Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose
Question de :
Mme Julie Delpech
Sarthe (1re circonscription) - Ensemble pour la République
Mme Julie Delpech attire l'attention de Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la question de l'endométriose. L'endométriose, maladie gynécologique chronique encore trop méconnue aujourd'hui, touche une femme en âge de procréer sur dix et cause d'importantes douleurs et, pour environ 40 % d'entre elles, des problèmes d'infertilité. Les travaux d'élaboration de la stratégie nationale contre l'endométriose lancée par M. le ministre Olivier Véran en mars 2021 ont été une avancée majeure vers une meilleure reconnaissance de cette maladie mais il est aujourd'hui difficile d'en voir des effets concrets. En effet, Mme Chrysoula Zacharopoulou s'est vu confier en mars 2021 une mission d'élaboration d'une stratégie de lutte contre l'endométriose qui a donné lieu à plusieurs propositions pour une stratégie nationale. Celle-ci comprend un programme d'investissements massif sur cinq ans pour renforcer la recherche ou encore une proposition d'accès aux femmes souffrant de cette maladie à des filières territoriales spécifiques dans chaque région. Or plus de deux ans après cette mission, les conclusions de celle-ci peinent à se montrer. Le comité de pilotage mis en place en 2022 par M. Olivier Véran, bien que novateur, ne fait pas état de mesures significatives pour la lutte contre l'endométriose. L'endométriose est un sujet de santé publique majeur sur lequel il nous faut continuer de travailler et ce, de manière plus renforcée. Il est très important pour les femmes touchées par cette maladie, les soignants et tous les acteurs de l'écosystème d'observer des avancées significatives sur le sujet. Les personnes concernées de près ou de loin par la maladie se demandent quel en est le bilan et quelles sont les mesures envisagées suite à ce comité. Ainsi, elle lui demande de porter une attention particulière aux avancées qui seront envisagées lors du prochain comité de pilotage de lutte contre l'endométriose, notamment en établissant une feuille de route précise pour ces prochaines années et souhaite connaître les perspectives à ce sujet.
Réponse publiée le 10 mars 2026
L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique qui touche 1,5 à 2,5 millions de femmes en âge de procréer, soit environ 1 femme sur 10. Il s'agit d'un enjeu de santé publique et la stratégie nationale initiée par le Gouvernement constitue une réponse majeure pour améliorer la prise en charge et le quotidien des personnes qui en sont atteintes. Sa publication en février 2022 a permis d'annoncer des mesures ambitieuses, avec des moyens renforcés, en se fixant des objectifs de renforcement de la recherche, d'amélioration de l'offre de soins et d'accroissement des connaissances des professionnels et de l'ensemble de la société. La force de cette stratégie relève également de son caractère interministériel afin d'actionner l'ensemble des leviers nécessaires pour améliorer le quotidien des femmes dans leur vie professionnelle, scolaire, affective, sexuelle. Aujourd'hui, l'ensemble des ministères et acteurs institutionnels concernés sont pleinement mobilisés. La quasi-totalité des actions sont d'ores-et-déjà en cours de mise en œuvre ou réalisées. Le Gouvernement communique régulièrement sur les avancées de la stratégie lors des comités de pilotage qui se réunissent annuellement. Le dernier s'est tenu le 28 mars 2025 lors de la journée mondiale de lutte contre l'endométriose. A cette occasion, le Gouvernement a dressé un bilan actualisé de la mise en œuvre de la Stratégie (https://sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/endometriose-des-avancees-concretes-et-de-nouvelles-mesures-fortes-annoncees). Ainsi, on peut souligner que toutes les régions sont engagées dans la mise en place d'une filière endométriose, maillage territorial essentiel pour garantir un accès homogène aux soins, et que 5 régions ont finalisé leur organisation. Chaque femme présentant des symptômes ou adressée par un professionnel de santé pourra y trouver écoute et accompagnement par des équipes spécialisées, chargées d'améliorer la précocité des diagnostics, l'orientation des patientes ou encore la qualité des prises en charge, notamment de la douleur. 154 espaces vie affective, relationnelle et sexuelle répartis sur le territoire constituent des relais de repérage et d'orientation des femmes atteintes d'endométriose. L'endométriose est intégrée au nouveau carnet de santé de l'enfant, avec un dépistage prévu lors des consultations obligatoires. Une information systématique est également donnée lors des consultations de santé sexuelle jusqu'à 25 ans. Une campagne nationale de sensibilisation, lancée en 2024, continue de toucher le grand public via des supports de proximité et les réseaux sociaux. Tous les étudiants en médecine sont désormais formés à l'endométriose. Un MOOC dédié et des formations continues assurent également une montée en compétence des professionnels en exercice. Une trentaine de projets ont été présélectionnés dans le cadre du programme et équipements prioritaires de recherche, débouchant sur la formation de deux consortiums de recherche dédiés à l'infertilité et à l'endométriose. Parallèlement, l'étude EPI-ENDO, menée par l'institut national de la santé et de la recherche médicale, poursuit le croisement de données de plus de 200 000 femmes pour identifier des facteurs de risque. L'implication des services de l'Etat est donc totale pour répondre à l'enjeu de santé que représente l'endométriose et améliorer le quotidien des personnes qui en sont atteintes.
Auteur : Mme Julie Delpech
Type de question : Question écrite
Rubrique : Maladies
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 8 octobre 2024
Réponse publiée le 10 mars 2026