Soutien aux dispositifs anti-grêle face au changement climatique
Question de :
Mme Sophie Mette
Gironde (9e circonscription) - Les Démocrates
Mme Sophie Mette appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur la situation des viticulteurs bordelais confrontés à des orages de grêle récurrents, aggravés par le changement climatique et sur les difficultés de financement des dispositifs de protection collective. Elle rappelle qu'en mai 2025, le seuil de déclenchement des canons anti-grêle a été relevé de 30 % à 40 % de risque, empêchant leur activation avant l'orage de grêle du 10 mai 2025, au détriment des vignes mais aussi des habitations et cultures environnantes. Elle souligne que la profession viticole assume seule les coûts de fonctionnement de ces canons, alors que leur effet bénéficie à l'ensemble de la population et que les subventions à l'ADELFA ont récemment été réduites, compromettant la pérennité du dispositif sur tout le territoire. Mme la députée souhaite connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en place pour mettre en œuvre un plan national d'adaptation et de soutien aux professions agricoles particulièrement exposées aux impacts climatiques, afin d'assurer une protection collective et durable.
Réponse publiée le 2 décembre 2025
La succession d'épisodes de grêle particulièrement intenses au cours du printemps 2025 illustre la vulnérabilité des viticulteurs et plus largement des exploitations agricoles aux aléas climatiques. Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour accompagner le monde agricole dans son adaptation. Cet accompagnement repose en premier lieu sur la réforme de l'assurance récolte, entrée en vigueur en 2023, qui bénéficie d'un soutien public inédit de 600 millions d'euros par an et permet de sécuriser durablement les revenus agricoles face aux aléas climatiques. Il s'appuie également sur l'investissement en recherche et en innovation, qu'il s'agisse des travaux confiés à l'association des instituts techniques agricoles (ACTA) sur l'efficacité des dispositifs anti-grêle ou des programmes plus larges de France 2030, qui mobilisent près de 1,8 milliard d'euros pour accélérer l'adaptation de l'agriculture au changement climatique et accompagner l'adoption de mesures préventives. S'agissant des canons et générateurs anti-grêle, le modèle de financement sur lequel ils reposent est avant tout local, construit autour des associations départementales comme l'ADELFA, présentes dans 26 départements. Ces structures associent collectivités territoriales, organisations professionnelles et agriculteurs, et constituent un outil de coordination reconnu sur les territoires. L'État, qui n'a pas de rôle financier direct dans leur fonctionnement, suit toutefois leurs démarches avec attention. Les études disponibles, notamment celles de l'organisation météorologique mondiale et de l'ACTA, n'apportent pas de preuve scientifique définitive de l'efficacité systématique des dispositifs de protection par perturbation du climat, contrairement aux méthodes de protection physique comme les filets, dont l'efficacité est avérée. Cela justifie la poursuite des travaux d'évaluation. L'avenir de ces systèmes repose donc sur la capacité des acteurs locaux à définir un financement pérenne et adapté aux réalités de leur territoire, l'État restant engagé à leurs côtés pour soutenir la recherche et le développement de solutions innovantes et collectives de protection face au dérèglement climatique.
Auteur : Mme Sophie Mette
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire
Ministère répondant : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Dates :
Question publiée le 10 juin 2025
Réponse publiée le 2 décembre 2025