Question écrite n° 6853 :
Urgence de la mise en place d'un dispositif gratuit de prise en charge psy

17e Législature

Question de : M. Christian Baptiste
Guadeloupe (2e circonscription) - Socialistes et apparentés

M. Christian Baptiste alerte Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur l'urgence de la mise en place d'un dispositif gratuit de prise en charge psychologique adapté aux réalités spécifiques de la Guadeloupe pour les victimes de violences sexistes et sexuelles. En effet, les données communiquées par les services de police et de gendarmerie en Guadeloupe révèlent une situation préoccupante : sur les huit premiers mois de l'année, 1 134 femmes ont été victimes de violences, ce qui représente une augmentation de 6 % par rapport à la même période de l'année précédente. Parmi ces chiffres alarmants, on note notamment : 765 femmes victimes de violences physiques contre 747 en 2018 ; 276 femmes ayant subi des menaces ou du chantage contre 220 en 2018 ; 32 viols sur des femmes majeures contre 20 en 2018 ; 20 viols sur mineures contre 31 en 2018 ; 13 cas de harcèlements et agressions sexuelles sur majeures contre 11 en 2018 ; 24 cas de harcèlements et agressions sexuelles sur mineures contre 38 en 2018. Face à ces violences, les victimes se trouvent souvent isolées, démunies et sans accompagnement adapté à leurs besoins spécifiques liés au contexte socio-culturel de la Guadeloupe. Il n'est pas acceptable que les victimes, qui subissent ces violences sans en être responsables, soient contraintes de payer elles-mêmes leurs séances de soutien psychologique alors que les agresseurs, bénéficiant de procédures judiciaires souvent longues, poursuivent leur vie sans avoir à se préoccuper des conséquences financières. Il lui demande donc quelles mesures concrètes le Gouvernement envisage de mettre en place afin d'offrir aux victimes de violences sexistes et sexuelles en Guadeloupe un dispositif gratuit, efficace et adapté de prise en charge psychologique pour leur permettre de se reconstruire durablement.

Réponse publiée le 24 février 2026

La lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité gouvernementale fortement portée par la Ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé dans une dynamique interministérielle. Depuis 2020 des maisons des femmes/santé sont déployées et soutenues dans l'ensemble des départements français, dont les départements et régions d'outre-mer. Ces structures réunissent un ensemble de compétences sanitaires, dans le champ clinique et de l'accompagnement psycho-social des femmes victimes de violences. Elles doivent être adossées à une structure hospitalière publique ou privée, afin de pouvoir répondre à une triple mission générale, à savoir : assurer une prise en charge sanitaire spécifique, somatique et psychologique, à destination des femmes victimes de violences, contribuer à l'animation et au soutien des professionnels de santé du territoire pour assurer le repérage et la prise en charge sanitaire adaptée de ces situations, faciliter le dépôt de plainte des femmes victimes de violences en l'organisant in situ. En 2024, ces dispositifs étaient financés à hauteur 13,4 millions d'euros reconductibles. Cette année, des crédits nouveaux à hauteur de 5,95M€ ont été délégués afin de poursuivre le déploiement de ces dispositifs et atteindre ainsi un budget total de près de 20 M€ en 2025, dont 18,7 millions d'euros pérennes. En ce qui concerne plus spécifiquement la Guadeloupe, ce sont au total 358 200 euros qui sont délégués en 2025 à l'agence régionale de santé (ARS) pour financer une maison des femmes/santé sur le territoire. Un projet, co-porté entre un établissement de santé et une association, est ainsi en cours de discussion avec les acteurs. Par ailleurs, l'ARS a indiqué sa volonté de soutenir le projet de centre régional du psychotraumatisme (CRP) sur le territoire. La mise en place depuis 2018 de quinze CRP au sein d'établissements de santé doit permettre d'assurer une prise en charge adaptée à toute victime de violences ou de situations traumataugènes (guerre, attentat, agression, accident, deuil, etc…). A titre d'information, 60% à 85% de la file active des CRP sont des femmes, victimes pour la grande majorité de violences sexuelles et physiques au sein ou hors du couple. Ces centres ont ainsi une double mission : de prise en charge des personnes à l'épreuve d'un psychotraumatisme quels que soient les violences ou évènements traumatiques subis, et d'animation du territoire et d'aide à la montée en compétences des acteurs sur le thème du psychotraumatisme. Depuis 2022, le Gouvernement s'est engagé dans le renforcement de l'ensemble des CRP via la délégation de crédits supplémentaires (400 000 € par CRP à l'origine ; augmentations en 2022/2023/2024 : 716 000 € par CRP en 2025, reconductibles). Le CRP de rattachement pour la Guadeloupe est à ce jour celui de la Martinique. A l'origine, ce CRP Antilles-Guyane devait ainsi couvrir la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. L'ARS Martinique recevait ainsi le montant total alloué pour un CRP. Cependant, comme cela a été fait pour l'ARS Guyane en 2024, il est prévu qu'une partie des crédits délégués à l'ARS Martinique pour le CRP Antilles soit basculée à l'ARS Guadeloupe, afin qu'un CRP puisse voir le jour directement sur son territoire. La future maison des femmes/santé et le futur CRP, financés au niveau national par des crédits Assurance Maladie, permettront ainsi une meilleure prise en charge somatique et psychologique des femmes victimes de violences en Guadeloupe. Les victimes pourront ainsi bénéficier du suivi et des soins nécessaires à leur reconstruction.  Le Gouvernement et la Ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé rappellent leur détermination dans la lutte contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles contre les femmes et les violences intrafaminiales, grande cause du Président de la République depuis 2017.

Données clés

Auteur : M. Christian Baptiste

Type de question : Question écrite

Rubrique : Outre-mer

Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles

Ministère répondant : Égalité entre les femmes et les hommes et lutte contre les discriminations

Dates :
Question publiée le 20 mai 2025
Réponse publiée le 24 février 2026

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