Question écrite n° 4537 :
Contribution versée par le ministère de l'Intérieur au FIPHFP

17e Législature
Question renouvelée le 21 octobre 2025

Question de : Mme Constance Le Grip
Hauts-de-Seine (6e circonscription) - Ensemble pour la République

Mme Constance Le Grip attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur l'impact budgétaire de la contribution versée par le ministère de l'intérieur au Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) au programme 176 Police nationale. Le FIPHFP, créé en 2005, vise à favoriser l'insertion et le maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique. Son action est essentielle, mais la contribution imposée à la police nationale représente une charge annuelle incohérente de 30 millions d'euros, pesant lourdement sur les finances du programme 176 Police nationale. Jusqu'en 2018, seuls les personnels administratifs, techniques et scientifiques (PATS) étaient pris en compte dans le calcul du taux d'emploi des travailleurs handicapés, tandis que les personnels actifs en étaient exclus, en raison des prérequis physiques et psychologiques stricts de leurs missions. Or, depuis 2018, l'intégration de ces effectifs actifs dans le calcul du ratio de 6 % a entraîné une impossibilité structurelle pour la police nationale de respecter cette obligation légale, sauf à recruter 40 % des PATS en situation de handicap - une solution irréaliste au regard des exigences opérationnelles de la police. Cette situation génère une distorsion budgétaire importante, limitant les moyens alloués à l'action sociale des policiers, notamment en matière de logement, de soutien aux familles et de prévention des risques psychosociaux. Pourtant, d'autres professions soumises à des exigences physiques similaires, comme les militaires de la Gendarmerie nationale, ne sont pas soumises à une telle contrainte. La Cour des comptes, dans sa note d'exécution budgétaire pour 2022, a souligné que cette pénalité constitue une ponction lourde et injustifiée, alors même que le ministère de l'intérieur mène des actions significatives en faveur de l'inclusion des travailleurs handicapés. Par ailleurs, ces sommes ne font l'objet d'aucune budgétisation en loi de finances initiale, ce qui nuit à la sincérité budgétaire du programme 176. Aussi, elle souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage de modifier par voie réglementaire les modalités de calcul de cette contribution, en revenant à la situation antérieure à 2018 et en excluant les personnels actifs du ratio imposé par le FIPHFP, afin d'assurer une répartition plus équitable des charges entre les administrations et de préserver les capacités d'investissement de la police nationale dans le soutien à ses agents.

Réponse publiée le 2 décembre 2025

Comme tout employeur public ou privé, le ministère de l'intérieur doit compter une proportion minimale de 6 % de personnes handicapées (bénéficiaires de l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés) dans son effectif rémunéré. Dans ce cadre, le ministère effectue chaque année, au titre de l'année précédente, une déclaration du nombre de bénéficiaires de l'obligation d'emploi auprès de l'établissement public dénommé « fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique » (FIPHFP). Lorsqu'un employeur public n'atteint pas la proportion minimale de 6 % de bénéficiaires de l'obligation d'emploi, il est tenu de s'acquitter de cette obligation en versant une contribution annuelle au FIPHFP, compensant l'insuffisance de bénéficiaires. La gendarmerie nationale n'est pas assujettie à l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés en raison du statut militaire de ses agents. En revanche, et dépit de leurs obligations en matière d'aptitude médicale, les policiers actifs sont pris en compte pour l'appréciation du respect du nombre de bénéficiaires de l'obligation d'emploi. Ils entrent donc dans l'assiette de calcul de la contribution au FIPHFP. Compte tenu de ces obligations d'aptitude, le seuil de 6 % est structurellement hors de portée pour la police nationale. Si certains handicaps apparus en cours de carrière sont compatibles avec l'aptitude attendue des fonctionnaires actifs de police, cela n'est cependant pas suffisamment significatif pour compenser l'insuffisance de bénéficiaires de l'obligation d'emploi parmi les policiers. Le programme 176 police nationale a ainsi procédé au versement des sommes suivantes au titre de sa contribution au FIPHFP : - en 2022 : 29,3 millions d'euros ; - en 2023 : 28,7 millions d'euros ; - en 2024 : 28,6 millions d'euros. Des réflexions sont en cours au ministère de l'Intérieur sur cette question de façon à ce que l'obligation d'aptitude et celle de recrutement de personnes en situation de handicap soient pleinement cohérentes.

Données clés

Auteur : Mme Constance Le Grip

Type de question : Question écrite

Rubrique : Police

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Renouvellement : Question renouvelée le 21 octobre 2025

Dates :
Question publiée le 25 février 2025
Réponse publiée le 2 décembre 2025

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