Installation d'une brigade de gendarmerie à Pélissanne
Question de :
M. Romain Tonussi
Bouches-du-Rhône (8e circonscription) - Rassemblement National
M. Romain Tonussi interroge M. le ministre de l'intérieur sur l'installation d'une brigade de gendarmerie à Pélissanne, conformément à l'annonce faite par le Président de la République le 2 octobre 2023. Cette installation tardant, malgré les promesses du prédécesseur de M. le ministre d'accélérer sur ce sujet, il lui demande où en est le ministère dans la mise en œuvre de cette décision, au regard des besoins sécuritaires majeurs dans le département des Bouches-du-Rhône.
Réponse en séance, et publiée le 4 février 2026
BRIGADE DE GENDARMERIE DE PÉLISSANNE
Mme la présidente . La parole est à M. Romain Tonussi, pour exposer sa question, no 576, relative à la brigade de gendarmerie de Pélissanne.
M. Romain Tonussi . Monsieur le ministre de l'intérieur, en octobre 2023, le président de la République annonçait en grande pompe la création progressive de 238 nouvelles brigades de gendarmerie d'ici à 2027. Cette annonce devait être une réponse à la dégradation continue des indicateurs de sécurité, notamment à l'explosion du nombre d'atteintes aux personnes.
Un an et demi plus tard, les chiffres publiés pour l'année 2025 devraient nous permettre de tomber d'accord sur un constat : en France, l'insécurité n'est pas seulement un sentiment, elle est une réalité – et cette réalité frappe avec une violence particulière certains territoires, dont le mien, le département des Bouches-du-Rhône. Le narcotrafic nous frappe de plein fouet ; c'est une métastase qui se répand dans les quartiers, contamine les zones périurbaines, finance la délinquance violente, installe une logique de terreur et pose un défi permanent à l'autorité de l'État.
Face à cette menace globale, nos forces de sécurité intérieure font preuve d'un dévouement exemplaire. Toutefois, elles ne sont pas encore dimensionnées pour reprendre durablement le contrôle du terrain. Oui, la guerre contre le narcotrafic doit être menée, mais elle doit l'être à fond.
Parce que cette guerre suppose évidemment des outils répressifs renforcés, une justice qui puisse suivre le rythme, une protection réelle des forces de l'ordre et, naturellement, des moyens matériels adaptés, nous avons soutenu, en juin dernier, la loi contre le narcotrafic. Elle suppose aussi, et peut-être surtout, une présence humaine visible et permanente sur le terrain. C'est précisément le rôle des brigades de gendarmerie, qui doivent mailler nos territoires de la manière la plus serrée qui soit. Le plan de renfort annoncé en 2023 avait été salué par les habitants de ma circonscription. L'attente ainsi créée appelle de l'intransigeance et nous ne transigerons pas : ces promesses doivent être tenues, on ne peut pas décevoir les Français en la matière.
Les chiffres présentés dans le budget pour 2026 sont toutefois préoccupants : le schéma d'emplois prévoit 400 équivalents temps plein supplémentaires (ETP), alors que 456 seraient nécessaires pour permettre l'ouverture des 58 brigades annoncées cette année ; d'ici à 2027, ce sont 1 145 ETP qui doivent impérativement être ouverts pour atteindre l'objectif des 238 brigades supplémentaires. Convenez que le compte n'y est toujours pas. Chacun comprend que les difficultés s'accumulent.
L'annonce de nouvelles brigades de gendarmerie avait suscité un réel espoir à travers le pays, en particulier à Pélissanne, dans ma circonscription. Depuis, nous regrettons le manque de communication avec les acteurs de terrain – comme le manque de visibilité qu'elle entraîne. Pendant ce temps la délinquance, elle, continue de progresser ; elle s'enracine, de même que le sentiment d'abandon chez nos concitoyens.
On ne peut pas annoncer plus de sécurité puis couper l'image et le son. Ma question est donc simple et appelle naturellement une réponse précise : quand la brigade de gendarmerie de Pélissanne sera-t-elle opérationnelle, et avec quels effectifs ? Les habitants de ma circonscription n'attendent plus des annonces mais des actes. Ils attendent que l'État reprenne pied.
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.
Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur . Le président de la République a en effet annoncé la création de 239 nouvelles brigades de gendarmerie d'ici à 2027, réaffirmant ainsi l'engagement de l’État à renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire. En 2024, 80 premières brigades ont été créées dans soixante-quatre départements métropolitains et huit départements ou collectivités d'outre-mer. S'agissant du département des Bouches-du-Rhône, la brigade territoriale mobile de Saint-Andiol est opérationnelle depuis juillet 2024.
Il est impératif que le maillage territorial de la gendarmerie réponde aux attentes prégnantes de la population et s'adapte aux évolutions de la délinquance et de la criminalité. C'est pourquoi, malgré le contexte budgétaire contraint et qui n'a pas permis l'attribution d’effectifs supplémentaires dans le cadre de la loi de finances pour 2025, un effort significatif a été consenti pour que le projet de loi de finances pour 2026 prévoie les effectifs nécessaires à la création de 58 brigades de gendarmerie supplémentaires.
La création de la brigade de Pélissanne n'a pas été programmée en 2026 car la priorité a été donnée à ceux des départements qui n'avaient pas encore bénéficié d'une création en 2024. Cela n'enlève rien au fait que les besoins sécuritaires dans les Bouches-du-Rhône sont au cœur des préoccupations du ministère de l'intérieur et que nous entendons y répondre.
Auteur : M. Romain Tonussi
Type de question : Question orale
Rubrique : Gendarmerie
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 27 janvier 2026