Vols de pièces automobiles : fléau marseillais
Question de :
Mme Monique Griseti
Bouches-du-Rhône (1re circonscription) - Rassemblement National
Mme Monique Griseti attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur le vol de pièces détachées de véhicules terrestres à moteur en France et plus spécialement à Marseille. La voiture est un bien de première nécessité pour une majorité de Français. Un bien indispensable pour leurs activités professionnelles ou plus généralement dans leurs vies quotidiennes, familiales. Et malheureusement un véritable marché souterrain des pièces détachées existe à Marseille et donc le vol de ces dernières est quasi-quotidien à Marseille. En 2024, sur Paris, Lyon et Marseille c'est 96 200 vols d'accessoires de voitures. Ces vols impactent la sécurité et la quiétude des Marseillais mais également leurs finances ; Marseille est la ville où l'assurance-auto est la plus onéreuse. Elle lui demande quels sont les moyens qu'il compte mettre en place pour lutter efficacement contre le marché illégal des pièces automobiles et donc assurer aux citoyens que leurs biens sont en sécurité dans le pays.
Réponse en séance, et publiée le 4 février 2026
VOL DE PIÈCES AUTOMOBILES À MARSEILLE
Mme la présidente . La parole est à Mme Monique Griseti, pour exposer sa question, no 577, relative au vol de pièces automobiles à Marseille.
Mme Monique Griseti . Si Marseille est, hélas, considérée comme la capitale du narcotrafic, je souhaite également attirer votre attention sur un autre phénomène préoccupant : le vol de pièces détachées de véhicules. La voiture est un bien de première nécessité pour une majorité de Français, indispensable à leur activité professionnelle, ou plus généralement dans leur vie quotidienne, familiale. Les voitures sont donc des biens attractifs, y compris pour des individus mal intentionnés : voyant là un moyen de générer du profit, certains endommagent les véhicules d'autrui pour en démonter certaines pièces, si bien qu'un véritable marché parallèle illégal s'est développé, dont le contrôle échappe aux pouvoirs publics.
En 2024, le ministère de l'intérieur a recensé plus de 130 000 vols de véhicules ainsi qu'une hausse de 4 % des vols d'accessoires, portant leur nombre à plus de 96 200. Ces infractions touchent particulièrement les grandes agglomérations comme Marseille, Paris et Lyon, pour un coût estimé à près de 600 millions d'euros. En 2025, les services du ministère ont constaté une légère diminution de ces infractions – mais légère seulement.
Marseille est la ville de France la plus touchée par les vols de pièces automobiles, avec plus de 6 000 faits recensés. Nombre de nos concitoyens subissent les conséquences de l'essor de ce marché illégal. Des particuliers découvrent leur véhicule dépouillé de certains équipements au moment de se rendre au travail ou d'accompagner leurs enfants à l'école. Les professionnels de l'automobile en pâtissent également, car leur image peut être injustement mise en cause lorsqu'ils sont soupçonnés de tirer profit de cette économie souterraine. Le phénomène, devenu quasi quotidien à Marseille, y a également des répercussions économiques majeures : en 2026, la prime moyenne d'assurance automobile atteindra 1 164,26 euros, soit une hausse de 4,78 % par rapport à 2025, faisant de Marseille la ville la plus onéreuse de France pour assurer son véhicule.
Ces vols répétés entretiennent l'insécurité et affectent le portefeuille des Marseillais. Ceux qui profitent du marché souterrain des pièces détachées handicapent les habitants de la ville et les appauvrissent. Quelles mesures concrètes envisagez-vous afin de lutter efficacement contre le marché illégal des pièces automobiles et de garantir à nos concitoyens la sécurité de leurs biens sur le territoire national ?
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.
Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur . Les vols liés aux véhicules, parce qu'ils touchent à la vie quotidienne, font effectivement partie de ces événements qui exaspèrent nos concitoyens et qui peuvent les pénaliser. Nous touchons là au cœur de la sécurité du quotidien, dont le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez et moi-même avons fait une priorité. Pour faire reculer ce type de phénomènes au niveau national, nous poursuivons les efforts engagés depuis 2017 pour maximiser la présence et la visibilité des forces de l'ordre sur la voie publique. Des plans d'action départementaux de restauration de la sécurité du quotidien, dont l'objectif est de déployer, au bon moment et au bon endroit, une présence policière orientée et ciblée, traduisent ces efforts.
La situation que vous identifiez correspond souvent à de phénomènes sériels, commis par des groupes relevant de la criminalité organisée, soit le haut du spectre, raison pour laquelle les actions pour y remédier sont menées notamment par l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), rattaché à l'unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie nationale.
À Marseille, les policiers sont mobilisés, notamment pour lutter contre les activités commerciales illicites et les vols de véhicules et d'accessoires. Très concrètement, cela se traduit par exemple par le développement d'opérations dites Jumbo, organisées dans des secteurs très précisément choisis en sorte de cibler certaines professions réglementées – sont notamment visés des garages et des casses automobiles. Reste qu'avec un peu plus de 4 000 faits en 2025, le nombre de vols d'accessoires sur véhicules a bel et bien augmenté de 14 % dans la circonscription de police nationale de Marseille. C'est pourquoi nous continuerons d'agir sans relâche, sachant qu'en parallèle, l'an passé, le nombre de vols de véhicules a reculé de 11 % et celui des vols dans les véhicules de 8 %, ce qui n'est pas négligeable.
Enfin, dans ce combat, l'État doit pouvoir compter sur l'engagement total de la ville, qui implique l'usage de la vidéoprotection et le travail de la police municipale – autant d'atouts indispensables au continuum de sécurité dont nous avons absolument besoin.
Mme la présidente . La parole est à Mme Monique Griseti.
Mme Monique Griseti . Je vous remercie pour votre réponse. À Marseille, dans ma circonscription, nous manquons d'agents de la police nationale et de policiers municipaux : deux équipages de police tournent dans cinq ou six arrondissements. La ville est en outre devenue une casse à ciel ouvert. Les petits accessoires ne sont pas les seuls visés par les voleurs. Ils enlèvent aussi des roues, des pare-chocs, des démarreurs, appauvrissant et compliquant la vie des habitants. J'espère que vous ferez le nécessaire pour que les effectifs augmentent. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Auteur : Mme Monique Griseti
Type de question : Question orale
Rubrique : Sécurité des biens et des personnes
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 27 janvier 2026