissariat d'Oyonnax et de lancer un appel ponctuel à candidatures spécifique pour renforcer ces services prioritaires. Les annonces de Mme la préfète concernant l'ouverture de cinq postes profilés à Oyonnax paraissent insuffisantes et inopérantes, puisque ces postes ne seront probablement pas tous ouverts et qu'ils peinent à trouver preneurs. Il lui demande donc quelles mesures concrètes il compte prendre pour renforcer durablement les effectifs policiers d'Oyonnax, garantir la présence continue de patrouilles, redonner au renseignement territorial les moyens de remplir ses missions et assurer un traitement efficace des affaires de stupéfiants et de criminalité organisée.

Réponse publiée le 8 septembre 2026

Renforcer la sécurité de nos concitoyens dans leur vie quotidienne, poursuivre la lutte contre la criminalité organisée et combattre les trafics de stupéfiants constituent une priorité pour le ministre de l'intérieur. La montée en puissance des dispositions de la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic a doté à cet égard les préfets et les forces de l'ordre de nouveaux outils. La loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST), adoptée à l'initiative du Gouvernement et promulguée le 18 août, va également donner aux forces de l'ordre des moyens renforcés de lutte contre la délinquance du quotidien. Une politique de sécurité efficace implique de disposer des moyens humains nécessaires. La circonscription de police nationale d'Oyonnax dispose d'un effectif de 54 agents, contre 52 à la fin de l'année 2023. Cette circonscription, dont la situation a été temporairement compliquée fin 2024 après le départ de plusieurs agents, a ensuite bénéficié de l'arrivée de 2 gardiens de la paix en mai 2025 puis de 5 autres policiers (dont 2 officiers de police judiciaire) en septembre. En cas de baisse des effectifs sur la voie publique, en raison d'une mobilisation sur d'autres missions, une patrouille de la circonscription de police nationale de Bourg-en-Bresse est déployée en renfort. La circonscription de police d'Oyonnax peut en effet s'appuyer sur les effectifs des services de la direction départementale de la police nationale (DDPN) de l'Ain, et sur ceux du service interdépartemental de police judiciaire du Rhône en matière de lutte contre la criminalité. La DDPN compte 269 agents, contre 257 fin 2023. Sa situation va continuer à faire l'objet d'un suivi attentif. Une attention particulière sera portée au recrutement des policiers adjoints et de réservistes opérationnels. Des actions sont menées dans l'ensemble du territoire pour améliorer et donc intensifier les procédures de recrutement et de formation des policiers adjoints et des réservistes. La mobilisation des forces de police produit des résultats. La circonscription de police nationale d'Oyonnax enregistre au cours des 5 premiers mois de 2026 une baisse de 16 % des atteintes aux biens et notamment une diminution de 39 % des vols avec effraction et de 74 % des vols de véhicules. Comme dans l'ensemble du territoire national, les violences physiques sont en revanche en augmentation et continuent donc de mobiliser totalement les forces de police. S'agissant de la lutte contre le trafic de stupéfiants, le travail d'initiative des policiers a permis d'enregistrer une hausse de 11 % des infractions à la législation sur les stupéfiants en 2025 et, malgré une légère baisse du nombre global d'infractions en la matière au cours des 5 premiers mois de 2026 (- 3%), l'engagement reste très fort, avec par exemple une hausse de 7 % du nombre d'amendes forfaitaires délictuelles en matière de stupéfiants dressées au cours de ces 5 premiers mois.

Données clés

Auteur : M. Marc Chavent

Type de question : Question écrite

Rubrique : Police

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Dates :
Question publiée le 18 février 2025
Réponse publiée le 8 septembre 2026

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