Situation des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires dans la Creuse
Question de :
M. Bartolomé Lenoir
Creuse (1re circonscription) - Union des droites pour la République
M. Bartolomé Lenoir appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la situation des sapeurs-pompiers, volontaires comme professionnels, dans les départements ruraux et en particulier dans la Creuse. Dans un département aux routes longues et sinueuses, marqué par les déserts médicaux, les sapeurs-pompiers constituent une véritable colonne vertébrale. Ils sont souvent les premiers - et parfois les seuls - à intervenir. Cet engagement, qu'il soit professionnel ou volontaire, repose sur une vocation profonde et un sens du service qui structure le département. Or les SDIS font aujourd'hui face à une accumulation de difficultés : la hausse du coût du carburant pèse lourdement sur des budgets déjà contraints, les moyens matériels s'amenuisent et la question de la retraite des sapeurs-pompiers professionnels demeure un sujet de tension récurrent et légitime ainsi que celle des sapeurs-pompiers volontaires, insatisfaits du récent décret leur octroyant des trimestres de retraite qui ne répond pas suffisamment à leurs attentes. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour renforcer les moyens opérationnels des SDIS, notamment dans les départements ruraux, améliorer les conditions de retraite des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires et soutenir le développement du volontariat, pilier indispensable du modèle français de sécurité civile.
Réponse en séance, et publiée le 13 mai 2026
SAPEURS-POMPIERS DANS LA CREUSE
M. le président . La parole est à M. Bartolomé Lenoir, pour exposer sa question, no 752, relative aux sapeurs-pompiers dans la Creuse.
M. Bartolomé Lenoir . Être pompier, c'est mobiliser chaque jour ses aptitudes physiques et intellectuelles au service des autres. Les horaires n'existent pas, l'engagement est total. Dans des départements comme le mien, la Creuse, le service rendu par les pompiers est immense, particulièrement quand l'accès aux soins est si difficile et l'isolement de plus en plus présent. Ce sont des centaines, des milliers d'interventions chaque année. Chaque caserne, chaque pompier porte une responsabilité et doit accomplir le devoir que la communauté nationale attend de lui.
Or être pompier, ce ne sont pas que des interventions ; c'est aussi souscrire à des valeurs, à une idée de la France qui va bien au-delà des clivages politiques. C'est une passion qui se transmet de génération en génération. La France a besoin de ses pompiers parce qu'ils la défendent. Lorsqu'on serre la main d'un pompier, on rencontre toujours la droiture et la sincérité.
Nous avons plus que jamais besoin de valoriser nos pompiers. À la fois pour eux, mais aussi, et c'est stratégique, pour la France. Ceux-ci, qu'ils soient professionnels ou volontaires, attendent que l'État reconnaisse leur valeur. Ils ont naturellement mal pris les tergiversations du gouvernement quand il s'agissait d'intégrer la durée de leur engagement au calcul de leur pension de retraite. Le décret tant attendu suscite l'incompréhension, vous le savez, monsieur le ministre, avec tant d'exclusions prévues. Ce faisant, le gouvernement prend le risque de ne pas mobiliser les futures générations, et je pense aux jeunes sapeurs-pompiers (JSP) qui sont notre avenir.
Les pompiers ne seront jamais des déserteurs, ils n'exerceront jamais de pression suffisamment importante sur le gouvernement. Cela ne fait pas partie de leurs valeurs. C'est pour cette raison qu'il faut les valoriser.
Que comptez-vous faire pour valoriser auprès des jeunes, ainsi qu'auprès des pompiers volontaires et professionnels, la passion d'être pompier, qu'il s'agisse de leur retraite ou de leur situation générale ?
M. le président . La parole est à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur.
M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur . Vous avez raison : la noblesse du métier de pompier, et la passion avec laquelle il est exercé, appelle, de chacun de nous, une hauteur de vue qui ne se prête pas à la polémique. C'est pourquoi aucune pression n'est nécessaire pour que le gouvernement prenne les mesures attendues par les effectifs sur le terrain, qui ont pu exprimer leurs attentes à l'occasion du Beauvau de la sécurité civile. Les engagements ont été pris et ils ont été exécutés dans les délais. Votre question me permet de le rappeler.
En ce qui concerne d'abord les équipements des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), des mesures très concrètes ont été engagées pour renforcer leurs capacités opérationnelles. Par exemple, à la suite des feux exceptionnels de l'été 2022, le pacte capacitaire, doté de 150 millions d'euros, a permis l'achat d'un millier d'engins d'intervention, dont la moitié, fin mars, était déjà déployée sur le terrain. Avec Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, nous avons engagé une réflexion sur le financement des Sdis, compte tenu des contraintes budgétaires que vous avez rappelées.
S'agissant de la retraite, je suis persuadé que ce qui compte pour les effectifs sur le terrain, ce sont les résultats. Le décret du 20 janvier 2026 prévoit qu'à compter du 1er juillet les sapeurs-pompiers puissent bénéficier de trimestres supplémentaires selon la durée de leur engagement – un trimestre pour dix ans, deux trimestres pour vingt ans et trois trimestres au-delà de vingt-cinq ans. À ces mesures très concrètes s'ajoute le dispositif de la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) qui prévoit l'abondement du compte d'engagement citoyen (CEC).
En ce qui concerne le soutien au développement du volontariat, le plan d'action 2026-2028 vise à renforcer et à moderniser le cadre dans lequel s'exerce l'activité des volontaires. Il prévoit de mobiliser et d'y associer encore plus les employeurs, parce qu'ils sont un élément clé du partenariat pour la mobilisation des effectifs.
Enfin, la sensibilisation et l'accompagnement du public, notamment des plus jeunes de nos compatriotes, doivent permettre de susciter les vocations et de maintenir l'engagement au bénéfice de la sécurité civile. L'engagement des sapeurs-pompiers est un des services les plus reconnus et les plus appréciés par nos compatriotes.
Auteur : M. Bartolomé Lenoir
Type de question : Question orale
Rubrique : Sécurité des biens et des personnes
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 5 mai 2026