Chute des effectifs scolaires et fermetures de classes en Charente
Question de :
Mme Caroline Colombier
Charente (3e circonscription) - Rassemblement National
Mme Caroline Colombier alerte Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la chute conséquente du nombre d'élèves dans les établissements scolaires charentais et les fermetures de classes et d'écoles que cette dernière entraîne. Les effectifs ne cessent de diminuer dans le département de la Charente, atteignant à la rentrée 2024, 24 298 élèves dans le 1er degré, soit un effondrement de plus 4 000 élèves, et 12 755 élèves dans le 2nd degré soit une chute de plus de 1 000 élèves en 10 ans. À cet effet, les projections des services départementaux de l'éducation nationale sont particulièrement inquiétantes pour les années à venir, avec en 2027 la possibilité de voir 11 collèges charentais avec un effectif inférieur à 250 élèves et 4 avec un effectif inférieur à 100 élèves. Depuis 2010, le département de la Charente a vu près d'une centaine de ses écoles fermer et des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) disparaître, eux qui faisaient pourtant la force du maillage scolaire et permettaient à chaque commune de faire vivre son école, ses commerces et ses services publics. Ces fermetures de classes et d'écoles à répétition plongent les habitants, les parents d'élèves et les élus du territoire dans le plus grand désarroi, d'autant qu'en 2019 le Président de la République Emmanuel Macron avait annoncé qu'aucune école ne fermerait sans l'aval du maire de la commune. Aussi, au regard de cette situation particulièrement alarmante, elle souhaiterait connaître les mesures que le Gouvernement compte prendre afin d'éviter les fermetures de classes et de maintenir un maillage territorial suffisant pour assurer un enseignement de qualité et de proximité à destination des élèves en milieu rural.
Réponse publiée le 28 octobre 2025
Le budget de l'éducation nationale reste le premier budget de la nation. Les moyens en emplois pour la rentrée 2025 ont été fortement réévalués, par rapport au projet de loi de finances déposé en octobre 2024, afin de répondre aux enjeux du système éducatif. Ainsi, la loi de finances pour 2025 prévoit un maintien global des emplois d'enseignants. Ce maintien global des moyens d'enseignement s'inscrit dans la perspective d'une année scolaire 2025-2026 qui sera à nouveau marquée par une diminution forte du nombre d'élèves de l'ordre de 92 700, poursuivant une tendance démographique observée depuis plusieurs années. Il est prévu une baisse de 80 800 élèves dans le premier degré public et de près de 11 900 élèves dans le second degré public. L'amélioration des taux d'encadrement se poursuivra donc en 2025 dans le premier degré public grâce à des suppressions de postes limitées à 470 emplois : le nombre d'élèves par classe va ainsi atteindre son plus bas niveau historique à moins de 21,1 élèves par classe en moyenne à la rentrée scolaire 2025 alors qu'il accueillait 23,2 élèves par classe en moyenne en 2017. La carte scolaire est avant tout un instrument de politique éducative que l'éducation nationale mobilise pour s'adapter à la réalité de nos territoires en constante évolution. C'est donc un travail continu qui est mené avec l'ensemble des parties prenantes de ces territoires pour que chaque élève dispose des meilleures conditions d'enseignement possibles. Il convient de préciser que d'une manière générale, les travaux de préparation donnent lieu à de nombreux échanges avec les élus locaux et ont lieu sur la base d'une appréciation fine et objective de la situation de chaque école et des spécificités de chaque territoire. Ce processus, initié dès septembre, se poursuit jusqu'à la rentrée scolaire suivante dans un dialogue continu avec les élus et un suivi très attentif des évolutions éventuelles d'effectifs. La répartition des moyens dans le premier degré tient notamment compte des critères territoriaux et sociaux de chaque académie, département, puis de chaque circonscription et de chaque école. À la maille la plus fine, celle de l'école, les temps de transport des élèves sont également pris en compte. Pour mieux répondre aux préoccupations exprimées par les élus locaux, en 2024, le dialogue et la coordination ont été renforcés en amont des conseils départementaux de l'éducation nationale (CDEN), dans le cadre de l'observatoire des dynamiques rurales, instance d'échange mise en place dans ces territoires pour donner de la visibilité sur les évolutions démographiques et en partager les implications potentielles pour la structure des écoles, dans une logique pluriannuelle. S'agissant spécifiquement du département de la Charente, la rentrée scolaire 2024 dans le premier degré public a été marquée, comme les dernières années, par une baisse des effectifs (512 élèves de moins). Une diminution de plus de 5 550 élèves sera enregistrée dans le premier degré public sur la période 2015-2027. Dans ce contexte de baisse démographique continue, près de 1 800 élèves de moins depuis 5 ans et une projection négative sur les 3 prochaines années de près de 1 300 élèves, les taux d'encadrement se sont nettement améliorés. Ainsi le nombre d'élèves par classe était de 20,6 à la rentrée 2024, légèrement très en deçà de la moyenne nationale (21,3), et a nettement diminué par rapport à la rentrée 2017 où il était de 22,4. Le département voit sa dotation d'emplois diminuer de 6 ETP (- 30 ETP pour l'académie) à la rentrée scolaire 2025. L'observatoire départemental des dynamiques rurales, particulièrement actif en Charente, a été élargi dès sa mise en place aux sénateurs et députés du département, sur décision conjointe du directeur académique des services de l'éducation nationale (Dasen) et du préfet. Face aux défis majeurs que représentent la baisse démographique importante, ainsi que les enjeux climatiques et énergétiques, une stratégie à moyen terme a été élaborée. Celle-ci vise à maintenir un service public de l'éducation à la fois de qualité et pérenne. Cette stratégie repose sur trois grands axes : structurel, qualitatif et centré sur l'ambition et la réussite des élèves. Sur le plan structurel, il s'agit de développer le nombre de pôles éducatifs territoriaux, afin d'assurer une offre scolaire et éducative durable et de qualité, de l'école au collège, dans des zones rurales fragiles. Lorsque cela n'est pas possible, des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) concentrés sont privilégiés. L'objectif est également de réduire les coûts de fonctionnement pour permettre la rénovation des écoles maintenues, dans une logique de transition énergétique et climatique, ce qui est accepté par bo nombre de maires. L'annonce du président de la République concernant la fermeture d'une école est toujours appliquée. Enfin, cette stratégie vise à renforcer les collèges ruraux les plus fragiles à court terme, en fidélisant les parcours scolaires grâce au développement d'écoles du socle. Sur le plan qualitatif, l'objectif est de constituer de véritables équipes pédagogiques, en limitant l'exercice professionnel isolé. Il s'agit également de créer des structures éducatives qui, par leur densité dans un territoire donné, deviennent attractives et rayonnent à travers un projet éducatif global. Une meilleure articulation entre les temps scolaire et périscolaire est recherchée, afin de mieux répondre aux besoins des familles. La scolarisation des fratries sur un même site constitue également un levier important d'attractivité pour les familles. Enfin, en ce qui concerne l'ambition et la réussite des élèves, il est nécessaire d'améliorer les conditions d'enseignement et d'accueil, notamment par la mutualisation des ressources pédagogiques et des compétences professionnelles. La stimulation entre pairs est favorisée par l'augmentation du nombre d'élèves par cohorte, ce qui permet de limiter les classes multi-niveaux à faible effectif. Il s'agit aussi de favoriser la continuité des apprentissages entre l'école et le collège, en renforçant notamment le cycle 3. Une attention particulière est portée à la prise en compte des besoins des élèves les plus fragiles.
Auteur : Mme Caroline Colombier
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 25 mars 2025
Réponse publiée le 28 octobre 2025