Formation des thanatopracteurs
Publication de la réponse au Journal Officiel du 14 juillet 2026, page 6665
Question de :
M. Didier Le Gac
Finistère (3e circonscription) - Ensemble pour la République
M. Didier Le Gac attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur la formation des thanatopracteurs. En effet, depuis la loi « bioéthique » du 2 août 2021 et son décret d'application du 27 avril 2022 relative aux dons du corps à la science, l'accès aux laboratoires d'anatomie pour l'apprentissage des thanatopracteurs a été supprimé, que ce soit dans le cadre de la formation initiale mais également pour les formations complémentaires telles, par exemple, que les formations en matière de reconstruction après traumatisme. Pour les thanatopracteurs français qui souhaiteraient enrichir leurs compétences, la seule possibilité semble être désormais de se former à l'étranger, notamment en Belgique où est dispensée une formation relative aux corps donnés à la science. Plus généralement, il semblerait que la qualité des services proposés en thanatopraxie régresserait en raison du manque flagrant de formation. C'est pourquoi, interpellé à ce sujet par un thanatopracteur du Finistère, il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour revenir sur le décret du 27 avril 2022 précité et permettre aux facultés de médecine de proposer la délivrance d'un diplôme universitaire de réhabilitation post-traumatique sur défunts.
Réponse publiée le 14 juillet 2026
Fin 2019 ont été révélés d'importants dysfonctionnements au sein du centre de don des corps de l'université Paris-Descartes, et notamment un manque de respect des corps ayant fait l'objet d'un don à la science dans leur utilisation, respect qui, aux termes du code civil, ne cesse pourtant pas avec la mort. En réponse à cette affaire, le législateur a consacré, dans la loi de bioéthique de 2021, des principes éthiques afférents au don du corps et créé un régime d'autorisation des structures bénéficiaires des dons (établissement de santé, de formation ou de recherche). L'objectif était d'entourer le dispositif de toutes les garanties juridiques et éthiques. Un groupe de travail pluridisciplinaire présidé par la conseillère d'État Emmanuelle Prada-Bordenave et réunissant notamment des professeurs d'anatomie et de médecine légale a été constitué à la demande des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur et de la recherche, pour préfigurer le décret d'application de la loi. Ce groupe de travail a conclu à la nécessité de restreindre l'accès aux corps ayant fait l'objet d'un don à la science et de réserver leur utilisation à la formation des professions médicales. Cette restriction a été retranscrite dans le décret du 27 avril 2022 relatif au don de corps à des fins d'enseignement médical et de recherche, qui prévoit : « Les programmes de formation faisant appel à une utilisation de corps donnés à des fins d'enseignement médical et de recherche concernent exclusivement la formation des membres des professions médicales, des personnels qui interviennent dans les blocs opératoires sous la supervision des premiers, et des personnes qui se destinent à l'exercice de ces professions ». Le Gouvernement est conscient que certaines professions paramédicales ainsi que la profession des thanatopracteurs avaient auparavant l'habitude de se former sur des corps ayant fait l'objet d'un don à la science, et de l'importance de cette modalité pratique de formation. Ainsi, les thanatopracteurs ont en effet toujours accès à une formation pratique à la réalisation de soins de conservation sur les corps de défunts dans le cadre de l'organisation des funérailles (incinération/inhumation) lors de stages auprès d'opérateurs funéraires. Cette formation pratique, qui donne lieu à évaluation, est obligatoire pour valider le diplôme national de thanatopracteur. L'encadrement de l'accès aux corps ayant fait l'objet d'un don à la science pourra être réinterrogé, le cas échéant dans le cadre des travaux préparatoires de la prochaine révision des lois de bioéthique, en lien avec le comité consultatif national d'éthique et pour répondre aux besoins de la profession.
Auteur : M. Didier Le Gac
Type de question : Question écrite
Rubrique : Mort et décès
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Renouvellement : Question renouvelée le 12 mai 2026
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 8 juin 2026
Dates :
Question publiée le 6 mai 2025
Réponse publiée le 14 juillet 2026