Hausse préoccupante des actes antisémites dans les établissements scolaires
Question de :
Mme Michèle Tabarot
Alpes-Maritimes (9e circonscription) - Droite Républicaine
Mme Michèle Tabarot attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'augmentation alarmante des actes antisémites dans les établissements scolaires. En 2024, 360 incidents en lien avec le conflit israélo-palestinien ont été signalés dans le cadre scolaire, parmi lesquels une cinquantaine d'actes explicitement antisémites. Plus largement, l'année scolaire 2023-2024 a vu une explosion de ces faits, avec 1 670 signalements, contre environ 400 l'année précédente. Ce phénomène inquiétant soulève la question de la transmission des valeurs républicaines et de la lutte contre la haine au sein du système éducatif. Il est d'autant plus préoccupant que 42 % des auteurs identifiés de ces actes ont moins de 35 ans, ce qui met en lumière un défi majeur en matière de prévention et de sensibilisation dès le plus jeune âge. Compte tenu de l'augmentation des actes antisémites en milieu scolaire, elle souhaiterait connaître son avis sur les mesures qui pourraient être envisagées pour y faire face.
Réponse publiée le 18 novembre 2025
Face à la hausse des actes racistes et antisémites, la transmission des valeurs de la République et la protection des élèves et des personnels sont des priorités du ministère. La place des valeurs de la République a été renforcée dans les programmes scolaires. Les nouveaux programmes d'enseignement moral et civique, applicables depuis la rentrée 2024, font de la transmission des valeurs et principes de la République l'une des quatre grandes thématiques développées du CP à la terminale. Le vade-mecum « agir contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine » recense les contenus d'enseignement qui étayent cette transmission. L'engagement des élèves dans des projets et concours scolaires contribue à prévenir les actes racistes et antisémites en milieu scolaire. Ainsi, chaque année, de nombreuses classes sont engagées dans le concours national de la résistance et de la déportation, le prix Ilan Halimi porté par la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) ou encore le concours « nous autres » et mènent des projets dans le cadre de la semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme pilotée par la DILCRAH. Le ministère met en œuvre la mesure du plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine 2023-2026 qui prévoit l'organisation d'une visite d'un site de mémoire et d'histoire relatif aux questions de racisme et d'antisémitisme pour chaque élève durant sa scolarité. Le portail national Eduscol met à disposition des enseignants des ressources d'opérateurs ou de partenaires soutenus, notamment financièrement, par le ministère : la série des fondamentaux « le racisme, c'est pas sport », des ressources tirées de Lumni enseignement ou des partenaires du ministère (la ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, SOS racisme, le camp des Milles, le mémorial de la Shoah, le musée d'art et d'histoire du judaïsme ou l'association Coexist). Le ministère protège les élèves et les personnels et apporte des réponses fermes à toute atteinte aux valeurs de la République. La protection fonctionnelle est octroyée systématiquement et de manière immédiate à tous les personnels victimes d'agression physique ou menacés dans l'exercice de leurs fonctions. Le décret n° 2023-782 du 16 août 2023 a systématisé l'engagement d'une procédure disciplinaire en cas d'atteinte grave aux valeurs de la République. Elle s'accompagne, selon les situations, d'une action sur le plan pénal qui prend la forme soit d'un dépôt de plainte, soit d'un signalement au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Le plan ministériel pour la sécurité des élèves, des personnels et des établissements du 4 avril 2024 a été complété par le plan ministériel pour la tranquillité scolaire du 4 décembre 2024 qui repose sur trois priorités : protéger, apaiser et responsabiliser. Ainsi, 150 postes de conseillers principaux d'éducation et 600 postes d'assistants d'éducation supplémentaires ont été créés. Afin de venir en soutien aux équipes éducatives, les équipes académiques « valeurs de la République » apportent expertise et conseil, interviennent dans les établissements si nécessaire, assurent des actions de prévention et forment les personnels. Les équipes mobiles de sécurité sont également mobilisées pour apaiser le climat scolaire. Afin de renforcer la chaîne fonctionnelle de défense et de sécurité, le décret n° 2025-75 du 29 janvier 2025 a créé les services de défense et de sécurité académiques (SDSA) dont les missions et modalités de fonctionnement ont été précisées par l'instruction ministérielle du 19 mars 2025 publiée au BOENJS n° 13 du 27 mars 2025. Implanté dans chaque rectorat et dirigé par le directeur de cabinet du recteur, avec un correspondant dans chaque direction départementale des services de l'éducation nationale, le SDSA intègre dans ses missions la lutte contre les atteintes aux valeurs de la République et les actes racistes et antisémites afin d'agir de manière forte et unifiée, d'assurer la protection des personnels et des jeunes et de leur garantir un cadre sécurisé au service des apprentissages et du bien-être de tous.
Auteur : Mme Michèle Tabarot
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sécurité des biens et des personnes
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 18 mars 2025
Réponse publiée le 18 novembre 2025