Question écrite n° 7669 :
Hausse des faits de violence constatés à l'encontre du personnel soignant

17e Législature

Question de : M. Anthony Boulogne
Meurthe-et-Moselle (6e circonscription) - Rassemblement National

M. Anthony Boulogne alerte M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur la hausse des faits de violence à l'encontre des professionnels de santé. La crise du système de santé est une réalité que nul ne peut nier : manque de lits, temps d'attente rallongés pour les patients, dégradation des conditions de travail des soignants ayant pour corollaire la détérioration des soins apportés aux patients. Depuis plusieurs années, un autre phénomène est à l'œuvre : la montée de l'ultraviolence et de l'insécurité. Ce phénomène affecte toute la société et le milieu médical n'est pas épargné. L'ordre national des infirmiers révèle que sur un panel de plus de 30 000 infirmiers, deux tiers disent avoir été victimes de violences sur leur lieu de travail. De même, les signalements de violences physiques ou verbales ont bondi de 27 % entre 2022 et 2023. Le rapport 2022 de l'observatoire national des violences en milieu de santé expose la véracité de ce phénomène : ainsi, en 2022, 391 établissements de santé ont déclaré 19 328 signalements d'atteintes aux personnes et aux biens. Ces signalements se décomposent en 17 756 atteintes aux personnes et 3 844 atteintes aux biens, se déclinant en 37 497 faits ou actes de niveaux de gravité différents. Les structures et unités déclarant le plus de violence sont : la psychiatrie, les unités de soins de longue durée (USLD) et EHPAD et les services d'urgence. Il faut bien rappeler que ces chiffres ne constituent pas une photographie réaliste de la violence en milieu de santé, mais reflètent seulement le nombre de signalements réalisés par les établissements de santé. Cette violence qui sévit contribue au mal-être des soignants, infirmiers, médecins et impacte négativement l'attractivité des métiers du soin, déjà confrontés à des problématiques de recrutement. Dans un contexte d'aggravation de l'insécurité, les professionnels de santé ont besoin, plus que jamais, du soutien de la puissance publique. Celle-ci doit leur garantir la protection dans l'exercice de leurs fonctions en sécurisant davantage les établissements de santé. Il lui demande donc quelles mesures il compte prendre, de concert avec le ministre de l'intérieur, pour protéger les soignants exerçant dans le pays.

Réponse publiée le 26 mai 2026

La lutte contre les violences envers les soignants représente une priorité pour le ministère de la santé et de l'accès aux soins à travers le développement d'une politique de « tolérance zéro » et la déclinaison des mesures du plan ministériel pour la sécurité des professionnels de santé publié en septembre 2023.  Plusieurs d'entre elles ont déjà été mises en œuvre au cours des deux dernières années, avec notamment l'adoption de la loi visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé promulgué en juillet 2025. Cette loi a permis des peines aggravées en cas de violences, la sanction de tout outrage verbal à destination de l'ensemble des professionnels de santé (et plus seulement des seuls soignants en mission de service public) et la facilitation des dépôts de plainte. Les actions se poursuivent et l'observatoire national des violences en santé va être renforcé dans les prochains mois.

Données clés

Auteur : M. Anthony Boulogne

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité des biens et des personnes

Ministère interrogé : Santé et accès aux soins

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Dates :
Question publiée le 17 juin 2025
Réponse publiée le 26 mai 2026

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