Structuration de la profession de guide-conférencier
Question de :
M. Bertrand Sorre
Manche (2e circonscription) - Ensemble pour la République
M. Bertrand Sorre attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur les guides-conférenciers. Cette profession joue un rôle essentiel dans la transmission de l'histoire de la Nation et dans la valorisation du patrimoine culturel français. Pourtant, cette dernière demeure toujours insuffisamment encadrée. Malgré l'existence d'un diplôme d'État et la délivrance d'une carte professionnelle par les préfectures, aucun fichier national ne recense à ce jour ces professionnels. Le numéro figurant sur la carte ne correspond à aucune base de données identifiable, créant alors un flou préjudiciable. Les agences touristiques profitent de cette lacune pour employer d'une part des guides non diplômés, sans qualification ni formation, et d'une autre part des guides-conférenciers en l'absence de toute obligation de faire mention à leurs clients de ce qui distingue ces catégories de professionnels. Une absence de contrôle strict des détenteurs de la carte dans certaines institutions porte préjudice également aux guides-conférenciers. Cette situation fragilise la profession de guide-conférencier. C'est pourquoi la création d'un fichier national des guides-conférenciers diplômés, rattaché au ministère de la culture, apparaît comme une mesure simple, de bon sens et attendue par la profession. Ce registre permettrait aux touristes de s'assurer qu'ils font appel à un guide-conférencier diplômé et qualifié, tout en apportant une reconnaissance officielle à ces professionnels. Cette démarche ne vise nullement à opposer les guides touristiques aux guides-conférenciers, mais à clarifier et sécuriser les contours de deux métiers distincts. Par ailleurs, ce fichier constituerait un outil efficace de lutte contre les fraudes et les abus. Aussi, il souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage de reprendre cette proposition, qui contribuerait utilement à la structuration de la profession et à la valorisation du patrimoine.
Réponse publiée le 16 décembre 2025
Les guides conférenciers agréés sont une composante essentielle des dispositifs de médiation à destination des publics du patrimoine. Leur profession est régie par l'article L. 221-1 du code du tourisme. La réglementation ne prévoit pas de monopole pour les guides conférenciers, mais une réserve d'activité en contrepartie de l'agrément qu'ils ont reçu. Le recours à un guide conférencier agréé est ainsi obligatoire pour toute visite guidée : si elle a lieu dans un musée de France ou un monument national (critère de localisation) ; ou si elle est menée dans un but lucratif (critère financier, vérifié par la nature de l'employeur, indépendamment du lieu visité). En dehors de ces deux cas de figure, le guidage est libre et l'agrément de guide conférencier n'a pas à être exigé. Ainsi, une association à but non lucratif ne peut pas exiger de ses membres qu'ils détiennent l'agrément pour effectuer une visite de ville. A contrario, une telle visite organisée par un office de tourisme doit faire appel à un guide agréé, du fait de l'aspect lucratif de l'activité. Le suivi de la profession de guide conférencier dépendant administrativement du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique (direction générale des entreprises), le ministère de la culture n'est pas en mesure de répondre à la demande d'un registre unique recensant les guides agréés par département et spécialité. Conscient de l'importance de cette profession pour le secteur, le ministère de la culture mène en revanche plusieurs actions de front : l'animation, depuis 2022, d'un comité filière des métiers du guidage qui réunit l'ensemble des parties prenantes : associations représentatives des guides, représentants des employeurs, opérateurs de compétence et centres de formation ; le lancement de la première étude nationale sur cette profession, conduite par une équipe de six universitaires sous l'égide du département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la culture. Les résultats de l'étude monographique sur la profession sont en cours d'analyse par le ministère de la culture et permettront de savoir s'il est nécessaire d'envisager la mise en œuvre de mesures nouvelles. Les premières conclusions soulignent la difficulté de rassembler les données statistiques sur ce secteur en l'absence de registre national dont l'organisation repose sur le ministère en charge du tourisme.
Auteur : M. Bertrand Sorre
Type de question : Question écrite
Rubrique : Patrimoine culturel
Ministère interrogé : Culture
Ministère répondant : Culture
Dates :
Question publiée le 10 juin 2025
Réponse publiée le 16 décembre 2025