Question orale n° 554 :
Situation des hôpitaux de Lot-et-Garonne

17e Législature

Question de : M. Guillaume Lepers
Lot-et-Garonne (3e circonscription) - Droite Républicaine

M. Guillaume Lepers interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation hospitalière en Lot-et-Garonne. En effet, lors des dernières vacances scolaires, les urgences des hôpitaux du département ont été régulées en raison d'un problème d'effectif alors qu'elles constituent souvent la dernière solution face au manque de médecins généralistes. Au-delà des soins d'urgence, de nombreux services des hôpitaux du département font face à un manque de personnel, dont celui de la pédiatrie comme au pôle de santé de la vallée du Lot de Villeneuve-sur-Lot. Cette situation est aggravée par l'absence de pédiatres libéraux dans cette partie du département. Or, si un territoire rural n'est plus en capacité de soigner ses enfants, c'est son avenir et son dynamisme qui sont compromis. De surcroît, la direction commune des hôpitaux du département fait face à de nombreuses contraintes pour gérer les établissements de soins. En effet, en plus d'une situation budgétaire plus que difficile, elle fait face à des difficultés administratives et bancaire pour implanter sur la commune de Fumel une cuisine centrale ; elle perd aussi du personnel soignant par le manque d'attractivité qu'impose le plafonnement des rémunérations. Tous ces éléments contribuent à dégrader l'offre de soins proposée en Lot-et-Garonne. Aussi, il souhaite, d'une part, savoir quelles solutions le Gouvernement envisage pour assurer une continuité des soins hospitaliers en Lot-et-Garonne, particulièrement pour les services d'urgence et en matière de soins pédiatriques. D'autre part, il souhaite savoir si le Gouvernement envisage de lever le plafonnement des rémunérations du personnel soignants dans les hôpitaux situés dans les déserts médicaux et comment il compte assurer l'équilibre financier desdits établissements.

Réponse en séance, et publiée le 4 février 2026

SOINS HOSPITALIERS DANS LE LOT-ET-GARONNE
Mme la présidente . La parole est à M. Guillaume Lepers, pour exposer sa question, no 554, relative aux soins hospitaliers dans le Lot-et-Garonne.

M. Guillaume Lepers . La situation des hôpitaux de Lot-et-Garonne se dégrade chaque jour davantage. Cela m'inquiète, comme cela inquiète les soignants et les habitants de notre département. Depuis quelques mois, le pôle de santé Vallée-du-Lot, qui intègre notamment l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot, s'est rapproché du centre hospitalier d'Agen-Nérac pour permettre plus d'efficacité et préserver l'offre de soins. Malheureusement, deux patients malades n'en font pas un en bonne santé – et le troisième, celui de Marmande, ne va pas très bien non plus.

La désertification médicale est une réalité vécue au quotidien par nos concitoyens dans des territoires comme le mien. Dans ma circonscription, près d'un tiers des patients n'ont plus de médecin traitant. Quel autre choix les habitants du territoire ont-ils que de se tourner vers l'hôpital, dernier lieu où l'on trouve encore quelques médecins ?

La défense des établissements hospitaliers n'est pas une posture, c'est une nécessité vitale. Nos hôpitaux sont le dernier recours, le dernier phare, mais ils sont confrontés à une crise du recrutement médical parce qu'ils ne disposent pas de leviers suffisants, notamment sur le plan financier.

Les rémunérations des praticiens hospitaliers sont plafonnées au même niveau partout. Et à rémunération égale, ils préfèrent souvent s'installer dans des secteurs plus attractifs, comme le littoral, ou dans de grandes agglomérations, où la pression est moindre puisque la médecine de ville est plus solide. Nous avons urgemment besoin de pouvoir disposer d'un critère financier différenciant, afin que, si les dynamiques locales ne suffisent pas, la rémunération puisse orienter le choix des médecins.

Grâce au travail conjoint de l'État, des ARS, les agences régionales de santé, et de l'assurance maladie, nous disposons de cartes très précises des zones sous-denses en médecine générale, avec un classement en fonction de la gravité de la situation. Ce dispositif ne pourrait-il pas être utilisé pour déterminer des zones où les établissements de santé seraient autorisés à verser à leurs praticiens un complément de rémunération ? Cela renforcerait leur attractivité, préserverait leur offre de soins et leur permettrait de continuer à répondre, tant bien que mal, aux besoins médicaux de la population.

Ce sujet est devenu, au fil des ans, une préoccupation majeure pour l'avenir de nos territoires. En effet, lorsqu'une famille n'a plus de médecin traitant, qu'elle doit faire 150 kilomètres pour voir un dermatologue ou un ophtalmologue et que le 15 est saturé, elle quitte le territoire. Nous avons besoin de réponses concrètes, fortes, immédiates, pour que la désertification médicale ne se transforme pas, demain, en désertification rurale.

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées . Vous m'interrogez sur la situation des hôpitaux dans le Lot-et-Garonne, un département rural confronté à une fragilité structurelle : sa démographie médicale. La régulation temporaire des urgences en période de tension des effectifs permet d'assurer la sécurité des patients et des soignants sans fermer ni renoncer. L'agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine soutient cette organisation avec les établissements et les équipes pour en garantir l'efficacité et l'adhésion, notamment à travers la coordination renforcée entre les services d'urgence, le Samu, le centre 15 et le service d'accès aux soins. Les pouvoirs publics, en liaison avec l'agence régionale de santé, surveillent également de près la pédiatrie au pôle de santé de Villeneuve-sur-Lot. Avec l'appui du centre hospitalier d'Agen et du Samu, des mesures adaptées ont été appliquées pour maintenir l'hospitalisation pédiatrique, sécuriser les prises en charge à risque et assurer la continuité des soins, surtout pour les plus jeunes.

Je sais quelles difficultés rencontrent nos hôpitaux, notamment sur le plan financier. C'est pourquoi, dans le dernier budget de la sécurité sociale, nous les avons soutenus à hauteur de 850 millions d'euros.

Au-delà de la situation de vos établissements, vous posez la question de la politique de l'accès aux soins. J'aurais du mal à la résumer en quelques minutes, puisque nous considérons que l'amélioration de l'accès aux soins dépend d'un ensemble de mesures : la coordination entre établissements et la graduation des soins ; la formation – la fin du numerus clausus a permis d'augmenter de plus de 20 % le nombre d'étudiants formés en médecine en deuxième année ; les mesures d'organisation dans le territoire et de coopération. Nous devons poursuivre le développement de la télémédecine – qui, dans notre pays, tarde à prendre toute sa place –, notamment dans les territoires les plus en difficulté, afin que l'expert arrive jusque dans le cabinet du médecin ou soit assisté par des infirmières.

En tout cas, l'État et l'agence régionale de santé, en liaison constante avec les élus, les établissements et les professionnels, s'engagent pour maintenir une offre de soins de proximité sécurisée et adaptée dans votre territoire.

Mme la présidente . La parole est à M. Guillaume Lepers.

M. Guillaume Lepers . Vous n'avez pas répondu à ma question concernant la possibilité d'appliquer des critères différents de rémunération dans des zones sous-dotées comme les nôtres, afin d'attirer plus de médecins et d'éviter les éventuelles fermetures.

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre.

Mme Stéphanie Rist, ministre. Pardon d'avoir omis cette partie. Il existe déjà des incitations financières suivant les zones. Croyez dans mon engagement à travailler sur ces zonages avec les élus.

Données clés

Auteur : M. Guillaume Lepers

Type de question : Question orale

Rubrique : Établissements de santé

Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 27 janvier 2026

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