Le lancement de la grande concertation sur le temps scolaire
Question de :
M. Alexandre Allegret-Pilot
Gard (5e circonscription) - UDR
M. Alexandre Allegret-Pilot appelle l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur le projet de réforme des temps scolaires. La justification de cette réforme se fonde sur l'impact négatif des longues coupures estivales sur les élèves en difficulté. Selon Mme la ministre, ces interruptions prolongées entraînent des pertes de niveau, rendant nécessaire une réflexion sur l'organisation du temps scolaire à l'horizon 2026. Néanmoins, cette annonce suscite une vive inquiétude parmi les acteurs économiques du territoire, notamment pour les sites touristiques du Gard qui accueillent chaque année des millions de visiteurs et jouent un rôle crucial dans l'attractivité et le dynamisme économique du département. D'après la CCI, une diminution de la durée des vacances scolaires entraînerait une baisse du chiffre d'affaires des sites touristiques d'au moins 15 %. En effet, cette diminution occasionnerait une réduction de la fréquentation touristique pendant la période estivale, ce qui affecterait directement les commerces locaux, les hôteliers, les restaurateurs et les entreprises liées aux loisirs. Le Gard, avec ses espaces naturels et son patrimoine historique, repose sur un modèle de tourisme durable qui valorise l'accueil familial et les séjours prolongés. En réduisant la durée des vacances scolaires, la pression sur certains sites pendant les petites fenêtres de vacances risquerait de compromettre les initiatives de gestion durable et de préservation de l'environnement. Ainsi, dans un contexte où la compétitivité des territoires est un enjeu majeur, une telle réforme risquerait de fragiliser un secteur déjà éprouvé par des crises successives, allant ainsi à l'encontre des efforts collectifs entrepris pour dynamiser l'économie locale. Aussi, au regard du lancement de la « grande concertation sur le temps scolaire », il lui demande les mesures concrètes que le Gouvernement pourrait adopter pour permettre un accompagnement des élèves les plus fragiles - pendant les vacances scolaires - plutôt que de pénaliser l'ensemble des élèves et tout un pan de l'économie qui, pour certains département, constitue une ressource essentielle.
Réponse publiée le 28 octobre 2025
Le calendrier scolaire arrêté pour les années scolaires 2024-2025 et 2025-2026 tient compte des exigences légales et apporte une réponse globale et équilibrée aux enjeux et intérêts des différents acteurs intéressés par la concertation sur le calendrier scolaire. L'élaboration du calendrier scolaire vise d'abord à répondre au mieux aux intérêts des élèves et à leur permettre de bénéficier d'un rythme de travail efficace. Le but recherché par le ministère chargé de l'éducation nationale est aussi de parvenir à un équilibre entre les besoins des élèves, l'organisation de la vie familiale et les impératifs économiques et de sécurité routière. Le Conseil économique, social et environnemental a pour mission d'organiser une convention citoyenne dédiée aux temps de l'enfant au cours de laquelle sera notamment abordé le calendrier scolaire. Les délibérations et les travaux des citoyens sur ce sujet n'ayant pas encore eu lieu, il est trop tôt pour envisager les suites aux propositions formulées par cette convention. Pour autant, la recherche scientifique montre qu'une trop longue interruption des apprentissages scolaires nuit à la réussite des élèves les plus fragiles. C'est pourquoi, le ministère chargé de l'éducation nationale porte l'ambition d'offrir, notamment aux élèves issus des quartiers prioritaires de la politique de la Ville, des activités éducatives gratuites. Le dispositif « vacances apprenantes » se déploie ainsi dans tous les territoires et consiste à ouvrir les établissements scolaires pendant les congés scolaires et proposer aux élèves et à leurs familles, du CP à la terminale, un programme associant renforcement scolaire le matin et activités sportives et culturelles l'après-midi. S'adressant initialement aux seuls écoliers et collégiens scolarisés en réseau d'éducation prioritaire et résidant au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville, ce dispositif a été étendu en 2020 à tout le territoire et à tous les niveaux de scolarité. Sur l'année scolaire 2023-2024, plus de 234 000 élèves ont bénéficié d'au moins une action relevant de l'« école ouverte ».
Auteur : M. Alexandre Allegret-Pilot
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 4 mars 2025
Réponse publiée le 28 octobre 2025