Inégalité salariale des enseignants suite à décrets
Publication de la réponse au Journal Officiel du 28 octobre 2025, page 8761
Question de :
M. Emmanuel Fernandes
Bas-Rhin (2e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire
M. Emmanuel Fernandes appelle l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'inégalité salariale dont sont victimes certains enseignants suite à l'application des décrets n° 2022-708 du 26 avril 2022 et n° 2023-729 du 7 août 2023. Ces décrets modifient les conditions de classement des lauréats des concours et prévoient une meilleure prise en compte des services réalisés en tant que contractuels de l'éducation nationale. Toutefois, leur application est limitée aux lauréats à partir de septembre 2022 ou 2023 en fonction des concours. Cette restriction entraîne une situation inéquitable : des enseignants ayant une ancienneté de service plus importante ne bénéficient pas des mêmes conditions de classement que leurs collègues ayant intégré l'éducation nationale après l'entrée en vigueur de ces décrets. Cette absence de rétroactivité entraîne des disparités salariales injustifiées et un sentiment de frustration chez de nombreux agents concernés. M. le député rappelle que ces décrets avaient initialement pour objectif de valoriser l'expérience de ceux ayant exercé auparavant dans des situations précaires. Toutefois, cette précarité ne concerne pas uniquement les lauréats de 2022. Aussi, il lui demande les mesures qu'elle entend prendre pour garantir une égalité de traitement entre tous les enseignants concernés par ces décrets, répondre aux attentes légitimes de reconnaissance d'enseignants impactés par cette situation et renforcer la reconnaissance de tous les parcours professionnels, y compris plus anciens, des agents de l'éducation nationale ; dans un contexte où il est de plus en plus difficile de retenir les enseignants dans l'éducation nationale, il est essentiel de restaurer leur confiance dans les politiques éducatives et de valoriser leur engagement au service de l'éducation et de la nation.
Réponse publiée le 28 octobre 2025
Le ministère chargé de l'éducation nationale a engagé un chantier d'ampleur en vue d'améliorer les règles statutaires de reprise des services lors de la nomination dans un corps enseignant, afin de diversifier les profils recrutés et d'offrir des secondes carrières attractives. En 2022, les modifications règlementaires ont porté sur l'amélioration de la reprise des services de droit privé pour les lauréats des troisièmes concours. Cette mesure a été étendue au 1er septembre 2023 aux lauréats issus des autres voies de concours (externe et interne). Certains lauréats des concours bénéficient également d'une reprise plus avantageuse de leurs services publics. Ces mesures concernent le classement à l'entrée dans un corps enseignant ou assimilé et non le déroulement de carrière qui s'ensuit. En effet, les dispositions des décrets n° 2022-708 du 26 avril 2022 et n° 2023-729 du 7 août 2023 constituent une mesure d'attractivité par le biais d'un nouveau classement plus favorable, et non une mesure de revalorisation des enseignants recrutés antérieurement. Sauf exceptions strictement encadrées, les dispositions règlementaires n'ont pas vocation à régir des situations juridiquement constituées et ne valent que pour l'avenir. Par ailleurs, selon une jurisprudence constante, un décret instituant des règles de reprise d'ancienneté et ne comportant pas de dispositions permettant d'en faire bénéficier les agents déjà en fonctions ne constitue pas une discrimination contraire au principe d'égalité de traitement des fonctionnaires d'un même corps (par exemple CE n° 260508, 10 décembre 2004, Syndicat national des infirmiers conseillers de santé). Aussi, seuls les lauréats des troisièmes concours (depuis le 1er septembre 2022) et les lauréats des concours internes et externes (depuis le 1er septembre 2023) d'accès à un corps régi par le décret n° 51-1423 du 5 décembre 1951 portant règlement d'administration publique pour la fixation des règles suivant lesquelles doit être déterminée l'ancienneté du personnel nommé dans l'un des corps de fonctionnaires de l'enseignement relevant du ministère de l'éducation nationale peuvent bénéficier de ces modalités de classement.
Auteur : M. Emmanuel Fernandes
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Renouvellement : Question renouvelée le 21 octobre 2025
Dates :
Question publiée le 25 février 2025
Réponse publiée le 28 octobre 2025