Epidémie de dengue, chikungunya et zika
Publication de la réponse au Journal Officiel du 31 mars 2026, page 2767
Question de :
Mme Sophie Blanc
Pyrénées-Orientales (1re circonscription) - Rassemblement National
Mme Sophie Blanc attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur une problématique sanitaire urgente qui concerne l'ensemble du territoire national et plus particulièrement les Pyrénées-Orientales : l'épidémie de dengue, chikungunya et zika. La situation actuelle requiert une attention et une action immédiate pour prévenir une crise de santé publique d'ampleur. Les premiers cas autochtones de dengue de l'année ont été détectés dans les Pyrénées-Orientales, suscitant des inquiétudes quant à une possible épidémie. Cette situation n'est pas isolée ; d'autres régions de France sont également touchées par une recrudescence de ces maladies transmises par les moustiques, notamment le moustique tigre (Aedes albopictus). Les maladies vectorielles présentent des risques sanitaires significatifs. Elles peuvent provoquer des symptômes graves allant de fortes fièvres et douleurs articulaires à des complications neurologiques et, dans le cas du zika, des malformations congénitales. La propagation de ces maladies pourrait non seulement causer un inconfort considérable à la population mais aussi paralyser le système de santé. Les risques posés par une épidémie de dengue, chikungunya et zika sont multiples. En termes de santé publique, une épidémie pourrait entraîner une surcharge des services de santé, déjà sous pression et une augmentation significative des hospitalisations. Les personnes les plus vulnérables, telles que les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de comorbidités, seraient les plus gravement touchées. En termes économiques, une épidémie pourrait avoir des répercussions économiques importantes : les travailleurs malades ne pourraient pas remplir leurs fonctions, ce qui entraînerait une perte de productivité. Le secteur touristique, crucial pour de nombreuses régions françaises, pourrait également être gravement affecté si les voyageurs décident d'éviter les zones à risque. En termes sociaux, l'impact sur la vie quotidienne des citoyens serait considérable : les écoles pourraient être fermées, les évènements publics annulés et les déplacements restreints, créant ainsi une perturbation majeure de la vie sociale et communautaire. L'urgence de la situation nécessite des actions immédiates et coordonnées pour éviter une épidémie majeure. La lutte contre les maladies vectorielles comme la dengue, le chikungunya et le zika doit être une priorité nationale. Les risques pour la santé publique, l'économie et la société sont trop importants pour être ignorés. Elle lui demande donc quelles mesures sont actuellement en place pour surveiller la propagation des moustiques vecteurs et détecter rapidement les cas de dengue, chikungunya et zika. Elle souhaite aussi savoir s'il existe des systèmes de surveillance spécifiques dans les Pyrénées-Orientales et les autres régions à risque, et quelles campagnes de sensibilisation sont prévues pour informer la population sur les mesures à prendre pour éviter les piqûres de moustiques et éliminer les gîtes larvaires. Elle lui demande également quels les protocoles de désinsectisation sont mis en œuvre pour réduire les populations de moustiques dans les zones infestées, et comment le Gouvernement prévoit de coordonner les efforts entre les différentes agences de santé publique, les collectivités locales et les organisations non gouvernementales pour lutter contre cette menace. Elle l'interroge enfin sur les ressources financières et humaines allouées à la prévention et au traitement de ces maladies vectorielles et sur l'existence d'initiatives en cours pour encourager la recherche sur les traitements et les vaccins contre la dengue, le chikungunya et le zika.
Réponse publiée le 31 mars 2026
La prolifération du moustique Aedes albopictus en métropole renforce la vigilance des autorités sanitaires. Depuis la réforme de 2019 relative à la prévention et à la lutte antivectorielle, les pouvoirs publics ont renforcé leur dispositif. La dengue, le chikungunya, le Zika et l'infection à virus West-Nile sont désormais inscrites sur la liste des maladies à signalement obligatoire. La surveillance de la circulation des virus et des moustiques est assurée de manière coordonnée par les acteurs de la santé humaine et de la santé animale, permettant une réponse réactive en situation de cas autochtones ou importés. Une surveillance renforcée est activée chaque année de mai à novembre, période d'activité maximale et de risque vectoriel du moustique tigre, y compris dans des zones récemment colonisées. Dans les territoires colonisés par Aedes albopictus, les Agences régionales de santé (ARS), déploient des mesures de contrôle adaptées, afin d'assurer la surveillance de la présence du moustique et la mise en œuvre de traitements insecticides (larvicides et adulticides) en cas de détection d'un cas humain, visant à éviter ou limiter le risque de chaine de transmission d'arbovirus Les ARS ont la charge de l'application des mesures sur leur territoire, et reçoivent pour cela une enveloppe budgétaire. Elles mettent en œuvre ou cordonnent en lien avec Santé publique France et les opérateurs de démoustication qu'elles ont habilités, des enquêtes épidémiologiques autour de chaque cas, ainsi que des enquêtes entomologiques. Les traitements larvicides visent à réduire les populations de moustiques, tandis que les traitements adulticides ne sont déclenchés par les autorités sanitaires qu'en cas de risque de propagation épidémique de la dengue, du chikungunya ou de Zika, dans un périmètre de 150 m autour des lieux fréquentés par les malades, toujours dans le respect de la réglementation, notamment vis-à-vis des points sensibles : cours ou plans d'eau, zones classées Natura-2000, ruchers… En ce qui concerne la prévention, des campagnes nationales et locales de sensibilisation sont conduites pour encourager la mobilisation sociale, notamment former et motiver les particuliers, les entreprises et les collectivités territoriales à l'élimination des gîtes propices au développement des moustiques. Les professionnels de santé jouent enfin un rôle central dans le diagnostic, la prise en charge, le signalement des cas et la dispensation de recommandations. La direction générale de la santé suit attentivement l'avancée des recherches sur les vaccins, en lien notamment avec l'agence nationale de la recherche sur les maladies infectieuses émergentes. La haute autorité de santé est saisie en tant que de besoin pour émettre des recommandations vaccinales.
Auteur : Mme Sophie Blanc
Type de question : Question écrite
Rubrique : Maladies
Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Renouvellement : Question renouvelée le 27 janvier 2026
Dates :
Question publiée le 1er juillet 2025
Réponse publiée le 31 mars 2026