Santé mentale des jeunes
Publication de la réponse au Journal Officiel du 3 février 2026, page 1009
Question de :
Mme Constance de Pélichy
Loiret (3e circonscription) - Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Mme Constance de Pélichy interroge M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur les opérations qu'il entend donner à la grande cause nationale 2025 qu'est la santé mentale, notamment s'agissant des jeunes. Le Gouvernement de M. Bayrou a repris à son compte la grande cause du gouvernement de M. Barnier, ce dont tous se réjouissent, tant l'épidémie des pathologies liées à la santé mentale est préoccupante, notamment chez les plus jeunes. Qu'il s'agisse des troubles du comportement alimentaire, de dépression ou de phobie scolaire, la prévalence de ces troubles n'a jamais été aussi élevée chez les adolescents. Selon les pédopsychiatres les causes sont multiples : l'isolement induit par les réseaux sociaux, l'éco-anxiété, ou encore l'inquiétude dans un climat international et économique incertain. Ainsi, quelles vont-être les déclinaisons opérationnelles de cette grande cause dans les territoires ? Comment faire en sorte que le milieu scolaire soit plus accueillant et inclusif pour les élèves atteint par des pathologiques mentales lourdes ? Comment mieux détecter ces maladies en milieu scolaire ? Comment accompagner au mieux les parents dans ces parcours infiniment difficiles ? Elle souhaite connaître ses intentions à ce sujet.
Réponse publiée le 3 février 2026
La santé mentale des enfants et des jeunes a été érigée en priorité depuis 2018 et l'action publique en la matière se structure autour de différents plans et stratégies traitant de cette thématique : feuille de route santé mentale et psychiatrie, enrichie des mesures des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie de septembre 2021 et des Assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant de mai 2024, de la stratégie des 1 000 premiers jours et de financements via deux appels à projets distincts. Le champ de la santé mentale des jeunes a ainsi fait l'objet de nombreuses mesures de soutien, tant sur le plan financier qu'organisationnel. Ainsi, si l'on s'en tient aux seuls financements de la psychiatrie, ceux-ci ont été considérablement augmentés ces dernières années. En effet, l'objectif de dépenses de l'Assurance maladie correspondant aux activités de psychiatrie était de 9 milliards d'euros en 2020. Il s'élève désormais à 12,8 milliards d'euros en 2024, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2020. Pour 2025, les dotations de psychiatrie progressent de 3,6 %, soit plus de 458 M€ de ressources supplémentaires par rapport à 2024, dont 105 M€ de mesures nouvelles ciblées notamment : - les mesures relevant des Assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant, avec 55 M€ dédiés au renforcement de l'offre de pédopsychiatrie ; - les mesures relevant de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement ; - le financement de dispositifs ciblés comme les équipes mobiles psychiatrie précarité, le dispositif VigilanS ou le déploiement du volet psychiatrique du service d'accès aux soins ; - le financement du nouvel appel à projets du Fonds d'innovation organisationnelle en psychiatrie (FIOP). Ces financements ont permis de soutenir l'activité des établissements sur les territoires, en déclinaison des priorités définies par le ministère. Dans le cadre de la réforme du financement de la psychiatrie, une surpondération des financements pour les mineurs est mise en place. Ainsi, depuis 2018, la répartition des crédits objectif national de dépenses d'assurance maladie en psychiatrie entre les régions prend en compte le critère de surpondération des mineurs (à hauteur de 2,35), ce qui permet d'orienter prioritairement les moyens vers les régions ayant des besoins majorés de prise en charge en pédopsychiatrie. Au-delà de cette clé de répartition des crédits, de nombreuses actions ont été menées et ont vocation à se poursuivre pour renforcer l'offre de prise en charge psychiatrique à destination des enfants et adolescents (renforcement des maisons des adolescents et des centres médico-psychologiques-Enfants et Adolescents). Un Appel à projets (AAP) annuel dédié au renforcement de l'offre en psychiatrie périnatale, de l'enfant et de l'adolescent a été créé en 2019, afin de renforcer les capacités de prise en charge et d'améliorer l'accessibilité et le parcours de soins, incluant la transition vers l'âge adulte. Sur le sujet du repérage précoce et de l'intervention précoce, on peut souligner le fort soutien du ministère de la santé, depuis 2019, aux projets innovants en la matière. En effet, dès sa première édition le FIOP avait fait du « Repérage et prise en charge précoce en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent » l'une de ses orientations prioritaires. En 2019, ce sont 19 projets qui s'inscrivaient dans l'orientation « Repérage et prise en charge précoce en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et psychiatrie périnatale ». A ce jour, cela représente 18 projets pérennisés pour un montant total d'environ 4 M€. L'AAP psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent a lui aussi permis de soutenir de nombreux projets centrés sur le repérage précoce, qu'ils se traduisent par la mise en place d'équipes mobiles, le développement de nouvelles organisations ou le renforcement d'équipes ou d'unités déjà en place pour prendre en charge et accompagner les jeunes repérés. Ainsi au total, ce sont 13 projets financés de manière pérenne via les éditions 2019 à 2024 de l'appel à projets pour un montant total cumulé d'environ 25 M€. Lors du comité stratégique de la psychiatrie et de la santé mentale de juin 2025 a été annoncé l'objectif de structurer d'ici 2027 un modèle national de repérage et d'intervention précoce sur tout le territoire, notamment en milieu scolaire.
Auteur : Mme Constance de Pélichy
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 29 septembre 2025
Dates :
Question publiée le 8 avril 2025
Réponse publiée le 3 février 2026