Question au Gouvernement n° 493 :
Réforme des retraites

17e Législature

Question de : M. René Pilato
Charente (1re circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

Question posée en séance, et publiée le 19 mars 2025


RÉFORME DES RETRAITES

Mme la présidente . La parole est à M. René Pilato.

M. René Pilato . Affaire Benalla : le secrétaire général de l’Élysée, entendu sous serment par les sénateurs, leur ment. Gilets jaunes : Macron promet qu'il ne touchera pas à la retraite à 62 ans, qu'il prendra en compte les doléances exprimées par les citoyens, y compris la demande d'un référendum d'initiative citoyenne – mensonge !

Convention citoyenne : ses propositions devaient être reprises sans filtre. Mensonge !

Affaire des crèches privées : une ministre ment sous serment à l'Assemblée nationale !

École privée Notre-Dame de Bétharram : mensonges, à trois reprises, du premier ministre – c'est-à-dire vous ! – ici même !

Dans une république laïque, on n'est pas absous de ses mensonges en récitant un Notre père et trois Je vous salue Marie. Nous ne sommes pas en conclave. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Parlons-en, justement, du conclave sur les retraites, qui visait à renouer avec le dialogue social, bla bla bla ! Foutaises ! Vous vouliez simplement garder votre place. Les députés élus pour rompre avec la Macronie, connaissant tous les faits évoqués et qui, complices, ne vous ont pas censuré, ont trahi leurs électeurs ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Deux tiers des Français veulent la retraite à 62 ans (Mme Laure Lavalette s'exclame), en particulier ceux qui souffrent en fin de carrière et n'en peuvent plus d'aller mourir au travail. Pour toutes ces personnes, c'est un nouveau mensonge ! En Macronie, le respect de la parole donnée n'existe pas. Le pire de la politique est ce grand foutage de gueule, cette gouvernance par le mensonge, au plus haut sommet de l'État, qui déshonore la République, bafoue la démocratie et méprise les élus du peuple. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

Quinze mille personnes supplémentaires seront mortes avant d'arriver à la retraite, mais ce n'est pas votre problème, votre mission étant de protéger les plus fortunés. Ce conclave n'était qu'une arnaque. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Ma question est donc simple : proposerez-vous enfin au vote de l'Assemblée nationale l'abrogation de la réforme des retraites ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Sylvain Berrios . La réponse est non !

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre chargée du travail et de l’emploi.

Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du travail et de l’emploi . Nous n'avons de leçon à recevoir de personne en matière de démocratie sociale et de dialogue social. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR.) En effet, trois accords ont été signés ces derniers mois, qui portent sur l'assurance chômage, l'emploi des seniors et la représentation syndicale et professionnelle dans les entreprises.

Le premier ministre a lancé dernièrement une démarche totalement inédite. Il a d'abord sollicité l'expertise, qui est incontestable, de la Cour des comptes ; celle-ci a démontré que le régime français par répartition, qui est un bien commun, ne se porte pas bien. Il a ensuite demandé aux partenaires sociaux de se pencher sur tous les éléments de la réforme, en fixant pour seule condition un retour à l'équilibre dès 2030 – à défaut, monsieur le député, vous ne pourriez vous-même percevoir de pension lorsque vous serez à la retraite.

M. Fabien Di Filippo . Il faudra capitaliser !

Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre . C'est pourquoi nous devons absolument revenir à l'équilibre. Nous ne modifions pas les règles du jeu : nous laissons les partenaires sociaux travailler sereinement, selon un ordre du jour défini par eux et qu'ils continuent de suivre : ils abordent ainsi des sujets aussi variés que l'âge, la pénibilité, la situation des femmes, les carrières hachées, la gouvernance ou encore l'épargne retraite. Que cela vous plaise ou non, ils poursuivront ce travail et les règles du jeu, j'y insiste, n'ont pas changé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme la présidente . La parole est à M. René Pilato.

M. René Pilato . Nous, Insoumis, respectons notre serment et finirons par abolir cette réforme de malheur qui a volé deux ans de vie aux Français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)

Données clés

Auteur : M. René Pilato

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Retraites : généralités

Ministère interrogé : Travail et emploi

Ministère répondant : Travail et emploi

Date de la séance : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue dans le journal officiel le 19 mars 2025

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