Question orale n° 552 :
Lutte contre la mortalité périnatale

17e Législature

Question de : M. Philippe Bolo
Maine-et-Loire (7e circonscription) - Les Démocrates

M. Philippe Bolo interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la mortalité périnatale, de plus en plus fréquente chez les mères et les enfants. Les raisons sont connues : les femmes ont des enfants de plus en plus tard et, parmi les facteurs qui favorisent la moratilé périnatale, figurent l'âge de la grossesse, la santé des femmes et aussi parfois l'éloignement des maternités, sans que l'on sache quel paramètre domine. Il l'interroge en outre sur l'accompagnement des mères après la naissance dans leur gestion du baby blues ou dépression post natale.

Réponse en séance, et publiée le 4 février 2026

MORTALITÉ PÉRINATALE
Mme la présidente . La parole est à M. Philippe Bolo, pour exposer sa question, no 552, relative à la mortalité périnatale.

M. Philippe Bolo . Des événements du quotidien, attendus comme des moments de bonheur, peuvent soudain se transformer en drames et laisser des familles durablement meurtries. Tel est le cas de la mortalité périnatale, à la naissance ou au cours des premiers mois de l'enfant. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2024, les indicateurs de santé périnatale mettent en évidence une mauvaise performance de la France en comparaison de ses voisins européens.

Chaque année, plus de 2 800 enfants nés en vie décèdent avant leur premier anniversaire. En matière de mortalité maternelle, la France se situe tout juste dans la moyenne européenne. Les causes de ces drames humains sont connues. Il s’agit d’abord de facteurs de risques en progression : surpoids maternel, pratiques addictives et consommations à risque des femmes enceintes, grossesses plus tardives. S'y ajoute le manque d’accompagnement des mères après la naissance, notamment dans leur gestion des dépressions postnatales.

Ces facteurs de risques sont fortement aggravés pour les femmes issues de milieux précaires, et plus encore lorsque, en raison d'inégalités territoriales, la qualité des soins est insuffisante, la prévention défaillante et l’accompagnement parental limité.

L'accompagnement des mères après la naissance est en effet un facteur déterminant. Selon les données disponibles, près de 74 % des décès maternels post-partum seraient liés au suicide. La politique des 1 000 premiers jours avait pourtant identifié cet enjeu majeur et prévu une meilleure prise en charge des situations de détresse psychique des parents.

Face à ces constats et aux drames familiaux qu'ils révèlent, le gouvernement entend-il mettre en place une stratégie nationale de lutte contre la mortalité périnatale, dotée de moyens lui permettant d’atteindre très rapidement ses objectifs ?

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées . Ces dernières années, différentes études ont mis en lumière une évolution préoccupante de certains indicateurs de la santé périnatale. La France présente en la matière une surmortalité par rapport à la majorité de ses voisins européens. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont en légère augmentation depuis dix ans. Nous ne pouvons pas nier les fragilités de l'offre actuelle en périnatalité et leurs conséquences sur la morbi-mortalité maternelle et néonatale.

Des actions, notamment en matière de prévention, ont été engagées ces dernières années pour consolider les parcours périnataux. Je pense à l'accentuation du déploiement de l'entretien prénatal précoce, à la refonte du carnet de santé de maternité ou encore au renforcement de plusieurs dispositifs de dépistage. Nous avons également amélioré la sécurisation du suivi de grossesse et des accouchements en zone isolée, par le déploiement du dispositif Engagement maternité et le soutien aux centres périnataux de proximité.

Malgré les nombreuses initiatives locales, les stratégies pour sauver les maternités en difficulté montrent leurs limites. Nous devons aller plus loin pour renforcer les parcours de santé périnatale. C'est pourquoi je réunirai l'ensemble des acteurs de la périnatalité le 5 février, réunion à laquelle vous pourrez assister, si vous le souhaitez. Elle sera l'occasion de lancer des travaux pour renforcer et réviser les politiques publiques en la matière.

Il devient vital de renforcer nos connaissances et de comprendre les causes de la mortalité maternelle et infantile. La création du registre national des naissances y concourra. Nous devons aussi poursuivre nos actions en vue d'améliorer, sur l'ensemble du territoire, la qualité de la prise en charge dans le parcours périnatal, notamment pour les personnes en situation de précarité. Vous pouvez compter sur mon engagement pour faire aboutir ces travaux en y associant l'ensemble des acteurs de la santé périnatale.

Mme la présidente . La parole est à M. Philippe Bolo.

M. Philippe Bolo . Comment envisagez-vous de mobiliser l'ensemble des personnels soignants de sorte qu'aucune femme, quel que soit son parcours et les médecins ou spécialistes de la santé qui la suivent, n'échappe aux actions que vous mentionnez ? Il importe en effet que chaque femme bénéficie d'actions de prévention, de dépistage et d'accompagnement, afin d'infléchir la progression de ces situations.

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre.

Mme Stéphanie Rist, ministre . J'insiste sur l'importance de la recherche scientifique pour améliorer les connaissances et sur la nécessité de bien cibler nos actions. Nous devons agir partout, mais les travaux scientifiques vont nous permettre d'agir sur les cas les plus urgents. Il faut aussi associer les professionnels, parce que c'est grâce à eux que nous disposerons de solutions efficaces sur le terrain.

Données clés

Auteur : M. Philippe Bolo

Type de question : Question orale

Rubrique : Famille

Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 27 janvier 2026

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