Question de : M. Frédéric Maillot
Réunion (6e circonscription) - Gauche Démocrate et Républicaine

M. Frédéric Maillot appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur le secours périlleux et en montagne de La Réunion. En tant que territoire montagneux, le secours héliporté est un service fréquemment utilisé mais qui pose deux problématiques. D'une part, il y a un manque d'opportunité d'accès à la formation dans le département en raison des critères exigés notamment le fait de savoir skier et évoluer sur des massifs enneigés. En climat tropical, cela relève de l'impossible. D'autre part, sur l'île, il y a deux hélicoptères qui peuvent être employés pour le secours et qui appartiennent à la gendarmerie nationale. Mais, un seul hélicoptère vole par jour et celui-ci ne décolle qu'avec les membres du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) à son bord, ce qui est une situation inédite sur l'ensemble du territoire national. Aujourd'hui, les secours sont réalisés par les membres PGHM et les médecins du SAMU spécifiquement formés. Généralement, ces fonctionnaires sont sur l'île pour trois années avec donc un fort turnover. Il y a besoin que l'expertise se localise en permettant notamment à des jeunes sapeurs-pompiers réunionnais, dans le cadre de leur évolution professionnelle de s'orienter vers les secours héliportés mais hélas sans possibilité à ce jour. Les missions du secours en milieu périlleux et montagne (anciennement GRIMP) commencent quand les moyens traditionnels des sapeurs-pompiers sont inadaptés, insuffisants où leurs emplois s'avèrent dangereux en raison de la hauteur, de la profondeur ou du cheminement. Dès lors, une concurrence avec les secours de montagne s'opère et ce, en raison d'une inadaptation du dispositif spécifique d'organisation de la réponse de la sécurité civile du secours en montagne (DSO Montagne) et dans les différentes zones de montagne. La situation actuelle exige, et cela a été expérimenté suite au passage du cyclone CHIDO à Mayotte, qu'un hélicoptère de type H145 soit affecté sur l'Ile de La Réunion pour un renforcement des capacités et expertise en matière de sécurité civile et de réorienter les missions de l'hélicoptère de la gendarmerie qui sont à l'origine le maintien de l'ordre. Cet hélicoptère supplémentaire permettra également d'élargir les compétences des sapeurs-pompiers réunionnais qui pourront assurer pleinement leurs missions de secours en milieu périlleux, montagne et nautique. Il est à noter que l'action de l'État en mer repose en partie sur des moyens aériens privés, avec ce vecteur de la sécurité civile, l'État pourra couvrir un risque maritime dont le transit a été multiplié par deux ces dernières années et qui est en constante augmentation. Le risque climatique est également à prendre en compte, La Réunion depuis trois ans connaît un déficit pluvieux et des périodes de sécheresse à rallonge comme sur l'ensemble du territoire national, la capacité de bombardier d'eau du H145 serait un atout majeur dans la lutte contre les feux de forêts toute au long de l'année. A ceci s'ajoute l'intensification des cyclones nécessitant un renforcement des capacités logistiques tout en sachant que les autres départements d'outre-mer (hors Mayotte) disposent chacun d'un hélicoptère de sécurité civile avec beaucoup moins d'habitants. C'est la raison pour laquelle, dans le cadre de l'acquisition des 36 nouveaux appareils dédiés à la sécurité civile sur la période 2024 et 2028, il lui demande de faire évoluer cette situation en permettant à La Réunion d'accéder à un outil de travail plus que nécessaire qu'est un hélicoptère de sécurité civile de type Airbus H145 et une redéfinition des zones montagneuses et des compétences entre gendarmes et sapeurs-pompiers.

Réponse publiée le 29 juillet 2025

La flotte des hélicoptères de la sécurité civile fait actuellement l'objet d'un renouvellement progressif qui a débuté en 2024 et qui doit s'achever en 2029. Les nouveaux appareils H145 mis en service sont en effet plus puissants que ceux de la flotte précédente et sont, à ce titre, adaptés aux activités de secours en zone de montagne, et plus généralement au milieu périlleux. Le plan d'acquisition des H145 de la sécurité civile a été calibré pour permettre l'armement des bases hélicoptères et des détachements actuels. Une révision de l'implantation des bases de la sécurité civile, comme une diversification des modèles d'appareils plus polyvalents (hélicoptères multi-missions par exemple), pourrait faire l'objet d'études pour répondre aux enjeux du changement climatique, identifiés dans le Beauvau de la sécurité civile. Par ailleurs, les H 145 pourraient effectivement jouer un rôle de bombardier d'eau lorsque tous les tests en cours auront été validés. S'agissant justement des missions de lutte contre les feux de forêts, il convient de rappeler que le détachement annuel à la Réunion d'un Dash8, bombardier d'eau de la sécurité civile, durant les mois d'octobre à décembre, offre déjà, en réponse immédiate, une capacité de largage conséquente (10 tonnes d'eau ou de retardant). Il permet également un potentiel d'emport fret/passager pertinent lors d'une gestion de crise (événement climatique à l'instar du cyclone Chido). Par conséquent, si une réflexion devait être lancée à court ou moyen terme sur la cartographie des bases hélicoptères de sécurité civile, la question de la situation de la Réunion serait regardée avec attention au regard des caractéristiques de ce territoire ultramarin. Concernant le sujet du secours en montagne, les dispositions ORSEC spécifiques montagne fixent, sous la responsabilité du préfet, l'organisation départementale et le rôle de chacun de services. Le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques définit quant à lui les modalités de couverture opérationnelle des risques, dont les interventions en milieu périlleux, par le SDIS. Les sapeurs-pompiers de la Réunion sont ainsi formés selon les besoins opérationnels qui leurs incombent.

Données clés

Auteur : M. Frédéric Maillot

Type de question : Question écrite

Rubrique : Outre-mer

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Dates :
Question publiée le 18 mars 2025
Réponse publiée le 29 juillet 2025

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