Question écrite n° 5322 :
Suspension du master Langues et cultures celtiques en contact de l'UBO

17e Législature

Question de : Mme Mélanie Thomin
Finistère (6e circonscription) - Socialistes et apparentés

Mme Mélanie Thomin alerte Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la récente décision de suspendre le master mention Langues et sociétés parcours Langues et cultures celtiques en contact (LCCC) de l'université de Bretagne Occidentale (UBO) de Brest, lors du conseil de l'UFR Lettres sciences humaines de l'université, qui s'est tenu le 27 février 2025. Ce master, unique en France, propose une formation bilingue (français-anglais) et interdisciplinaire, combinant l'étude des langues celtiques modernes et médiévales (breton, gallois, irlandais) avec des enseignements en linguistique, littérature et civilisation. Il permet de faire vivre le patrimoine linguistique et culturel, en le préservant et en le développant. Pourtant, au regard de considérations budgétaires, la pérennité du master LCCC est aujourd'hui remis en question. Cette fermeture du master LCCC s'inscrit dans un contexte de difficultés financières pour les universités, qui menacent leurs missions d'enseignement et de recherche. Malgré un budget de 26,7 milliards d'euros alloué à l'enseignement supérieur en 2025, incluant une augmentation de près de 200 millions d'euros, ces moyens supplémentaires demeurent insuffisants au regard des difficultés financières des universités, qui continuent à faire face à un déficit chronique. Dans ce contexte, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées le 11 mars 2025 à Brest, dans le cadre de la mobilisation nationale contre les coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur et la recherche, afin d'alerter sur la situation financière de l'UBO. Étudiants, syndicats étudiants et membres du personnel de l'université mobilisés ont demandé le maintien du master LCCC et ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'avenir des programmes celtiques. À cette fin, elle lui demande ce qu'elle envisage de faire pour pallier la chute des moyens dans l'enseignement supérieur et pour garantir le maintien de la diversité des formations, en particulier celles liées aux langues et cultures celtiques, afin de préserver ce patrimoine unique et vivant.

Réponse publiée le 20 janvier 2026

Conformément aux dispositions de l'article L. 711-1 du code de l'éducation, les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel bénéficient d'une autonomie pédagogique, scientifique, administrative et financière. À ce titre, les universités sont libres de définir leur politique de formation. L'article 1er de l'arrêté du 2 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master précise que les établissements sont également libres de la conception et de la mise en œuvre des formations. Les étudiants sont peu nombreux à candidater dans cette formation. Pour 20 places offertes en première année de master à la rentrée universitaire 2024-2025, seuls 27 candidatures avaient été reçues et 12 étudiants avaient accepté leur proposition d'admission. Il convient de noter également que l'université de Rennes 2 propose une formation similaire à celle délivrée à l'université Bretagne Occidentale (UBO), à savoir la mention Littératures, langues et civilisations étrangères et régionales, parcours breton et celtique. Cette formation, qui offre 13 places en première année, rencontre aussi des difficultés de recrutement. La fermeture de la formation proposée par l'UBO n'a pas entraîné de report significatif des candidatures vers Rennes. La formation délivrée à l'université de Rennes 2 a enregistré 15 candidatures en 2023, dont 12 ont été classées et 9 acceptées. En 2025, le constat est presque identique, avec 15 candidatures déposées pour 11 acceptations. Cette stabilité des effectifs témoigne de l'existence d'un vivier globalement très restreint pour ce type de formation. L'UBO peut ainsi décider de suspendre une formation inscrite à son offre. Elle demeure également libre de procéder à sa réouverture ultérieurement. S'agissant des moyens attribués aux établissements, le budget du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace s'élève en 2025 à 15,4 Md€ pour le programme 150 « Formations supérieures et recherche universitaire » dont relèvent les universités. La loi de finances initiale (LFI) 2025 s'élevait à plus de 247 M€ en crédits de paiement par rapport à 2024 et entérinait à la fois les mesures concernant les ressources humaines prévues par la loi de programmation de la recherche (LPR), notamment au titre de l'attractivité, et la compensation partielle de la hausse du taux de cotisation dans le compte d'affectation spéciale (CAS) « Pensions ».

Données clés

Auteur : Mme Mélanie Thomin

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement supérieur

Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace

Dates :
Question publiée le 25 mars 2025
Réponse publiée le 20 janvier 2026

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