Question écrite n° 6111 :
Défiscalisation des pensions alimentaires perçues par un parent seul

17e Législature
Question signalée le 2 février 2026

Question de : M. Patrick Hetzel
Bas-Rhin (7e circonscription) - Droite Républicaine

M. Patrick Hetzel attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur la défiscalisation des pensions alimentaires perçues par un parent seul, essentiellement la mère. Cette pension alimentaire peut être légalement versée à un descendant, ne percevant que le RSA comme seule ressource. Cependant le versement de cette pension impacte d'office le revenu de référence ouvrant les droits au RSA. Face à cette situation, le parent ou le grand-parent, qui apporte une aide dans le cadre de l'obligation alimentaire, se retrouve contraint de ne pas déclarer auprès des services fiscaux les pensions alimentaires, pourtant dûment et légalement versées, à ses enfants ou petits-enfants. Cela touche de nombreux citoyens qui sont, de fait, pénalisés, car ils ne peuvent bénéficier d'une réduction de leur revenu imposable qui pourrait ouvrir droit à une déduction d'impôts. Ces pensions sont pourtant versées au titre de la solidarité intergénérationnelle familiale pour faire face à des situations de précarité et de fragilité sociale avérée. Aussi, il lui demande ce qu'il envisage pour mettre un terme à cette situation qui touche les familles précaires.

Réponse publiée le 10 mars 2026

En application des dispositions du code général des impôts (CGI), Les sommes versées par un parent ou un grand-parent, dans le cadre de l'obligation alimentaire, en faveur d'un enfant majeur dans le besoin sont déductibles du revenu imposable des parents. Le CGI (dispositions du 2° du II de l'article 156) le permet dans la limite d'un plafond égal à 6 794 euros pour l'imposition des revenus de 2024, à condition de justifier du versement effectif et de l'état de besoin du bénéficiaire. Lorsque le don est en nature (logement, nourriture…), les justificatifs propres à établir la réalité des dépenses doivent pouvoir être fournis. En parallèle de cette déduction pour les ascendants, le montant des pensions versées doit être déclaré à l'impôt sur le revenu par leur bénéficiaire, conformément aux dispositions des articles 79 et 80 septies du CGI. L'imposition des pensions alimentaires perçues par le bénéficiaire est ainsi le pendant de leur déduction pour les débiteurs. Ces modalités d'imposition permettent de tenir compte de la charge que représente le versement de la pension pour les ascendants et du revenu qu'elle constitue pour son bénéficiaire dans l'appréciation de leurs facultés contributives respectives. Elles répondent ainsi au principe d'égalité des citoyens devant les charges publiques. En matière de revenu de solidarité active (RSA), celui-ci revêt un caractère subsidiaire par rapport à d'autres ressources, conformément à l'article L. 262-10 du code de l'action sociale et des familles (CASF). Le RSA a vocation à garantir un revenu minimum à toute personne dont les ressources seraient inférieures à un montant forfaitaire, en fonction de la composition de son foyer. L'application du principe de subsidiarité justifie donc que la solidarité intergénérationnelle familiale prime sur la solidarité nationale. C'est à ce titre que l'article L. 262-10 du CASF est venu subordonner l'ouverture du droit au RSA au fait que le bénéficiaire ait fait valoir ses droits à créances alimentaires. C'est toujours dans cette logique de subsidiarité que l'article L. 262-3 du CASF prévoit que l'ensemble des ressources perçues par le demandeur du RSA soient prises en compte pour le calcul de ses droits (sauf exceptions limitativement prévues à l'article R. 262-11 du CASF), dont les pensions alimentaires.  Au vu de ces éléments et sans préjudice des obligations de déclarations fiscales ayant cours en matière de créances alimentaires, il n'apparait donc pas souhaitable d'exclure les pensions alimentaires de la base ressource du RSA.

Données clés

Auteur : M. Patrick Hetzel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Famille

Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Ministère répondant : Action et comptes publics

Signalement : Question signalée au Gouvernement le 2 février 2026

Dates :
Question publiée le 22 avril 2025
Réponse publiée le 10 mars 2026

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