Conséquences prise en compte des revenus fonciers dans le calcul de l'AAH
Question de :
Mme Virginie Duby-Muller
Haute-Savoie (4e circonscription) - Droite Républicaine
Mme Virginie Duby-Muller attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée de l'autonomie et du handicap, sur les conséquences, pour les bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), de la prise en compte des revenus fonciers dans le calcul de cette prestation. Des familles investissent dans un logement destiné à assurer à leur enfant adulte en situation de handicap un revenu stable, un cadre de vie sécurisé et une autonomie financière partielle. Dans ce cadre, les loyers issus de cette mise en location sont intégralement affectés à la personne handicapée, sans enrichissement des parents ou de tiers. Pourtant, ces revenus sont comptabilisés comme ressources, entraînant une réduction significative, voire une suppression de l'AAH et ce même lorsque les montants perçus ne permettent pas à eux seuls de garantir un niveau de vie digne. Aussi, elle souhaite savoir si le Gouvernement envisage d'aménager les règles actuelles de plafonds de ressources applicables à l'AAH, afin de mieux prendre en compte les revenus fonciers issus d'un dispositif familial visant exclusivement à garantir l'autonomie matérielle d'une personne en situation de handicap.
Réponse publiée le 28 juillet 2026
L'Allocation aux adultes handicapés (AAH), définie à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale, a pour objet de garantir un niveau minimal de ressources aux personnes en situation de handicap. Elle est attribuée sous condition d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 %, ou compris entre 50 % et 79 % en cas de restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi. L'ouverture du droit est également subordonnée à une résidence stable et régulière sur le territoire français, ainsi qu'au respect d'un plafond annuel de ressources. Conformément à la réglementation applicable, l'ensemble des revenus imposables (y compris les revenus du patrimoine, tels que les revenus fonciers) est pris en compte dans le calcul des droits. Ces revenus sont évalués sur la base de l'avis d'imposition de l'année N-2. Ainsi, les loyers perçus au titre d'un bien immobilier détenu par la personne en situation de handicap sont considérés comme des ressources, au même titre que les autres revenus. Cette règle vise à assurer une égalité de traitement entre les allocataires, quels que soient le type de patrimoine ou le mode de soutien familial dont ils bénéficient. Elle répond au principe de neutralité du calcul des prestations sociales non contributives vis-à-vis des choix patrimoniaux. A ce jour, il n'est pas envisagé de modifier les règles d'éligibilité ou de plafonnement de ressources propres à l'AAH, notamment en excluant les revenus fonciers du calcul. Une telle évolution créerait des disparités et remettrait en cause l'équité du dispositif.
Auteur : Mme Virginie Duby-Muller
Type de question : Question écrite
Rubrique : Personnes handicapées
Ministère interrogé : Autonomie et handicap
Ministère répondant : Autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 13 mai 2025
Réponse publiée le 28 juillet 2026